Putsch des généraux à Alger

Date: 21-04-1961

Après avoir combattu le Front de libération nationale (FLN) pendant sept ans, une partie des cadres de l'armée française s'objecte fermement au projet d'indépendance algérienne qui se dessine. En avril 1961, quatre généraux tentent de renverser le cours des événements en faisant un coup d'État.

Depuis le référendum du 8 janvier 1961, au cours duquel une forte majorité de Français (75%) se disent favorables à l'autodétermination de l'Algérie, des discussions ont cours entre le gouvernement français et le gouvernement provisoire de la République algérienne, affilié au FLN. Les généraux français à la retraite Raoul Salan, André Zeller, Maurice Challe et Edmond Jouhaud rejettent fermement la possibilité d'une Algérie indépendante et se sentent trahis par les négociations secrètes de leur gouvernement.

Le 21 avril 1961, ils effectuent un coup d'État et prennent le contrôle d'Alger. Le 22 avril, l'État d'urgence est décrété en Algérie.

Le lendemain, le président Charles de Gaulle prononce un discours à la télévision dans lequel il implore les soldats algériens et français de s'opposer à ce coup orchestré par des généraux « fanatiques » qui « ne comprennent la Nation et le monde que déformés à travers leur frénésie ». Il évoque aussi l'article 16 de la Constitution française et se saisit de tous les pouvoirs. Il termine son discours en lançant : « Françaises, Français! Aidez-moi! ». Cet appel est entendu par de nombreux soldats qui refusent d'obéir aux putschistes. Progressivement, les alliés des généraux se rendent. Le 26 avril, le coup d'État échoue.

L'article 16 reste toutefois en vigueur pendant cinq mois pour éviter un nouveau soulèvement. Un tribunal militaire condamnera Challe et Zeller à 15 ans d'emprisonnement. Ils seront amnistiés et réintégrés dans des fonctions militaires cinq ans plus tard. Quant à Salan et Jouhaud, ils prendront la fuite et joueront un rôle important au sein de l'Organisation armée secrète (OAS) qui utilise la violence afin que l'Algérie demeure française. Arrêtés, puis condamnés à mort, ils seront éventuellement amnistiés.