Recueil de poèmes signé par notre ex-collègue Abdelkrim Abella

Journaliste, écrivain, producteur et animateur radio, Abdelkrim Abella est aussi poète.

Non pas à ses heures perdues comme pourraient le supposer certains, mais le « Barde de Bologhine » déclame sa poésie à longueur d’année, et la quasi –totalité de ses vers sont « pondus » à Montréal où il s’est installé en 1997.

« Je suis une plume légère », se définit, en effet, le poète dans l’une de ses 50 œuvres réunies dans un recueil qui sortira officiellement aujourd’hui 1er juillet en France.

Edité par la maison française « Jets d’Encre », ce « diwan » intitulé « D’amours en chagrins » déclame des vers, certes en français, pour un public francophone amoureux de la langue de Lamartine, mais la mémoire demeure la…sienne.

Avons-nous osé une lapalissade ?

« Je suis l’indécente plume du poète berbère…Qui effeuille sur son corps de suaves expressions…Et qui pleure de plaisir quand ses doigts se resserrent…Sur l’accessoire étoffe de son épais caftan », réagit le poète dans cet hymne dégoulinant de passion, assumant des envies, ce qui renvoie, oserions-nous dire, à l’immortel et non moins nuancé chiir el melhoun des grands poètes maghrébins des 1VIe et XVIIe siècles.

« D’amours en chagrins, le temps s’écoule, la vie passe.

Les saisons se succèdent, les histoires s’achèvent et le renouveau se manifeste. Lentement. Les feuilles tombent, le soleil pâlotte et l’âme frémit. Une douce mélancolie, triste comme un ciel de pluie, enveloppe le poète. Et les instants se cristallisent.

C’est dans cette multitude d’instants, insignifiants et pourtant si importants ; creux, mordants et pourtant heureux, que naissent ses vers, cruelle mélodie d’une âme qui s’ennuie… ». Le commentaire, si attirant, si véridique, émane de l’éditeur qui enchaîne : « Dans ce recueil au délicieux charme tranquille, Abdelkrim Abella dépeint avec subtilité la complexité des sentiments humains, qu’ils soient amoureux ou source de tourments ».

Fortement suivi au Canada, Abdelkrim Abella est parmi les poètes les « mieux classés », notamment par la « Ligue des Poètes », une association éponyme basée au pays de l’Erable. Né le 21 février 1955 à Bologhine (Alger), Abdelkrim Abella a d’abord été journaliste pour plusieurs rédactions algéroises, dont le Jeune Indépendant au tout début du doyen de la presse indépendante algérienne – le JI est né le 28 mars 1990. Parti au Canada « dans la précipitation », notre ancien collègue était contraint de s’exiler à la suite de l’assassinat de son frère par les terroristes qui avaient cru tuer Abdelkrim. Il n’oubliera jamais son frère. Il immortalisera sa mémoire dans des vers émouvants. « Dis, tu me manques beaucoup, tu sais… », est l’entame de ce poème intitulé ‘’Message à mon frère disparu’’. Tout simplement. Le poète a tout dit.

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