Le gouvernement occulte le calvaire de nos supporters au Caire : Pourquoi nous cache-t-on la vérité ?

Martyrisés, violentés, lynchés, nos supporters, qui sont rentrés hier au pays après une escapade funeste au sein de l’enfer cairote, se considèrent encore plus «humiliés» par l’attitude de leurs autorités qui n’ont jusqu’à l’heure fait qu’occulter la persécution dont ils ont été victime en Egypte.

Parlant depuis le début de cette tragédie «d’incidents mineurs orchestrés par un groupe isolé», pour reprendre les propos de Djiar, ministre des Sports et de la Jeunesse, qui s’est distingué - les Algériens l’ont relevé à l’unanimité - par un ton conciliant et apeuré lors du caillassage du bus de notre équipe nationale, nos autorités, notamment notre ambassadeur en Egypte, Abdelkader Hadjar, ont versé par la suite dans le mépris et l’indifférence totale en se désintéressant carrément du sort de nos supporters lynchés le temps d’une nuit entière au Caire. Mais le seuil du digne et du tolérable a été franchi lorsqu’aucune réaction officielle n’a été enregistrée 24 heures après l’arrivée de nos supporters à l’aéroport d’Alger avec dans leurs bagages des témoignages macabres qui renseignent sur les terribles violences qu’ils ont subies en Egypte.

Photos et vidéos à l’appui, ces supporters nous ont racontés leur lynchage organisé avec la complicité des services de sécurité égyptiens puisque ces derniers n’ont pas bougé le petit doigt pour protéger nos concitoyens. Se contentant d’annoncer des mesures d’encouragement, (billets de stades gratuits et réduction des prix de billets d’avion pour le prochain match de barrage qui aura lieu mercredi prochain), notre cher gouvernement a visiblement fait le choix de «zapper» le sort tragique de nos supporters! Pis encore, Abdelkader Hadjar a nié catégoriquement la mort de nos supporters et parlent seulement de 11 blessés légers. Comment peut-on prendre cette déclaration au sérieux alors qu’auparavant le chargé de communication de notre représentation diplomatique, M. Baghdadi, a confirmé à nos confrères de Liberté le décès d’au moins un supporter Algérien! Qui dit vrai dans cette affaire ? Certainement pas Hadjar dont le nombre de blessés qu’il a annoncé ne correspond en rien à la réalité puisque les autorités égyptiennes ont elles-mêmes annoncé une vingtaine de blessé ! Cet ambassadeur censé défendre la dignité et l’honneur de nos concitoyens n’a même pas dénoncé publiquement et fermement le lynchage de nos supporters. Il n’a pas jugé bon également d’interpeller les autorités égyptiennes dont la complicité avec ces violences est désormais prouvée. Est-ce une attitude digne d’un ambassadeur ? Cette question que tous les Algériens se posent depuis hier est en réalité on ne peut plus légitime au regard des témoignages récoltés auprès de nos malheureux supporters. «Personne de notre ambassade n’est venu nous voir à l’aéroport du Caire pour s’enquérir de notre état après toutes les agressions que nous avons subies la veille.

D’autres supporters sont partis le lendemain du match demander refuge à l’ambassade et ont rencontré Hadjar pour lui montrer des vidéos et des photos. Mais, lui, n’a pas trouvé mieux que de leur dire ‘‘je ne sais pas où chercher les blessés’’!», ont témoigné avec beaucoup d’écœurement de nombreux supporters dès leur arrivée hier à l’aéroport. Et ce sont ces mêmes supporters, des citoyens ordinaires mais touchés dans leur dignité, qui nous ont fait part du décès de plusieurs supporters. Pourquoi personne n’a pris la peine de prendre acte de leur témoignage en installant une commission d’enquête ? Une telle commission devra enquêter sur les violences qu’ont subies nos compatriotes et nous dévoiler par là cette vérité qu’on cherche à nous cacher. Une vérité qui se fait déjà jour, même si elle est effrontément démentie par nos autorités, puisque l’identité du premier supporter algérien décédé au Caire a été révélée hier même par certains titres de la presse nationale, et sa photo a fait le tour de la toile. Il s’agit de Mohamed Benkhedda, un homme marié et père de deux enfants, résidant à Blida, mort après avoir reçu des coups de barre de fer. Comme nous l’avions signalé précédemment, le décès de ce citoyen a été confirmé à nos confrères de Liberté par le chargé de communication de l’ambassade d’Algérie au Caire avant que Hadjar ne le démente! Le témoignage de Reda, chanteur du groupe City 16, qui s’est déplacé au Caire pour soutenir les Fennecs, est également poignant. Ce dernier nous a montré la photo d’un jeune allongé par terre et couvert du drapeau national. «Il a été assassiné et on l’a laissé sur place», jure Réda qui dit disposer de toutes les preuves pour démonter qu’il y a bien eu mort d’Algériens au Caire. Malheureusement, ce témoignage n’a nullement interpellé nos autorités! Sur Youtube, la nouvelle chaîne nationale, les vidéos de témoignages de nos supporters relatant des atrocités défilent à grande vitesse. Ce ne sont peut-être pas des preuves suffisantes, mais elles constituent du moins des pistes d’enquête. Une enquête plus que jamais indispensable pour connaître toute la vérité sur ces terribles événements. Une vérité que tous les Algériens réclament.

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