Ces élus qui quittent la scène politique à mi chemin! Qui paie la facture?

Démocratie ou légitimité!? Je n’arrive point à comprendre comment un élu à l’assemblée nationale qui est censé demeurer en poste pour une durée de quatre années, sur un coup de tête, décide de quitter la scène politique en déposant sa démission ou en claquant la porte.

Cette situation s’est produite à plusieurs reprises et je peux même affirmer qu’elle est devenue presque une habitude dans notre système politique québécois. Raison valable ou pas, devrions-nous accepter cela? Qui devrait payer le coût social et pécuniaire? Dans les lignes qui suivent, nous allons décrire le panorama des élections partielles au Québec depuis les 40 dernières années et du coup, nous amorcerons le débat sur la question[1].

Depuis 1963 et jusqu’à la toute dernière élection de Vachon, quatre vingt dix huit (98) élections partielles (ÉP) ont eu lieu au Québec et cela, nous donne une moyenne de 2,08 ÉP par année (ā=2,08). Le plus élevé nombre a été enregistré respectivement en 2002 avec sept (7) ÉP; six (6) en 1997; cinq (5) en 1996, 1983 et 1969. Par rapport à la fréquence de celles-ci, nous retenons qu’entre 2000 et 2010, nous avons assisté à 30 ÉP (ā=3); 18 ÉP entre 1990-1999 (ā= 1,8); 23 ÉP entre 1980-1989 (ā=2,3); et, 11 ÉP entre 1970-1979 (ā=1,1). Visiblement, la dernière décennie se démarque par une moyenne plus élevée alors que l’année 2010 n’est même pas encore achevée!

Les causes de départ sont multiples et se répartissent comme suit: soixante douze (72) démissions, treize (13) décès, huit (8) nominations (haut fonctionnaire, juge, etc.) et cinq (5) pour autres causes entre 1963-2010. Quant à la fréquence de ces causes, nous constatons qu’entre 2000 et 2010, 100% des ÉP ont eu lieu suite à la démission des élus. Il faudrait noter également que neuf (9) ÉP se sont tenues juste après les élections générales de 2003 (entre 2004 et 2006) et huit (8) ÉP après celles de 2007 (entre 2007 et 2009).

Si le coût moyen annuel d’une élection partielle est 402 675,88 $ (~403 000,00)[2], Le coût total des ÉP tenues entre 1963  et 2010 s’élève à 394 622 236,24 $ (~395 Millions $). Une somme colossale qui à mon sens, devrait enclencher le débat sur la vie politique et sur le départ de certains de nos élus avant  la fin de leur mandat. Serait-il « politiquement correcte » et admissible qu’avant la tenue des élections générales, que chaque candidat s’engage par écrit à respecter ses quatre années de députation à moins d’un incident majeur et justifié? À ce titre, je dois quand même saluer l’endurance et la fidélité de monsieur Béchard qui, malgré un état de santé fragile, il tient encore le coup et n’a pas chercher à démissionner.

 

 

[1] - Les données proviennent Rapport annuel / Directeur général des élections du Québec, 1980-2008/09 et Site Web du Directeur général des élections du Québec.
[2] - Le coût moyen d’une élection partielle a été calculé entre 1980-2008 (27 784 636,00 $/69 ÉP = 402 675,88 $)

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