Révélations sur les enfants de la nomenklatura travaillant à Air Algérie

Dans un courrier rendu public, le collectif contre la cherté du transport vers l'Algérie (CCTA) s’adresse au chef de l’Etat et l’interroge sur ses 14 mesures promises lors de votre campagne électorale.

Encore un document accusateur des pratiques de la famille régnante en Algérie. Les noms d’enfants de la nomenklatura travaillant dans les consulats sont cités nommément par le collectif. Des accusations de népotisme sont clairement avancées pour expliquer le recrutement de ces enfants de dirigeants par Air Algérie.

Le CCTA pointe la désorganisation, les passe-droits et la bureaucratie. "Parlons maintenant des consulats algériens, qui sont normalement les vitrines de l’Algérie pour le monde. Avez-vous eu échos des files d’attente de la honte devant ces consulats qui commencent avant 01h du matin ? (en espérant décrocher un ticket pour avoir, dans certain cas, la simple liste des pièces à fournir afin d’obtenir tel ou tel document). Sommes-nous réellement des Algériens et appartenons-nous à une Algérie indépendante et souveraine ?". Le collectif évoque le mépris des agents consulaires et se pose la question. "Des milliers de concitoyens se posent la question devant autant de mépris de la part des agents consulaire. Ne sont-ils pas payés avec l’argent du peuple pour assurer ce service ou le font-ils bénévolement peut-être ? Ou parce qu’ils sont des parachutées : filles/fils de ministres/général/colonel tels que : le beau-fils de Abdelkader Bensalah à l’ambassade d’Algérie à Paris (pour être proche de sa femme, la fille de Bensalah qui travaille à Air Algérie de Paris) ou la femme du ministre Youcef Yousfi qui occupe le poste de consul à Strasbourg ou encore la fille d’Amar Saadani qui travaille au consulat de Londres ou encore la fille de l’ex-ministre de Moudjahidine au consulat de Lyon ou encore le fils du colonel Mekedem au consulat de Nanterre ou encore le frère du général Kerkeb qui occupe le poste de diplomate à l’Ambassade d’Algérie en France depuis 30 ans (il parait que son attitude à l’ambassade est similaire de celle de votre frère Saïd à la Présidence), etc. Mais également les filles/fils des personnalités/syndicalistes pour acheter leur silence tel que le fils de Benhabilès au consulat de Genève ou encore ou encore …"

Air Algérie, véritable nid des rejetons du régime

De très graves accusations sont portées sur la gestion du personnel de la compagnie nationale par ce collectif. «Air Algérie souffre également de ce virus. En plus de la liste publiée le 26 janvier 2015, nous pourrons rajouter le fils de Mourad Medelci, président du Conseil constitutionnel, qui travaille à la Direction Fret à Dar El Beida (apparemment, il est accompagné de sa tante : épouse du colonel Faouzi, ex-DRS-ANEP et son oncle) ou encore la fille de général Kerkeb à l’agence d’Air Algérie à Paris ou encore la nièce de l’amie de Abdelmalek Sellal, Fadela Amara (ex-ministre français), à l’agence Air Algérie de Lyon ou encore ou encore (...)»

Le collectif assène : «Chez Air Algérie, à Paris, Melle Sihem Mekidech remplace son papa Chérif, suspendu depuis 2008 pour son implication dans un trafic de dépouilles. Il s’est installé en Tunisie et reçoit une indemnité de 4000€ par mois.»

Et d’ajouter sur la pléthore de personnel au sein de cette entreprise : "Récemment, quatre syndicalistes UGTA ont été recrutés "en trop" comme des adjoints au chef d’escale de Paris, alors qu’il y avait déjà deux adjoints correspondant aux deux aéroports parisiens … rien d’étonnant dans une agence gérée par deux directeurs, vu que l’ancien, Benselka, ne veut pas partir à la retraite ! Nous supposons que vous comprenez bien que ce n’est pas facile de quitter son poste et laisser tous les privilèges : 60% du loyer, prime de mars, prime d’avant-vacances, prime d’après-vacances et prime de décembre, sans oublier la possibilité d’offrir autant de billets gratuits à qui il veut !". Même Amar Ghoul a déjà soulevé l’explosion du nombre de salariés au sein d’Air Algérie. Pour autant, il n’est pas allé plus loin. Le sujet est trop sensible.

Le collectif de défense des consommateurs algériens doute de la volonté du président de faire quoi que ce soit pour remédier à la dramatique situation dépeinte plus haut.

"Nous avons laissé le sujet le plus sensible pour la fin : le transport des Algériens entre les deux rives de la Méditerranée, ayant une solution très simple déjà appliquée à travers le monde entiers, même au Maroc et en Ethiopie : "l’open sky" (l’ouverture du marché du transport à la concurrence loyale), mais pas en Algérie ! Car, Air Algérie et Algérie Ferries qui sont devenues des centres sociaux des fils, filles, frères, belles-sœurs, cousins, cousines, neveux, nièces, copains, amies et même maîtresses des personnalités politiques/militaires algériennes ne pourront guère faire face à une vraie concurrence loyale. (…)".

Le collectif a déjà rendu publics par le passé des noms de filles et fils de dirigeants algériens et dénoncé le népotisme qui règne au sein d’Air Algérie et dans les représentations consulaires. Aucune réponse n’a été donnée par le gouvernement qui a préféré ignorer le problème posé.

Source: Le Matin - 18 avr 2015

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