Kamal El Batal, sa vision, son experience

Personnalité éminemment cultivée, entièrement impliquée dans les causes qui génèrent les bénéfices les plus utiles et échappatoires les mieux pensés pour la sacro-sainte réussite de la collectivité toute entière. L'altruisme qui se trouve être le socle de sa vision de pensée, s'associe, presque souvent à une humilité qui dénote un profonde connaissance de la nature humaine et du respect qu'elle mérite.


Agréablement surpris par la vasteté de ses connaissances et la sincérité de son intérêt à stimuler une envie de bâtir un ensemble sociétal idéal, j'ai ressenti chez Monsieur Elbatal, la fibre combative, enracinée en sa personne, que ne dissimule que la gentillesse et l'amabilité arcqueboutées à une aura aux mélanges radieux et cartésiens.
M.Kamafl Elbatal nous livre ses impressions et surtout sa vision future pour la réussite de l'intégration maghrébine au Québec.

Wahid.Megherbi: Quel a été l' élément déclencheur de votre entrée dans l'arène médiatique québécoise?

Kamal.Elbatal: Je tiens à remercier ksari.com pour m' avoir donné cette occasion pour exprimer mon point du vue sur certains points chauds de l'actualité québécoise, en particulier celle concernant la communauté maghrébine. L'histoire de Marc Tremblay, ce pseudonyme que j'ai emprunté pour l'envoi de C.V. C'était une stratégie de ma part pour dénoncer une discrimination à l'emploi, qui touche, particulièrement, les maghrébins résidant au Québec.

J'ai été également candidat du parti québécois lors des élections provinciales qui se sont tenues en 2007. Et biensur, le débat sur les accommodements raisonnables, qui m'a permis de participer, parmi tant de gens, à l'analyse objective de ce phénomène de société.

J'ai pu donné mon avis sur les plateaux de télévisions et les ondes de radios. Mes contributions dans la presse écrite furent l'occasion, également, de faire mieux connaître les attentes de la communauté maghrébine toute entière.
 
W.Megherbi: Que cherchent les médias? cherchaient-ils vraiment plus d'éclaircissements vu que certains d'entre eux avaient déjà un parti pris?
 
K.Elbatal: Les Médias cherchent un point de vue différent, original; une autre façon de voir la réalité, de démystifier la situation. J'ai essayé de corrigé la fausse perception que certains québécois dits de "souche" ont de la communauté maghrébine. Expliquer le fond des choses était pour moi un challenge à relever durant toute ma participation aux différents débats télévisuels et radiophoniques auxquels j ai été convié.
J'essaye, encore et toujours, de tempérer les ardeurs de chacun, de modérer certains excès; je dirai que donner l'heure exacte est mon leitmotiv. Je fus invité, entre autres, par la chaîne de télévision LCN pour commenter en direct les débats sur les accommodements raisonnables, traités dans le temps, par la Commission Taylor-Bouchard.
 
W.Megherbi: Vous avez acquis une aura gagnée par la force de persévérance et grâce à votre combat et votre avis compte. Trouvez-vous que le problème des accommodements raisonnables ou de la discrimination au travail est une création des Médias?
 
K.Elbatal: La communauté maghrébine au Québec possède un taux de chômage qui frôle les 28%, sachant le dynamisme et la vitalité de l'économie québecoise, et le  besoin de main d'oeuvre se fait sentir, surtout, en région. Malheureusement, cet état de fait n'est pas une invention de l'esprit. Nous nous devons de réduire ce taux de chomage rapidement.
 
W.Megherbi: Où se trouve le problème véritablement? Tout le monde y va de sa propre perception et je constate qu'il y a absence de synchronisation entre les différents acteurs économiques capables d'agir .Qu'en pensez-vous?
 
K.Elbatal: Il faudrait avant tout établir le diagnostic de cet épineux probleme. D'abord, il incombe à la société d'accueil de mieux accueillir les immigrants en leur offrant, surtout, un emploi convenable. A mon avis les ministères qui doivent intervenir, collectivement,agissent chacun de son coté. Ils agissent en Silo; il n'y a pas de base communicante entre les différents services ministeriels. Il n'y a pas de coordination, donc il ya une perte de l'information et de l'efficacité recherchée.

L'un des éléments primordiaux de la bonne gouvernance,  c'est le critère  d'évaluation, qui nous ramène au principe d'imputabilité et à la responsabilité tant ministérielle qu'individuelle, qui doivent êtres de mise.
On ne peux pas élaborer des mesures efficaces pour acceuillir des immigrants si on n'a pas des objectis clairs. J'ai rencontré la Ministre de l'immigration du Québec pour connaitre les objectifs précis des services de son ministere et lui faire part de la nécessité d'évaluation des acquis universitaires et professionels, qui sans eux l'intégration des immigrants ne pourrait se faire.
 
W.Megherbi: Quels sont les mécanismes d' accueil que vous préconisez? 

K.Elbatal: Il y a au Québec une politique de décentralisation en ce qui concerne l'insertion des nouveaux immigrants. Mais je constate qu'il na pas de coordination entre les organismes non-gouvernementaux chargés de cette mission et les différents opérateurs économiques.
Ce n'est pas le rôle des organismes communautaires de s'occuper de l'intégration professionnelle; ils ont assez de difficulté, déjà, pour favoriser l'intégration culturelle et sociale de la gent immigrante. Il faudrait instaurer des ponts et des courroies de transmission entre les acteurs du monde communautaire et ceux  de la sphère économique.

W.Megherbi: Que proposez-vous concrètement pour qu'enfin les différents paliers gouvernementaux puissent travailler de concert dans le but de remédier à cette plaie: le chômage trop élevé des maghrébins au Québec? 
 
K.Elbatal: Il faudrait rendre les institutions et les organismes perméables entre eux. Ils doivent avoir une vision partagée et concertée. On a un diagnostic à faire pour permettre de mieux déployer les efforts et cibler les problèmes immédiats à traiter. Ce qui n'est pas le cas maintenant. Il est urgent de remédier à cette tragédie.
Je citerai le cas des médecins qui est assez récapitulatif de la situation. Vous avez d'un coté le ministère de la santé, qui affirme avoir donné les fonds nécessaires pour l'intégration de ces personnes; il rejette la balle aux autres, du côté du collège des médecins, on affirme avoir évaluer leurs diplômes, leurs acquis. Il ne leur reste que de passer leur internat. Arrivés à ce stade là, les universités refusent les nouveaux candidats arguant le fait d' une saturation et un manque de moyens. Nous sommes devant une trilogie de discours qui ne se rejoignent pas du tout. Ces trois entités fonctionnent en Silo. On peut, aisément, constater l'absence de communication transversale entre elles. Malheureusement, tout celâ fonctionne de la sorte au fort détriment des immigrants.
 
W.Megherbi: Comment allez-vous convaincre vos interlocuteurs dans la communauté maghrébine de la nécessite d'une coordination plus large et plus consensuelle à même d'influencer les décideurs tant politiques qu'économiques?
 
K.Elbatal: Je suggère d'organiser les États Généraux de l'immigration maghrébine tous les cinq ans. Tout le monde doit s'asseoir à  la même table, le gouvernement, les organismes non gouvernementaux, les syndicats et les opérateurs économiques. On doit ratisser large. On ne peux pas demande à des gens de tout laisser tomber dans leurs pays respectifs et les voir après se débattre dans des problèmes inextricables de reconnaissance de diplômes et d'acquis professionnels et se voir ainsi bannis du processus social.
 
W.Megherbi: Quelles sont les conséquences sociales de cette situation alarmante?
 
K.Elbatal: La mise hors circuit économique de ces milliers de maghrébins bardés de diplômes, parfaitement francophones, a des effets extrêmement graves pour la collectivité et pour les intéressés eux-mêmes. La communauté maghrébine possède un taux élevé de divorces et de troubles psychiques aussi. Certaines familles peinent à joindre les deux bouts. Cela représente un fardeau additionnel pour le contribuable québécois, qui doit payer les soins et les besoins immédiats de cette frange immigrante qui n' aspire qu'à contribuer pleinement à l'effort économique de toute la société.

W.Megherbi: Trouvez-vous que l'intégration est culturelle ou économique ou les deux à  la fois?
 
K.Elbatal: Comment voulez-vous qu'une personne qui n'arrive même pas à  finir dignement le mois,  pourrait aller s'acheter un billet à la place des Arts pour voir une pièce de théâtre ou un humoriste? Comment voulez-vous qu'un exclu de la société puisse entrer chez Renaud-Bray pour en sortir avec une pile de livres ou de C.D des dernières créations? Un immigrant ou une immigrante ne peux iconvaincre sa propre progéniture d'adopter la culture et les valeurs québécoises, s'il en est exclu de facto. 
 
W.Megherbi: Trouvez-vous que le communautarisme est approprié pour solutionner les problèmes d'intégration?
 
K.Elbatal: En Europe, on s'aperçoit que le fait de clamer que le communautarisme est négatif en soi, est une vision qui a tendance à disparaître. Au contraire, les analystes considèrent le ghetto comme un facteur d'intégration et non plus comme une panacée. Le ghetto est perçu comme un environnement sociale culturel et économique, qui peux participer à l'intégration intelligente des membres qui en font partie.
 
W.Megherbi: La communauté maghrébine est devant un grand défi, celui de réussir son intégration. Trouvez-vous que nous, maghrébins, sommes assez unis et solidaires pour défendre Notre CAUSE COMMUNE?
 
K.El batal: On ne peux pas se permettre d'aller sur l'arène médiatique et politique en rangs dispersés. On se doit de fédérer nos efforts et nos actions tout en gardant la spécificité de chacun.
On émane d'une même région géographique, l'Afrique du nord. Nous avons le même bassin culturel et civilisationnel. Cela pourrait être pour nous un atout formidable. Je reste confiant.
 
W.Megherbi: Monsieur Elbatal, vous êtés né dans une ville  marocaine, aux milles couleurs; capitale impériale, jadis, de ces illustres  fédérateurs du maghreb que furent les Almoravides, Que ressent le natif de Meknes lorsque il défends âprement, courageusement les intérêts des marocains, algériens, tunisiens ?
 
K.Elbatal: A partir du moment où on se revendique maghrébins, le probleme des frontières s'estompe par lui-meme. Si je dois porter le flambeau du maghreb, je serai honoré de porter celui du Maroc de l' Algérie et de la Tunisie. J'ai un attachement affectif avec les trois pays, j'ajouterai la Lybie et la Mauritanie. Je suis inquiet pour l'avenir de nos enfants; qui représentent notre futur .
 
W.Megherbi: Ne doit- on pas donner l'exemple à nos pays respectifs en réussissant une union maghrébine sous le ciel nord-américain?
 
K.Elbatal: Nous devons dépasser les tiraillements tribaux et politiques qui empechent l'édification du Grand Maghreb. Je suis persuadé que notre réussite sera commune et effective le jour où chacun d' entre nous se reconnaitra dans sa citoyenneté. Nous avons un pays à batir: le Québec. Nous serons le lien étroit entre notre pays d'accueil et nos pays respectifs en créant des conditions favorables à une coopération politique, commerciale et économique bénéfique autant pour le Québec que pour le Maghreb.

W.Megherbi: Merci pour cette interview?

Interview recueilli par Wahid Megherbi pour Ksari.com