On commence l’année 2007, bercés par les changements positifs qui peuvent survenir dans notre vie et dans l’espoir d’exaucer les voeux de paix et de prospérités qui nous ont été adressés par les amis, les proches et les médias envahissants. Mais voilà que la tempête des voeux a échoué, dès les premiers jours de la nouvelle année, au fond d’une enquête agrémentée d’un dossier inquiétant du journal de Montréal, dont la publication s’est étalée sur plusieurs jours, à partir du 15 janvier. L’enquête qui a accouché d’une bavure médiatique, met à jour l’état des rapports entre les communautés et la société d’accueil, frileuse lorsqu’on touche à la laïcité surtout depuis que la question des «accommodements raisonnables» est projetée à la une de l’actualité à partir de cas isolés.

En préliminaire, le journal en question mentionnait dans ses colonnes et en gros caractères, les accommodements raisonnables, comme sujet principal de l’enquête, et tout le monde attendait le point de vue de la majorité pour faire son opinion. A l’arrivée, les enquêteurs (Journal de Montréal - Léger - TVA et la station de radio 98,5 FM) ont pris tout le monde à contre-pied avec la publication d’un sondage, dont les résultats déroutants, remettent en cause quarante ans de cohabitation et d’intégration. En gros caractères et à la une du quotidien, on pouvait lire que « 59% des Québécois se disent racistes » et que la communauté arabe et musulmane, victime des retombées du 11 septembre 2001, est mal vue par les Québécois.

Au lieu d’apaiser les esprits, certains médias créent l’événement dans l’intention d’amplifier les tensions ethniques, c’est la même histoire en Occident, tout le monde sait et les musulmans arabes en premier que partout, c’est eux qui encaissent les premiers coups. Pas besoin d’une enquête pour savoir que 50% des sondés entretiennent une mauvaise opinion à l’égard de cette communauté. Mais à ce stade, on est loin de traiter les Québécois de racistes même si les choses doivent changer.

Les réactions sont unanimes, selon le quotidien «La Presse» du 17 janvier. « Tous s’entendent pour dire que la situation n’est pas parfaite au Québec. Qu’il existe certaines formes de racisme, mais jamais dans ces proportions.»

Dans une entrevue accordée au quotidien, 24 heures, l’ex-Premier ministre de la province francophone, Bernard Landry, rejette les chiffres, «Le Québec a une longue tradition d’acceptation. En 1976, le Parti québécois avait ouvert ses portes toutes grandes au premier député noir, en l’occurence, Jean Alfred. Le Québec a toujours été une excellente sinon la meilleure terre d’accueil pour les immigrants.»

Le gouvernement du Québec, affirme Me Lise Thériault, la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, «se penche sur la question et dévoilera au printemps une politique et un plan d’action sur la discrimination et le racisme à la suite de consultations menées auprès des communautés, l’automne dernier».

Mohammed Lotfi, journaliste, réalisateur de Souverains anonymes, résume le tout par un proverbe de Anna Gavalda, ‘’ Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leurs conneries, pas leurs différences’’, dans un texte intitulé, le « choc des vulnérabilités » adressé à tous les médias.

Conséquences immédiates, à Montréal, l’école musulmane, «Jeunes musulmans du Canada» a été vandalisée le lendemain de la parution de l’enquête et selon les témoins, une quinzaine de vitres de l’établissement ont été fracassées ainsi que le bus de l’école.

En réalité, les réactions négatives et l’hostilité affichée de certains en direction des immigrants n’ont rien à voir, aujourd’hui, avec les événements du 11 septembre, le malaise envers les communautés en général s’est fait ressentir bien avant, lors du référendum de 1995, lorsque le Premier ministre du Québec, Jacques Parizeau avait attribué la défaite du oui à « l’argent et aux votes ethniques ». D’autres événements isolés qui ont eu un traitement spécial de la part des médias ont alimenté la xénophobie, tels, l’affaire du port du Kirpan à l’école, dont le jugement de la Cour suprême a été favorable à la communauté Sikh; suivi de la polémique sur l’institution des tribunaux islamiques et la demande des étudiants musulmans de l’École de technologie supérieure de Montréal, pour l’obtention d’un local de prière utilisé uniquement par les musulmans.

Le sensationnel est dans l’interprétation des chiffres du sondage déformés par les auteurs de l’enquête qui ont voulu imposé aux québécois leurs opinions. Dans sa chronique du 17 janvier, publiée dans le quotidien «La presse» Yves Boisvert, affirme que « la pièce maîtresse du sondage Léger Marketing, reprise dans tous les médias lundi, démontre le contraire de ce qu’affirme le Journal de Montréal ». Le calcul se présente de la manière suivante, seulement, « 1 % se disent fortement racistes ; 15 % se disent moyennement racistes ; 43 % se disent faiblement racistes ; 39 % se disent pas racistes du tout ». En réalité, rajoute le chroniqueur, « on devrait conclure de ce sondage que seulement 16 % des Québécois se considèrent moyennement ou fortement racistes. (..) ? En vérité, 82 % des Québécois s’estiment faiblement ou pas du tout racistes. Voilà la vérité mathématique ». La conclusion est à la hauteur du sentiment général, « on nous prend pour des imbéciles, à défaut de nous prendre pour des racistes. L’idée n’est pas de nier le racisme, ou plutôt la xénophobie. Mais pour en parler utilement, commençons par refuser qu’on torde les faits. Et qu’on banalise un mot aussi lourd ». La crainte, pour certains, est que le sondage soit l’étincelle d’une crise identitaire au Québec.

Cosmopolite, communautaire, multiethnique, le Canada a une chance inouïe d’échapper aux troubles qui ont déstabilisé plusieurs pays dont la composition démographique s’est constituée à travers l’histoire, de plusieurs ethnies.

Dans ces pays où perdurent des conflits ethniques s’applique une réalité peu connue et qui répond à une des lois de la chimie qui affirme que, « tout mélange est instable », comme c’est le cas au Canada où cohabitent plusieurs ethnies issues de l’émigration. Mais à l’instar de ces pays, la formule chimique n’a pas fait ses preuves en Amérique du Nord, et la raison est simple. Le brassage culturel et ethnique ne s’est pas fait au Canada sous la colonisation et la violence, contrairement au reste du monde où le mélange des populations s’était fait par la force, sous occupation et en période de guerre.

Quant à ceux qui ont oublié, il faut qu’ils sachent que l’argument historique entre les Québécois et les Arabes trouve sa source dans la guerre d’Algérie qui a inspiré le poète et chanteur québécois Raymond Levêque, en composant en 1956, durant la guerre d’Algérie, une chanson immortelle gravée dans la mémoire collective des Québécois.

Source: http://www.lequotidien-oran.com/quot3682/even.htm{jcomments lock}

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