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Steve Jobs: le roi n'est plus

Il n'y a pas de bon moment. Il n'y a pas de bon endroit pour apprendre la mort de Steve Jobs, même si tous soupçonnaient que l'homme au col roulé noir était condamné.

Lorsque le téléphone a sonné, je me trouvais dans une salle de réception de HEC Montréal. Au lancement du dernier livre du professeur Jacques Nantel, qu'il a coécrit avec ma collègue et amie Ariane Krol.

On veut votre bien et on l'aura: la dangereuse efficacité du marketing, c'est le titre de cet ouvrage - que je n'ai pas encore lu. Mais, par une coïncidence tordue, cela semblait tout indiqué.

À cette école des affaires, la nouvelle de son décès s'est propagée comme un feu de broussailles. Et tous ou presque de sortir leur iPhone pour en informer un collègue ou pour tweeter la nouvelle.

On peut le dire sans se tromper. Sous la direction de Steve Jobs, Apple a mis au point la machine marketing la plus efficace de la planète.

Il suffit d'égratigner le cofondateur d'Apple dans un commentaire pour le savoir. Apple a des légions d'admirateurs indéfectibles. Au point où Steve Jobs aurait stylisé un manche à balai et mis une pomme dessus que des milliers de consommateurs l'aurait acheté au gros prix, en fermant les yeux. Et je caricature à peine.

Comme l'écrasante majorité des journalistes économiques au pays, je n'ai jamais eu le privilège d'interviewer ce PDG qui contrôlait ses interventions avec un souci maniaque du détail. Mais lui me connaissait, moi et tous les autres utilisateurs de bidules électroniques qui avons en horreur le langage hermétique des experts informatiques.

Là où tous les autres fabricants nous imposaient de nous adapter à leurs machines, Apple s'est adaptée à nous en mettant au point des appareils ludiques et faciles à manipuler. Les fonctions sont si intuitives que mon fils de 5 ans peut presque tout faire sur l'iPad de son papa, maintenant beurré de petits doigts.

C'est ainsi que Steve Jobs a chamboulé l'industrie du PC avec des tablettes iPad ludiques et des ordinateurs portables aussi minces que du carton. C'est ainsi qu'il a révolutionné l'industrie de la musique avec l'iPod et le détaillant de musique iTunes. C'est ainsi qu'il a refaçonné les forces en présence dans les télécoms avec l'iPhone, l'un des appareils les plus rentables de l'histoire.

Ce qui est presque comique, en rétrospective, c'est que les nouvelles aventures de Steve Jobs étaient souvent accueillies avec scepticisme. Un fabricant informatique qui se lance dans le commerce de détail? Il va se casser la gueule! «iPad ou iPatate?», ai-je même écrit au sujet de cette tablette qui, au premier coup d'oeil, me paraissait bien grosse!

Mais Steve Jobs savait où il s'en allait. Il dirigeait à l'instinct, pas au focus group. Et sur cette route où il filait fin seul, il ne tolérait aucun détour. Il était intransigeant comme le sont tous les grands PDG, m'a fait remarquer Jacques Nantel, sous l'émotion de la nouvelle.

La mort de Steve Jobs survient au lendemain du lancement de l'iPhone 4S. Cet appareil a déçu plusieurs analystes. Exception faite des nouvelles commandes vocales, il paraît trop semblable au modèle précédent. Ce téléphone n'a d'ailleurs pas mérité le nom d'iPhone 5.

D'aucuns établiront un lien entre cette déception et le départ prématuré de Steve Jobs, qui a souffert d'un cancer du pancréas et qui a reçu une greffe du foie. D'aucuns diront que cela est de mauvais augure pour l'avenir sous la direction de Tim Cook.

L'après-Steve Jobs? On s'en reparlera plus tard. Permettez qu'on prenne une journée pour pleurer le plus grand entrepreneur des 50 dernières années.

Source: Cyberpresse