Requiem à Matoub Lounes. Un poète peut-il mourir?

Hier, le 30 juin à 20 h, la voix du chanteur rebelle Lounès Matoub a retenti au Théâtre rouge  du Conservatoire d’art dramatique de Montréal à l’occasion d’un hommage rendu en son honneur par Karim Akouche, Hace Mess, Zahir Ouali et  un panel d’artistes dont des poètes, des chanteurs, une chorégraphe venus d’ici et d’ailleurs.

Hommage à Lounes Matoub et à Muhend U Yahya. La mémoire contre l’indifférence et la marginalisation

Le Centre amazigh de Montréal (CAM) vient de rendre hommage, au Centre Africa de Montréal, comme à l’accoutumée, au ténor de la chanson kabyle Lounes Matoub, assassiné par une horde islamiste dans les montagnes de Djurdjura, en 1998 et un autre hommage à une autre figure de la contestation, le poète et dramaturge Muhend U Yehya, décédé en 2004.

Matoub Lounes: L’étoile du Djurdjura

14 ans déjà depuis que Matoub est parti. Il a été cruellement assassiné en plein cœur de Tizi-Ouzou un 25 juin 1998. Les criminels l’ont éliminé au pied de ses montagnes qu’il vénérait depuis sa tendre enfance. Une façon à eux de défier toute une région, tout un peuple, toute une cause. La justice algérienne patauge quant à l’élucidation de ce crime abominable. Advenons qu’elle ait mis la main sur les exécuteurs de ce meurtre, pourrait-elle un jour dévoiler l’identité de ses commanditaires? Encore un crime qui s’ajoute à toute une série de crimes qui ont poignardé l’Algérie dans son âme la plus profonde.

Nouara, un symbole qui transcende les frontières

Nouara, la diva de la chanson kabyle est arrivée à Montréal le 22 mai 2012 accompagnée par Salem Kerrouche, musicien et chef d’orchestre talentueux. L’objectif de sa visite au Québec dans le cadre de la quatrième édition du festival culturel nord-africain est de rendre hommage à Chérif Kheddam décédé le mois de janvier 2012. La nouvelle a fait le tour de l’Amérique du Nord. Tous ses fans se bousculaient pour la voir et lui parler bien avant son spectacle. Aussi, tous ses fans ont exprimé le bonheur de la revoir sur scène, même si certains et certaines ont affiché leur déception de la voir voilée. Encore une controverse…

Hommage au mæstro. Lettre à Chérif Kheddam

Azul a Da Chrif,

Il se pourrait que la langue soit incapable de dire ce que tu représentes pour notre culture et notre mémoire collective, mais notre âme a baigné dans ton univers ensoleillé de mélodies, de poésie et de génie. Ton œuvre est une école. Ton talent et tes valeurs humaines ont non seulement  réussi à rassembler tous les Kabyles, mais à forcer l’admiration d’une autre partie de ton peuple qui ne t’a découvert que le jour de ton décès, car ta vie est étroitement liée au sort cruel de notre identité et au statut précaire de notre langue dans notre propre pays, l’Algérie. Cette Algérie authentique que tu as nourrie par ton amour et tes productions artistiques de haute facture, elle, elle te connaît. Tu es  sorti de ses entrailles et tu es partie te poser en son sein.


Sous-catégories