Le CRTC permet la diffusion d'Al Jazeera English

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a annoncé jeudi qu'il approuve la demande de licence pour une chaîne en anglais d'Al Jazeera.



Par le passé, l'organisme de régulation a souvent hésité à accorder une licence à des chaînes étrangères susceptibles de concurrencer des réseaux canadiens. Cette fois-ci, le CRTC explique que sa décision s'inscrit dans une politique visant à promouvoir la diversité des points de vue éditoriaux.

De plus, le CRTC n'a pas imposé à Al Jazeera English le genre de surveillance du contenu qui avait fait échouer la demande de licence de sa chaîne en langue arabe en 2004.

La chaîne d'information internationale est déjà diffusée dans 100 pays, à la télévision ou sur Internet. Elle emploie quelque 1200 journalistes, dont certains sont canadiens. Son directeur, Tony Burman, a déjà été à la tête de CBC News et a contribué à récolter des appuis au Canada pour la demande de licence.

Le CRTC a noté que la chaîne a reçu un grand nombre d'interventions en faveur de son ajout aux listes numériques, notamment de la part de l'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique, du leader du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, et du sénateur conservateur Hugh Segal.

Quelques groupes, comme le Congrès juif canadien et B'nai Brith Canada, ne se sont pas opposés à la demande de licence, mais ont indiqué qu'ils demeureraient vigilants quant au contenu diffusé.

Dans une décision dissidente, le conseiller Marc Patrone a cependant soutenu que le CRTC aurait dû tenir compte des antécédents des services arabes d'Al Jazeera, qui ont déjà été mis sur la sellette pour avoir présenté du contenu jugé offensant. Il a également exprimé des doutes quant à l'indépendance totale des deux chaînes _ en arabe et en anglais _ l'une par rapport à l'autre.

"C'est aussi une occasion ratée d'envoyer un message international concernant les normes et les codes journalistiques que nous considérons assez importants pour les exiger de tous les nouveaux radiodiffuseurs qui souhaitent s'implanter dans ce pays", a écrit M. Patrone. "Ajouter de la diversité est nécessaire, mais pas à n'importe quel prix."