Plus de quinze années passées au Canada, j'ai pu découvrir plusieurs visages de la communauté algérienne. Les déplacements migratoires de notre communauté se fait généralement de l'Est vers l'Ouest canadien. Depuis quelques temps,  on commence à découvrir des algériens et algériennes qui brise cette habitude.

Après l'exploit de Mourad Djemai qui est devenu indien cri, quelques familles algériennes vivent en Alaska et la grande aventure de Malika Preure en océan, j'ai pu découvrir une algérienne qui faisant du travail social dans le Grand Nord. Je préfère qu'elle se fasse découvrir par ses propres mots:

"A ma sortie de l’université du Québec à Montréal, mon diplôme de travail social en poche, je me suis heurtée à de nombreux défis comme chaque jeune diplômé. La recherche d’emploi donnait peu de résultats en raison de manque d’expériences professionnelles et le désespoir commençait à me gagner. Comme le hasard fait bien les choses, l’opportunité s’est présentée pour aller au Grand Nord, et plus spécifiquement le Nunavik. Ma fonction principale était d’êtreThe toundra 1 - Le paysage d Inukjuak qui se trouve au dessus de la limite des arbres personne ressource pour le directeur de la protection de la jeunesse du centre de santé Innulitisivik. Pour me préparer à ma nouvelle aventure, j’ai fais des recherches et mes parents ont eu la gracieuseté d’installer la chaîne télévisée autochtone APTN. En Janvier 2004, des papillons dans le ventre, j’ai pris Air Inuit en direction d’Inukjuak. Je ne pouvais arracher mon visage de l’hublot à cause du paysage fascinant : jusqu'à Kujjuarapik, on voyait encore des arbres. A Umijuaq, ayant dépassée la limite des arbres, de plates étendues blanches firent leur apparition. Après 8 heures de vol, le Grand Nord m’apparus dans toute sa splendeur.

Mon entrée en fonction fut immédiate à cause d’une jeune Inuite de 15 ans qui menaçait de se suicider. Une intervention d’urgence de la part d’une équipe multidisciplinaire était nécessaire. Pendant ce temps, je devenais de plus en plus convaincu que j’avais choisie le bon domaine. A la fin de la journée, avec ma jeune inuite
Toundra 3 - Une partie de la rivière dégelée en sécurité, j’ai repris le chemin de l’hôtel. J’avais comme compagnon de route, des étoiles et des aurores boréales qui sont des ondes lumineuses de couleur verte embrasant la nuit.

Les semaines suivantes ont été consacrées à la préparation du passage de la cours de jeunesse dans le village. Comme les ressources manquaient, il fallait s’organisait avec les habitants du village pour offrir logis aux jeunes et leurs familles qui venaient de l’extérieur. La cours de jeunesse représente un événement en soi : les juges et avocats arrivent en avion de Val-D’Or et s’installent dans l’hôtel pour une semaine. Les travailleurs sociaux ont comme responsabilité de
Mon premier blizzard - La nature en colere faire le suivi auprès des jeunes et d’apporter support aux parents lorsque celà est nécessaire. On ne peut parler du Grand Nord sans parler du climat rude et de la nature sauvage. A Montréal, quand la température baisse à -30, on commence à pester et à s’enfermer chez soi. A Inukjuak, la température peut facilement baisser à -65, -70 degrés en Hiver. Les tempêtes hivernales sont régulières et pour les éviter, je me fiais toujours aux connaissances ancestrales des Inuites. Quand un autochtone me disait qu’il faisait froid, c’est là que je comprenais qu’il fallait rester à la maison et admirer la nature en colère. D’ailleurs, 6 semaines après mon arrivée, une tempête s’annonçait. Je suis donc restée dans mon hôtel et à ma grande surprise, j’ai vu à travers la fenêtre, un chasseur Inuite qui construisait un igloo pour se protéger et ses chiens de traîneaux. Deux jours plus tard, l’igloo à été détruit et le chasseur avait repris son chemin.



Vous devez vous poser la question si j’ai goûtée aux mets traditionnels Inuites, comme le caribou cru et le phoque. Il faudrait que je vous dise que pour une algérienne qui est habituée à avoir tous bien cuit et accompagnée d’une sauce, passer au cru a été très difficile mais nécessaire. C’est grâce à un tel geste que les Inuites m’ont fais confiance et ont finis par m’apprivoiser. Cela m’a ouvert la porte à leur monde : j’ai pu assister à une partie de pêche, voir comment les femmes préparaient les peaux pour l’hiver. Le partage a été mutuel, j’ai parlé de notre culture et mes collègues ont découverts l’Algérie à travers l’internet. La relation est devenue tellement agréable avec mon entourage qu’un jour une collègue a adopté une jeune fille inuite et m’a fait l’honneur de lui donner comme
Olaio Lamia - Je vous présente la première inuite avec un nom arabe prénom le mien. Ce prénom, selon la tradition, sera transmis de génération en génération. Même si mon séjour a été court, ma trace a été laissée et je sais que les Inuites ont appréciée le passage de la première algérienne dans leur village. Le départ a bien sur été difficile mais je savais qu’une telle expérience était une base importante pour mon futur comme travailleuse sociale et comme humaine. Les frontières géographiques sont artificielles, l’ouverture d’esprit et la patience sont des ingrédients importants pour pouvoir les contourner.

J’espère que j’ai pu vous transmettre un aperçu de mon expérience et qu’en lisant ces quelques lignes, j’ai pu vous confirmer que tout est possible dans la vie.

Lamia Naas.
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Vous pouvez voir quelques photos de son passage au Nunavik - cliquez-ici