Abdelhafid Tasfaout, le manager des Verts, lui répond : “Saâdane pleurait quand il était critiqué !”

Sa dernière sortie médiatique dans laquelle il n’avait pas mis de gants pour dénigrer la FAF, n’ayant aucunement été appréciée dans les hautes sphères dirigeantes du football national, l’ancien sélectionneur Rabah Saâdane s’est attiré les foudres du manager général des Verts, Abdelhafid Tasfaout qui, à son tour, n’a pas pris la peine de ménager l’ex-driver de l’EN qu’il a mitraillé hier matin au travers d’une conférence de presse programmée à cet effet.

Connu pour sa timidité, son affabilité et sa courtoisie, Abdelhafid Tasfaout a, ainsi, sorti les crocs hier matin dans le sobre cadre de l’hôtel Houna et fait montre d’un caractère en acier trompé afin que son “message passe bien”.

Je suis ici devant vous pour répondre à l’ancien sélectionneur Rabah Saâdane et rétablir certaines vérités. Je ne réponds pas directement à Rabah Saâdane, la personne, car il ne m’a pas cité nommément, mais comme il a critiqué de manière virulente et maladroite le volet organisationnel, administratif et logistique de l’équipe nationale, il m’a personnellement ciblé et j’ai alors décidé de rétablir certaines vérités pour que ceux qui ont pris connaissance de la teneur de son discours puissent, aujourd’hui, connaître la vérité”, soulignera d’un ton calme qui laissait entrevoir beaucoup de sérénité, le meilleur buteur de l’histoire des Verts.

Je tiens, tout d’abord, à répondre aux insinuations de ce Rabah Saâdane et à insister sur le fait qu’il n’y a eu aucun problème ou dépassement disciplinaire quelconque en Espagne, à La Manga Club. Pour ce qui a trait au choix de La Manga Club, mon homologue marocain m’a certifié que sa sélection souhaitait y séjourner, mais nous avons été plus prompts. Les Marocains s’y étaient déjà préparés du temps de Badou Zaki. C’est dire que c’est loin d’être un lieu fortuit. Quant à ceux qui critiquent à tout bout de champ cette EN et sa préparation d’avant-Marrakech, je pense que c’est quelque part légitime et compréhensible puisque lorsqu’il y a défaite, c’est plus simple et tellement évident de critiquer. Mais je démens catégoriquement tous les racontars rapportés à propos de soi-disants problèmes et dérives disciplinaires qui ont été colportés. Comment ce monsieur ose-t-il prétendre le contraire du moment qu’aucun média n’a rien rapporté à ce sujet alors que les journalistes étaient en force et en nombre pour couvrir ledit stage ? Certains journalistes présents ont même bravé l’interdit et indiqué qu’ils avaient pu se faufiler et assister aux séances de travail technico-tactique qui étaient programmées et qui s’étaient déroulées à huis clos. S’il s’était passé quelque chose, ou le moindre problème, croyez-vous que la presse n’en aurait pas fait état ? C’est dire que celui qui affirme le contraire est en train de raconter n’importe quoi”, indiquera Tasfaout, avant de muscler légèrement mais assez virulemment son discours.

Personnellement, je pense que Abdelhak Benchikha s’est comporté en véritable professionnel car quoi qu’on puisse dire à son sujet, j’estime qu’il a quitté l’EN par la grande porte. Il a perdu un match sur le score de quatre buts à zéro, il a tout de suite démissionné, jugeant utile qu’il fallait et qu’il se devait de le faire. Cela, à l’inverse de certains, comme M. Saâdane, qui a perdu par trois buts à zéro, puis par quatre buts à zéro, puis encore par trois buts à zéro, puis une nouvelle fois sur le même score de trois buts à zéro sans pour autant avoir le courage et la sagesse de se retirer. Au contraire, il s’est accroché et a continué. Lorsqu’il était sélectionneur, Saâdane pleurait quand il était critiqué. Maintenant et aussi paradoxalement que cela puisse paraître, c’est lui qui critique”, lâchera Abdelhafid Tasfaout, non sans revenir assez brièvement sur l’affaire qui a fait grand bruit au lendemain de la défaite au Maroc.

4-0, puis trois 3-0 mais il n’a pas démissionné !

Je démens ce que certains médias ont rapporté à propos d’une partie des joueurs qui auraient découché la veille du match. Ce n’est pas vrai”, affirmera solennellement le conférencier et de renchérir : “Quand les joueurs s’étaient qualifiés pour la Coupe du monde, ils étaient portés en héros. Après Marrakech, on les a descendus en flammes et on a commencé à invoquer certaines excuses, comme la présence de leurs parents et autres prétextes ridicules. Moi, je dis à ceux qui agissent, qui parlent et qui réfléchissent ainsi : pourquoi n’avoir pas dit cela avant ? Il fallait le dire bien avant, pas maintenant, car c’est toujours plus facile de tomber sur les autres après une défaite, qui plus est sur ce score de quatre buts à zéro."

La transition était toute trouvée pour revenir, même superficiellement, sur la déroute du 4 juin dernier.

“Je le reconnais, c’est une humiliation. Mais une humiliation qui va nous réveiller. On était sur un nuage, nous en sommes descendus. Mais la vérité est que ce n’est pas seulement depuis l’avènement de Benchikha que l’EN est moyenne, comme veulent le faire croire certains. Regardez le bilan chiffré rendu public par la FAF à l’issue de la réunion du bureau fédéral : depuis le 10 janvier, l’EN a perdu dix matches ! Pas seulement celui de Marrakech”, dira Tasfaout.
Et de poursuivre : “Quand on a perdu face au Malawi 0-3, on a dit que c’était le soleil et la chaleur. Le 4-0 face à l’égypte, c’était l’arbitrage ! Le 0-3 face à la Serbie, c’était la pression du public du 5-Juillet et l’euphorie. Le 0-3 face à l’Irlande, c’était le froid ! Il a fallu que l’équipe soit drivée par Benchikha et perde sur le score de 4-0 pour que tout le monde dise que ce n’est que cette fois-ci qu’on a été mauvais ! Arrêtez ! C’est vrai, nous sommes passés à côté, on a été nuls, mais cela fait un moment qu’on est juste moyens, plus précisément depuis janvier 2010”.

Sur la responsabilité de la tutelle dans l’élimination prématurée de l’EN de la course à la CAN-2012, Abdelhafid Tasfaout estime, au contraire que “la FAF a mis les moyens nécessaires à disposition de l’EN”.
“J’y étais avant comme joueur et j’y suis actuellement comme chargé du management. Croyez-moi, ça a beaucoup changé ! Jamais quand j’étais joueur, je ne pensais que l’EN atteindrait un tel niveau en matière d’organisation et de gestion. Dans ce domaine, nous pouvons dire sans prendre le risque de nous tromper que nous faisons partie des grands de ce monde. Après le Mondial, l’Algérie est passée à une autre étape ; logique car c’est une sélection mondialiste”, indiquera celui qui a clairement rappelé qu’il ne “s’occupait pas du volet technique dans la mesure où, dira-t-il, mon boulot commence après la publication de la liste des vingt-trois convoqués”.

“Il a été le premier à flinguer les locaux, rappelez-vous la Serbie”

Replaçant l’ancien sélectionneur dans sa ligne de mire, Tasfaout évoquera, par la suite, cette “histoire de réhabilitation du produit local et du clivage pro-locaux”.

“Saâdane parle maintenant des joueurs locaux et estime, aujourd’hui, qu’il faut les réhabiliter ! C’est quand même paradoxal car il a été le premier à écarter les joueurs du championnat algérien. Rappelez-vous du lendemain de la rencontre face à la Serbie lorsqu’il en a dégommé cinq d’un coup !” soulignera un “Hafido” visiblement quelque peu excédé.

“Je ne comprends toujours pas ce qui a poussé Saâdane à agir de la sorte, surtout qu’à part notre sélection et le Yémen, il n’a pas drivé d’autres EN ! Il a drivé le Raja de Casablanca, puis dirigé Sétif pendant trois matches et remporté le championnat, mais qu’a-t-il fait de si spécial et de si grandiose avec les sélections ?” s’interrogera, en outre, l’ancien sociétaire de l’AJ Auxerre pour lequel, “cette réponse est une mise au point nécessaire et inévitable”.
“Il n’y a rien de personnel dans ma réponse. Il m’a ouvertement attaqué, je me défends. Je défends seulement Abdelhafid Tasfaout et personne d’autre. Je ne pense pas que ce soit personnel, je ne pense pas qu’il soit aussi inintelligent — c’est un terme que je ne voulais pas utiliser par respect, car il a presque l’âge de mon défunt père —, mais s’il l’a fait car motivé par une quelconque considération personnelle, c’est alors qu’il l’est plus que ce que je pensais”, précisera l’ancien buteur attitré du MCO double champion d’Algérie en 1992 et 93.

Actualité oblige, le membre du BF indiquera, du reste, que la commission chargée d’étudier les candidatures a “reçu 43 CV d’entraîneurs”.

“Nous n’avons reçu aucune candidature algérienne pour le poste de sélectionneur. Je précise bien, le BF n’a pas refusé de candidature d’un entraîneur local, il n’en a reçu aucune. C’est différent”, révélera Tasfaout, comme il dévoilera, dans le même sillage que “Benchikha va très bien”.

“Il n’est ni le premier ni le dernier. Il va rebondir, j’en suis convaincu”, dira encore le manager des Verts, qui estime qu’à l’heure actuelle, “il ne faut pas brûler les étapes car trouver un entraîneur tout d’abord, programmer ce match amical au mois d’août (face à la Tunisie très probablement) et faire que ce nouveau sélectionneur puisse entamer son travail à cette occasion ainsi qu’à la faveur des deux matches qui restent à jouer de ces éliminatoires sont les principales démarches à suivre”.

“D’autant plus que dans le même ordre d’idée, Raouraoua reconnait qu’il y a un grand problème qu’est cette absence de DTN, tout simplement parce qu’il n’y a pas de DTN capable ! “ conclut-il.

Source: Liberté

Les commentaires sont fermés.