Novembre 1954 – novembre 2010, d’une gloire prometteuse à la décrépitude

Au président Bouteflika wa djemaâtou, dépositaires actuels du désordre algérien.

Qu’est-il advenu de la terre de la « Révolution exemplaire » Monsieur le président,

l’Algérie, depuis son indépendance? Du registre de la reconnaissance universelle pour sa grandeur et la bravoure de son peuple, à celui de l’indigence et de l’humiliation, votre règne aura achevé le maigre filon d’espoir repêché vaillamment de l’hécatombe de la décennie noire.

Qui ne se souvient de vos déclarations, quand vous annonciez devant la presse mondiale votre volonté de guérir l’Algérie et la hisser à nouveau au sein des nations respectables. En vous écoutant, bien des Algériens, émergeant du chaos de la sale guerre, ont voulu croire à l’homme « providentiel » qui allait ressouder les liens brisés de la société algérienne, et mettre hors d’état de nuire ses détracteurs. Vous disiez alors, vouloir « restituer à l’Algérien la fierté d’être Algérien ». Ah, la fierté! Quel préjudice pour un peuple que de la perdre, surtout après l’avoir si chèrement payé comme ce fut le cas de notre peuple. La recouvrer fut la grande promesse du nouveau président! Une promesse hélas vite rompue, car dans les faits, l’homme « providentiel » n’était qu’un leurre et le peuple algérien comprend à ses dépens que votre régime ne fera que prolonger le drame du pays, et poursuivre la mise en berne du peu qui restait des symboles de la fierté nationale.

Durant les 2 premiers mandats sensés guérir la République, votre régime a répandu à la grandeur du pays la pandémie de la malfaisance et de la corruption, exilant et décapitant, au passage, les plus brillants de nos esprits, au profit de la culture de la peur, de la médiocrité et de l’« aplat-ventrisme » si chers aux dictatures vieillissantes. Quant à l’image respectable de l’Algérie, il n’y a qu’au bal annuel des ministres que cette Algérie virtuelle fait surface, le temps d’une rencontre. Elle n’a rien à voir avec la jungle qu’est devenue la véritable Algérie, où le droit et la justice sont décrétés hors-la-loi. C’est le pays d’un peuple dépouillé et maltraité par ses gouvernants. Un peuple mal éduqué, mal logé et mal soigné, tandis que vous jouissez, à ses frais, des bienfaits des systèmes de santé et d’éducation occidentaux. Et c’est cela l’Algérie que le monde voit derrière les bilans complaisants et autres statistiques biaisées qu’on étale devant vous, avec la double bénédiction d’une presse muselée par vos soins et des « élus » grassement payés par le trésor public. Le seul bilan, qui reflète véritablement notre pays, fait état de la mal vie et du désarroi de notre peuple, de la faillite de nos services publics, du désastre de notre environnement et de notre économie, de la piètre qualité de nos universités, qui ne rivalisent même plus avec les pays pauvres d’Afrique, du délabrement de notre système de santé, de l’indigence de notre éducation, de la fuite de nos richesses matérielles et humaines, de nos enfants qui se jettent à la mer pour échapper à leur prison, et pour couronner le tout, de la corruption généralisée par votre régime couvert indûment du plus fabuleux trésor que le pays n’ait jamais possédé. Voilà comment l’Algérie débourse des fortunes pour être tournée en dérision par ses propres gouvernants.

Après la terrible guerre fratricide, vos discours et vos couffins bondés de promesses ont eu l’effet d’un baume sur le cœur, le temps d’un répit, pour des populations meurtries qui n’en espéraient pas moins de vous : la paix pour une Algérie enferrée à la violence; la justice pour un peuple tyrannisé; une vie décente pour les millions d’esclaves de la « hogra » érigée en norme nationale; et enfin, de l’espoir pour la jeunesse désespérée…  Mais rien de tout cela ne sera au rendez-vous ni du 1er, ni du 2e et assurément pas du 3e mandat, que vous vous êtes octroyé contre tout bon sens, au lieu d’instaurer la première base d’une bonne gouvernance. Berné encore une fois, le peuple se retrouve ballotté entre un pouvoir répressif, imbu de la nouvelle puissance des pétrodollars, une élite plus souvent qu’autrement intéressée ou indifférente et une opposition pour le moins phagocytée. Le délabrement des valeurs est tel dans le pays que la classe dirigeante, que vous chapeautez, ne s’encombre plus de scrupules et verse ouvertement dans un rôle de prédateur des richesses nationales, qu’elle se partage copieusement avec un tout-venant de multinationales, et autres spéculateurs internationaux, bien au fait de sa corruption.

Tous ces interlocuteurs étrangers savent les dessous de la gouvernance algérienne et s’ils affichent un large sourire en même temps qu’une poignée de main en signant de juteux contrats, rien à voir avec une quelconque marque d’estime ou de respect, c’est une simple attitude professionnelle qui cache le mépris que ces « grands » nourrissent pour les dirigeants arabes, en particulier. Ces gens-là pensent que nos « dirigeants » ne sont pas faits pour gouverner et votre régime, et tous ceux qui lui ressemblent, leur en apporte la plus éclatante des preuves en clochardisant le peuple et en bradant le pays. Vous avez beau multiplié les campagnes de charme et de relations publiques pour vous faire apprécier, envoyé des émissaires faire des courbettes, ouvrir les champs pétrolifères de leurs choix, faire de l’Algérie un bazar pour leurs produits, vous ne changerez rien à la perception peu enviable que ces « grands » ont des dirigeants de républiques qu’ils ne se gênent pas d’affubler de « bananières », « hacha » pour la terre de nos martyrs.

En effet, qui mieux, que ces partenaires étrangers, efficacement briefés par les canaux de leurs services de renseignements respectifs (CIA, DGSE, MOSSAD, etc.) savent ce qu’il en est de la crédibilité des représentants de l’Algérie sur la scène internationale. Avec une telle carte de visite, la défense des intérêts suprêmes de notre pays semble illusoire. Et dans les coulisses des grandes négociations, vos « partenaires » étrangers doivent bien s’enorgueillir de leur savoir-faire et des fabuleux butins qu’ils permettent à leur pays d’engranger, au détriment de l’Algérie. Le contraire de cette situation relèverait de la haute trahison chez eux, mais en Algérie, ces actes sont d’une telle banalité que personne ne s’insurge sérieusement convaincu que l’impunité est la marque du pouvoir. De votre régime. Pour preuve, les scandales d’atteinte aux intérêts suprêmes, bien que rapportés régulièrement par la presse, ne reçoivent jamais de traitement adéquat. Quelles conséquences désastreuses sur le comportement collectif. N’est-ce pas, que le meilleur enseignement se communique par l’exemple.

Non, M. le président, vous n’avez ni restitué la fierté aux Algériens, ni la grandeur à leur nation. C’est la justice d’un peuple éclairé par la bonne gouvernance qui fait la grandeur d’une nation, et malheureusement, c’est la « hogra » et la malfaisance, autrement dit l’injustice et l’impunité qui caractérisent notre pays. Dans une telle culture, les mauvaises herbes croissent rapidement et finissent par étouffer la pépinière, et altérer la fertilité du terrain. N’est-ce pas la thérapie du massacre que votre régime applique à l’Algérie depuis votre intronisation à la tête du pays. Et je ne pense pas que la gigantesque mosquée dont le peuple n’a que faire, ou le plus grand centre commercial d’Afrique (quel non-sens dans un pays qui ne produit rien!) vont changer quelque chose à votre responsabilité, en tant que Président, dans le chaos de notre pauvre pays.

Désormais, c’est de notoriété, votre gouvernement dispose de l’Algérie avec une telle arrogance et un tel mépris que cela met à mal l’appartenance commune au peuple de la Révolution exemplaire. Comment est-ce possible, autrement, de commettre ou de laisser commettre contre les siens tant de forfaits? Comment est-ce possible d’être Algérien et de faire endurer tant d’échecs, et d’humiliation à son propre pays? Quel type de haine, de vengeance, peut motiver ce sadisme incroyable contre les siens? Plus personne ne croit aux sérénades patriotiques et plus personne ne croit que votre régime soit capable de bienfaits pour l’Algérie. Force est de constater, Monsieur le Président, que vous avez agi en « homme politique qui pense à la prochaine élection » et non en « homme d’état qui pense aux futures générations »[1] et que l’Algérie recherche désespérément depuis des lustres.

Aussi, à la veille de l’anniversaire de la Révolution exemplaire de nos parents, celle-là même qui vous a fabriqué et vous permet d’être aujourd’hui président, l’homme fort du pays, disposant de montagnes de dollars et séparé du peuple par une armada de courtisans, plus aptes à s’enrichir qu’à gouverner, soyez informé que de nombreux Algériennes et Algériens ont pris la résolution de briser la chape de plomb qui écrase leur peuple et de se réapproprier et leur fierté, et leur pays. Leur détermination à arracher l’Algérie des griffes de la ligue d’affairistes, de khobzistes et autres traîtres, s’inspire du 1er novembre 1954, Jour hautement symbolique, choisi par leurs aînés pour changer le cours de l’histoire, en arrachant à l’impitoyable machine coloniale leur pays l’Algérie, et en redonnant à leur peuple la dignité. Nos parents rêvaient de faire de nous des femmes et des hommes libres, maîtres chez nous, et ils ont payé le prix fort jusqu’au sacrifice suprême de donner leur vie. Où en sommes-nous?

Près d’un demi-siècle plus tard, fragilisée par la mauvaise gouvernance et menacée par des intérêts étrangers, l’Algérie, Monsieur le président, est au cœur d’une tempête qui menace sa souveraineté, remettant en cause les acquis inestimables de la révolution de nos parents. Aujourd’hui, animés par l’amour du pays et le devoir envers notre douloureuse mais glorieuse Histoire, leurs enfants, nous tous, jeunes et vieux, femmes et hommes, légataires du testament de la révolution algérienne, entendons relever le défi de compléter l’objectif ultime de la longue lutte de notre peuple, à savoir : édifier l’état de droit en Algérie. Seule alternative capable de redonner confiance aux Algériens et garantir un pays viable pour les générations futures. Grâce à la vitalité de la jeunesse algérienne, combinée à l’engagement d’intellectuels sincères, de toutes les Algériennes et Algériens qui n’en peuvent plus des crimes contre leur pays, et grâce aussi aux progrès technologiques qui permettent aux idées et au savoir de circuler, notre Algérie, Monsieur le Président, ne tardera pas à se relever et à s’affranchir de la tutelle abusive des fossoyeurs de son indépendance. Le changement qui s’annonce se fera, et ce n’est qu’une question de temps avant de voir réhabiliter le prestige de la maison Algérie. Que ce 1er novembre 2010 signe, incha Allah, l’acte de naissance officiel d’une réhabilitation de la cause nationale, avec pour objectif l’État de droit. C’est l’occasion pour toutes les forces qui s’y réclament de converger pour former ce puissant mouvement du changement démocratique, crucial à la pérennité de notre nation.

Nous espérons, Monsieur le président, que vous serez de notre rêve et ferez en sorte que vos hommes se montrent solidaires, enfin, de leur peuple, en acceptant l’idée inéluctable d’un État de droit pour l’Algérie, et ce, sans céder à la politique de la terre brûlée inspirée des anciens bourreaux de notre peuple.

Désespérément algérienne,

Pour l’Algérie des chouhadas, celle de mon père, celle de mes petits-enfants et des générations futures d’Algériens.

Source: LeQuotidienAlgerie.org


 

Commentaires

0 #1 djamal lalileche 01-02-2012 03:16
Jamais le retour de la France n’a pris les proportions qui sont les siennes aujourd’hui, en effet son intervention permanente dans les affaires algérienne répond à une stratégie bien réfléchie et appliquée avec une implacable détermination, s’appuyant par sa théorie et sur les DAF qui lui sont restés fidèles a ce jour.
Il m’apparait impératif de dénoncer cette machiavélique mise ne scène dont le réalisateur est en harmonie avec ses idéaux de servir sa patrie avec l’esprit d’eternel colonialiste. Maintenant que nous avons les moyens de nous exprimer, il faut casser certains tabous au risque d’une répression a laquelle nous a habitué cette espèce sans scrupules dénuée de bon sens. Leur déficit intellectuel les emprisonne dans un cocon d’infériorité qui ne passe pas inaperçu et ne manque pas de susciter une impulsion plus grande et une audace a la limite de l’indécence diplomatique aux appétits grandissants surtout de la France sujet que de cette analyse.
Ceci est confirmé par un ensemble de faits que je vais essayer de mettre en relief et qui se rapportent a une période bien précise , et ,c’est justement cette période qui a permis a la France de reprendre pied en Algérie et d’avoir une influence directe voir décisive sur les décisions.

La machine mise en place par la France s’est emballée le jour ou les urnes ont révélé un face jusque là inconnue du peuple algérien et son orientation qui allait a contre courant de leurs desseins , dès lors, le programme mis en place pour notre pays devait être mis en marche sans tarder , le départ de cette diabolique machination fut donné par Mitterrand qui refusait que les islamistes arrivent au pouvoir , cela contrariait ses desseins et il le fit savoir par une déclaration paternaliste qui aurait pour un pays souverain comme la Turquie , entrainé pas seulement un incident diplomatique mais un conflit diplomatique suivi de toutes sortes de représailles , ce jour la nous avons compris qui nous gouverne et a partir de ce jour la , toutes les décisions qui sont annoncées par le pouvoir en place étaient prises et décidées par la France et on a poussé le ridicule jusqu’à donner la primeur de ces événements aux medias français.
La première information signe que tout se déroulera dorénavant sous la coupe de la France et qu‘elle sera consultée pour tout, et les DAF sont tenus de suivre a la lettre la feuille de route en échange d‘une couverture politique inconditionnelle, nous vient le 06 Juin a 00 heures par le directeur du journal Algérie actualité invité sur le plateau de TF1 qui annonce la destitution de Hamrouche et son remplacement par Ghozali et la dernière interpellation du ministre algerien de A.E par les parlementaires français et l’annonce par ce dernier de changement de la constitution en est une illustration flagrante.
Le résultat des élection a peine tombé , une réunion de 200 officiers de l’armée organisée par les DAF décide de signer une lettre demandant a Chadli de démissionner et de procéder a la dissolution de l’APN que Nezzar sera chargé de lui transmettre , Chadli refuse dans un premier temps , mais il savait que Larbi Belkebir avait au préalable fait retirer les armes lourdes de défense de la présidence et changé la garde et que l’état major était d’accord sur la démarche.
Le plan était minutieusement préparé car il a pris le soin de laisser le terrain libre aux DAF par la dissolution de l’APN.
Désormais , les DAF ont le pouvoir absolu en Algérie ceci est le plan « A » réalisé avec brio , maintenant il s’agit de renforcer leur rangs par la promotion au grade de général major de 05 autres DAF pour rejoindre GUENAIZIA ,GHEZIEL et NEZZAR dans ce grade et occuper tous les postes les plus importants dans la hiérarchie militaire et pour ce faire , il leur faut un président seul habilité a signer ce genre de promotion.ils seront nommés le 05 juillet (ironie de l’histoire)
Faute de charisme ou de légitimité , les DAF font appel a Boudiaf qui selon certaines indiscrétions a été assassiné car il ne voulait pas signer la promotion de 05 généraux DAF au grade de général major faisant sienne la devise de Boumediene qui avait dit que ce sont des outils qui ne graviront jamais un certain seuil dans la hiérarchie militaire car il s’en méfiait.
Pour donner le change le 02 mai 1992 , l’armée donne en pâture le général major Belloucif , le seul général major issu de l’ANP , il eut droit a un procès pour détournement de biens de l’état (celui - ci a refusé lorsqu’il était en poste ,une proposition faite par Belkheir d’accorder a la France le marché de la couverture radar du territoire algérien.).ce fut sa punition par les exécutants sur ordre de fafa..

Pour narguer l’histoire , Bernad Couchner ministre français des actions humanitaires choisit la date du 08 mai pour demander a visiter les camps de concentration de reggane , pour dire que rien n’est fortuit dans leurs agissements , ils choisissent toujours les dates les plus frappantes de notre histoire .pour interférer dans nos affaires , cela sous entend la perte de notre souveraineté.
Tenez vous bien , le verdict du procès des dirigeant du FIS est tombé le jour de la fête de la prise de la bastille un 14 Juillet comme pour attribuer cette victoire a la France.
Ali Kafi prend la place de Boudiaf suite a son assassinat et annonce le programme du HCE qui devait s’étaler sur 05 ans donc une législature entière sans aucune consultation populaire; comme parlement, un conseil consultatif et les APC dissoutes sont remplacées par des DEC ,ceci , le 14 janvier 93 pour confirmer l’arrêt du processus démocratique.
On s’installe alors dans une situation d’illégitimité totale . Voila ce que les auteurs du coup d’état on fait de l’Algérie.
L’attentat contre Nezzar en 93 déclencha une vague meurtrière qui a touché les personnalités qui appartenaient a la tendance favorable au dialogue sans exclusif et condamnait la violence d’où qu’elle vienne ,Djillali liabes et Laadi Flici furent assassinés ainsi que le patron de l’UGTA Benhammouda et une tentative d’assassinat du ministre du travail, toute ces personnes renvoyaient dos a dos le pouvoir et le FIS.et refusaient de prendre parti.
Tout cela dans une atmosphère d’insécurité totale et chaque jour apporte son lot de deuils parmi les bandes armées et surtout les policiers qui ne quittaient plus leurs lieux de regroupements que par extrême nécessité.
Ce délai de cinq ans permettra a cette militaroligarchie d’asseoir son pouvoir, et de procéder au bradage de l’économie et le pillage , une razzia en bonne et due forme.

Le plan B qui consiste a livrer l’algerie pieds et poings liés a la France est maintenant consommé adieu souveraineté.
Maintenant , on assiste souvent a des ballets d’officiels français qui viennent a chaque fois qu’ils ressentent la nécessité et a leur départ , l’unique annonce sans d’autres détails qu’il est « reparti satisfait de sa visite « comme pour nous nous informer du soutien de la France a la démarche du pouvoir et de l’homme des basses besognes utilisé pour l’occasion.
En clair , la politique algérienne est maintenant dictée par la France aux DAF qui sont chargés de l’exécuter.

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