Le Parlement algérien a supprimé mercredi la limitation du nombre de mandats présidentiels en plébiscitant un projet de révision de la Constitution qui permet une éventuelle reconduction du président Abdelaziz Bouteflika.

 

Le projet a été adopté à main levée et sans débat par 500 voix pour, 21 contre et huit abstentions.

Selon le nouvel article 74 de la Constitution, "la durée du mandat présidentiel est de cinq ans. Le président de la République est rééligible" sans limitation du nombre de mandats successifs qui était fixé jusqu'alors à deux.

L'Algérie "a le droit de renforcer sa stabilité et de tirer profit du processus d'édification de l'Etat et de reconstruction nationale quand le peuple le souhaite, librement, souverainement et démocratiquement", avait auparavant déclaré l'actuel chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, en ouvrant la session du Parlement.

Elu en 1999 puis réélu en 2004, M. Bouteflika, 71 ans, n'a jamais évoqué sa possible candidature à l'élection présidentielle prévue début avril 2009.

Dans un message adressé au Parlement à l'issue du vote, il a salué "le patriotisme et le sens de la responsabilité des représentants du peuple", qualifiant ce jour de "mémorable".

Dans les faits, les amendements à la Constitution mettent également fin au bicéphalisme de l'exécutif, que M. Bouteflika a toujours voulu "plus fort, uni et cohérent", en supprimant la fonction de chef du gouvernement au profit d'un Premier ministre.

Le président, "chef suprême de toutes les forces armées de la République, responsable de la Défense nationale", nomme le Premier ministre qui est chargé de "mettre en oeuvre" son programme, alors que le chef du gouvernement élaborait le sien.

Il s'agit de "lever une ambiguïté" car "on ne peut pas imaginer que le programme du président de la République, élu au suffrage universel direct, puisse être mis en parallèle avec un programme d'action gouvernementale", avait expliqué M. Ouyahia.

Il a précisé, au cours d'une conférence de presse à l'issue du vote, qu'il remettrait sa démission à M. Bouteflika en vertu de la loi de révision dès que celle-ci serait promulguée.

La loi votée prévoit aussi des vice-Premiers ministres pour assister le Premier ministre désigné par le chef de l'Etat, ainsi qu'un renforcement de la représentation des femmes dans les assemblées élues.

Le Parlement, largement dominé par les partis politiques de l'Alliance présidentielle, a véritablement plébiscité les amendements constitutionnels.

Au total, 389 députés et 144 sénateurs étaient convoqués au Palais des Nations, au Club des Pins, une station balnéaire à l'ouest d'Alger.

Les trois partis de l'Alliance: le Front de libération nationale (FLN, nationaliste), le Rassemblement national démocratique (RND, libéral) et le Mouvement de la société pour la paix (MSP, islamique), avaient annoncé qu'ils voteraient pour ce projet annoncé le 29 octobre par M. Bouteflika.

Le Front national algérien (FNA, 12 députés) s'est également prononcé en sa faveur, de même que le Parti des travailleurs (PT, trotskiste, 26 députés) et les "indépendants" (33 élus).

Seul le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, opposition laïque, 19 députés) a rejeté le projet en estimant que "les amendements proposés remettent en cause les équilibres formels des pouvoirs pour consacrer la personnalisation du régime".

C'est la deuxième fois depuis son arrivée au pouvoir que le président Bouteflika convoque le Parlement pour une révision constitutionnelle.

En avril 2002, la loi fondamentale avait été amendée, consacrant le tamazight (berbère) comme langue nationale.


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