L’Algérie sera touchée par les poussières de cendres qui ont déjà affecté le Maroc.

 

La compagnie nationale de transport aérien, Air Algérie, maintiendra le niveau 1 d’alerte enclenchée suite à la menace des nuages volcaniques. Boualam Anad, chef du commandement exploitation à Air Algérie, qui était hier l’invité de la rédaction de la Chaîne III, a déclaré que cette décision se justifie par la présence de cendres à l’aéroport de Casablanca au Maroc, soit très près de l’espace aérien algérien.
Et selon les pronostics de ce responsable, «l’Algérie sera touchée par les poussières de cendres» s’échappant du volcan islandais.
Dans ce cadre, la cellule de veille, qui a été installée juste après les premières émissions de nuages volcaniques est toujours chargée de suivre l’évolution de la situation afin de prendre les décisions opportunes, selon M.Anad.
«L’alerte 1 est maintenue. Le suivi et la veille sont toujours en vigueur (...) On agira en fonction du taux de dilution des cendres et de la pollution de l’atmosphère», a-t-il indiqué.
Il a tout de même tenu à être rassurant quant au trafic aérien interne, affirmant que «le réseau domestique ne sera pas beaucoup affecté».
Par ailleurs, M.Anad qui est responsable de la cellule de crise est revenu sur la gestion de la première alerte. Ce dernier a reconnu qu’elle a été mal gérée par Air Algérie.
«Les risques ont été surestimés. La gestion de la crise a été une première expérience pour nous. Nous avons eu des ratés qu’on aurait pu éviter. On aurait pu, par exemple redéployer certains vols. On aurait pu mieux faire», a-t-il noté.
Une mauvaise gestion qui aura pour effet indirect des pertes de plus de 220 millions de dinars pour la compagnie à la suite de l’annulation de plusieurs vols en raison des premiers nuages de cendre du volcan islandais. Ces pertes pourraient encore être revues à la hausse, selon le responsable.
«Entre le 16 et le 21 avril 2010, nous avons annulé 90 vols du programme d’exploitation et 13 vols construits non consommés. Ainsi, 19 697 passagers sont restés en rade sur le territoire national (...) Ces pertes ne sont pas encore définitives. Nous faisons encore des évaluations sur les pertes indirectes», a-t-il tenu à préciser.
Et d’ajouter: «Nous avons eu pratiquement une semaine de chômage technique. Il y a des coûts liés aussi aux parkings avions et aux prises en charge des passagers. Une fois les pertes indirectes évaluées, le coût sera plus élevé.»
Pour revenir à la situation qui prévaut ces derniers jours, les nuages de cendres émis par le volcan islandais Eyjafjöll ont perturbé, samedi et dimanche, le trafic aérien en partance de l’aéroport international Houari-Boumediene d’Alger vers l’Europe. En effet, le vol à destination de Barcelone a dû être annulé samedi, selon Mohamed Beldi, chef du centre d’exploitation de la compagnie nationale Air Algérie.
Aussi, un autre vol d’Alger vers Milan, devant être effectué dans la matinée de dimanche, a été décalé de quelques heures en raison de la fermeture temporaire de l’aéroport de cette grande métropole italienne.
Le vol Alger-Istanbul de dimanche 9 mai à 22h, a été annulé par mesure de précaution en raison des doutes sur l’espace aérien turc. Il a été reprogrammé hier.Par ailleurs, d’énormes perturbations ont été enregistrées un peu partout en Europe avec des conséquences indirectes sur le trafic aérien national. Pendant la journée de dimanche, la zone affectée par les cendres volcaniques s’est étendue de l’Islande au sud du Portugal et, potentiellement, à l’est de Barcelone et Marseille. En Espagne, plus de 900 vols ont été annulés sur les 4974 programmés pour la journée de samedi. 19 aéroports ont été fermés, mais en fin de journée, après réouverture de l’aéroport de Barcelone, notamment, 13 demeuraient cependant interdits au trafic aérien. En France, une cinquantaine de vols a été annulée samedi, en raison des fermetures de l’espace aérien ibérique - une trentaine au départ des aéroports parisiens de Roissy et Orly et une vingtaine de Marseille (sud) et Bordeaux (ouest).
Pour hier, l’aviation civile française a confirmé un trafic aérien normal avec l’ensemble des aéroports ouverts. Des vols pourraient toutefois être annulés dans le cas où des aéroports européens auraient été amenés à fermer.

Source: L'Expression - Edition du 11 mai 2010

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