Algérie : L’indispensable révolution pacifique.

L’État algérien doit rester debout. À défaut, c’est le chaos qui attend l’Algérie et avec elle, les Afrique du Nord et du Sahel deviendront un terrain ouvert aux prédateurs économiques, mercenaires, armées privées et mafias transnationales qui écraseront leurs démographies [1] d’abord, leurs natures ensuite.

C’est la reconstruction de la paix car elle est favorable au progrès, de l’espoir pour jouir de la richesse, de l’amour pour augmenter la valeur, de la fraternité pour le partage et du droit pour la justice et l’équité qui peut garantir l’évitement de ce scénario qu’il faudra chercher par une nouvelle œuvre révolutionnaire. C’est son plébiscite qui fera consentir aux Algériens les indispensables sacrifices [2] douloureux, les détournera de l’itinéraire de la grande pauvreté [3], de préserver l’intégrité de la patrie et de la sauvegarder pour les générations futures. C’est cet objectif qui participera à cette indispensable révolution.

Dans la paix et pour la paix internationale : Contenir dans l’immédiat le brasier, l’éteindre à brève échéance.

Pour cette finalité de paix, ses énergies sont à puiser dans l’histoire nationale et universelle, des expériences algériennes et des autres dans leurs échecs et succès ; ses motivations sont, sur le modèle de sa révolution et guerre qui ont produit son indépendance, la réédition d’une autre pour l’accomplissement des Algériens sur les plans identitaire, populaire, citoyen, culturel, social et progressif. Le succès du processus est conditionné par l’entrainement de toute l’Afrique qui, elle aussi, a besoin de s’émanciper de la curatelle occidentale. Sa dynamique est l’honneur d’être un patriote et son privilège est celui d’y participer.

Considérations sommaires sur l’Algérie

Les valeurs sociales offertes pour que l’Algérie devienne en 1962 un État indépendant ont un prix. Sans intercaler les vocables économique ou marginale entre valeur et sociale, leur capitalisation positive inter-temporelle a été ratée par les régimes politiques qui se sont succédé et les politiques publiques qu’ils ont appliquées. 

Il est une illusion de croire que les politiques idéologisées cultuellement, linguistiquement et économiquement en opposition aux aspirations populaires, conduites par des Exécutifs dominés par le pouvoir militaire, mus par des clanismes et des alliances conjoncturelles qui cèdent à toutes les sommations des puissances occidentales soient capables d’inverser la sociogenèse [4] post indépendance qui a maintenu l’Algérie dans le sous-développement.  

Dans le modèle d’inertie et d’équilibre instable qui les caractérise par l’affrontement entre des forces centrifuges pour la pression et centripètes pour la répression, l’insolution des problèmes qui se sont cumulés pendant 186 ans, somme de 132 années de colonisation suivies de 54 autres d'indépendance en est le résultat. 

Ce premier argument justifie la nécessité d’une révolution pacifique qui aura pour support un changement de processus de conception de solutions et de renouvellement des personnels de direction de l’État, ces derniers seront sous un régime permanent de sélection et d’anti-sélection pour la mesure de leur probité et engagement en faveur de la patrie et de l’humanité. 

Il est aussi une chimère de croire que les programmes d’austérité, un euphémisme pour privations, imposés à l’Algérie soient la panacée pour la satisfaction des besoins de ses résidents ; ils ne sont que les instruments pour maintenir les déséquilibres économiques au profit des prédateurs et son asservissement à l’ultralibéralisme présenté sous l’incantation de la lutte contre la pauvreté alors qu’il s’agit d’une guerre contre les pauvres.

En Algérie, un autre phénomène insidieux et peu signalé dans l’information a cours. Il est celui véhiculé par une certaine élite [5] qui compare l’Algérie aux pays avancés avec des mesures impossibles à chiffrer et qui omet de faire le même traitement aux processus historiques et sociogénétiques respectifs. Cette chimère et ce phénomène font partie de ces autres causes qui constituent une raison supplémentaire pour cette indispensable révolution pacifique.

Un aperçu sur la situation actuelle de l’Algérie.

À l’intérieur, elle est caractérisée par un fonctionnement politique monocéphale actuellement dans l’impasse de laquelle il est quasiment impossible d’imaginer une sortie pacifique pour le renouvellement des institutions politiques dotées de la légitimité populaire. Le peuple algérien est dans une situation de défiance et (a) à son crédit, son refus d’aller dans la violence même si des manœuvres ont été fomentées et continuent à l’être.

Elle est aussi caractérisée par la rupture des mécanismes de négociations entre les différentes parties prenantes et l’absence de leadership politique.

Dans son espace géographique voisin, le pays est fragilisé par les conflits qui l’entourent. Il entretient des relations inqualifiables avec le Maroc et apaisées avec la Tunisie. Les pressions des nouvelles puissances monétaires, des pays occidentaux et de la France en particulier sur les actuels et anciens dirigeants du pays sont devenues si asphyxiantes qu’il faut la libérer par et pour un nouveau souffle.

De l’extérieur, le pays est plus vu comme une république bananière que le berceau d’une révolution modèle. Elle est cette économie à prendre par une soft-power véhiculée par des politiques monétaires, budgétaires et extractivistes, imposées par des institutions internationales et supranationales. 

Du point de vue des institutions

a)    Sociales : en Algérie, les richesses sont insolentes. Les populations sont happées par la pauvreté et les privations de tout ordre ; la culture, les traditions et les relations croisées entre tous les Algériens sont soumises à des clivages de plus en plus dangereux pour la vie commune. En prise aux ambitions égoïstes, mises en coupe réglée par l’Exécutif, les syndicats et les organisations civiles sont phagocytées par celles ancrées à l’État. Leur atomisation et incapacité à se fédérer sur des minimas les ont rendues improductives en bien-être social.

b)    Démocratiques : À cause d’un régime électoral politicien et de leur fonctionnement par leurs codes organiques confectionnés dans le sens d’une hégémonie partisane, aucune assemblée algérienne qu’elle soit locale, régionale ou nationale ne peut revendiquer la légitimité de la représentation et de la représentativité, c’est-à-dire de la confiance.  

c)    Régaliennes : Qu’elles soient judiciaires (tribunaux, cours, cour suprême et Conseil d’État) ou économiques (douanes et impôts), elles souffrent de dangereux dysfonctionnements qui menacent la pérennité de l’État. Elles font l’unanimité sur l’injustice qu’elles produisent. Même si certaines théories ne les considèrent pas comme telles, la présidence de la République est frappée de vacuité et l’État-major militaire est pressurisé. Si plus affaiblie, l’armée est le canal qui accélérera la dégénération de l’instabilité ambiante en chaos. La Banque centrale est la régalienne la plus instrumentalisée et constitue la menace la plus grave du fait des impacts de ses décisions.

Les mesures susceptibles d’éviter le chaos à l’Algérie et toute la région

Jusqu’à maintenant, les Algériens refusent les logiques de l’affrontement appliquées pour la soumission des pays de la région MENA et est dans une défiance des pouvoirs politique et, dans une mesure moindre, militaire. Ils sont sous la massue de la théorie du choc qui permet de légiférer rapidement et discrètement pour légaliser les traitements des supposés contre-chocs à mettre en œuvre. Dans la suite seront développés quelques contournements possibles de certains blocages et menaces.

Suspension de la constitution et maintien des libertés civiles et politiques

La dernière Loi fondamentale est un maelstrom de non droit qui ne permet pas à l’État de promouvoir et protéger les droits de la personne et de la nature.  Elle doit être suspendue aussi longtemps que ses auteurs nominaux sont anonymes. Elle doit l’être aussi parce qu’elle ne porte pas le sceau de la volonté de la majorité du peuple algérien ; elle ne garantit pas explicitement la protection des richesses naturelles nationales contre la prédation ainsi que la sanctuarisation et sécularisation des besoins principaux des Algériens. L’insertion d’une disposition constitutionnelle en faveur des référendums ou consultations sur toutes les questions de fond ainsi que la prise en compte de ceux émanant de l’initiative populaire est une réduction de l’aléa moral. En l’état, la force qu’elle confère au pouvoir législatif et à la violence d’État est illégitime et illégale.

Pour mettre en œuvre cette suspension, une panoplie de leviers contre-démocratiques existe. Au niveau légal : Le premier est la participation massive à toutes les élections avec des bulletins nuls lesquels doivent être légalement comptabilisés ; ce qui permet la mesure réelle de la défiance. Le deuxième est la rédaction de lettres de destitution des élus de quelque niveau qu’ils soient.

Pour la mesure du comportement patriotique : Deux instruments sont possibles. Le premier est le plafonnement des salaires des dirigeants des entreprises publiques et des indemnités des députés à quatre-vingts mille dinars par mois, montant à prendre juste comme une indication de niveau ; la divulgation de tous les avantages dont ils bénéficient. Le deuxième est relatif à l’exercice de la fonction de ministre qui ne doit échoir qu’à un élu ; cette disposition peut être appliquée aux procureurs généraux. Ces deux instruments doivent être accompagnés d’un mécanisme de révocation sine-die pour tout manquement qu’il soit d’ordre politique, judiciaire ou éthique de la part d’un élu. Ces deux moyens combinés à l’élargissement des débats aux élus régionaux et locaux pour évaluer les impacts des lois et des politiques sur les populations à cause des différences naturelles entre les régions et ceux qui y habitent pourrait améliorer l’efficacité dans l’exercice d’un mandat électif.

Regard sur les droits de l’homme en Algérie

Des organisations de droits de l’homme y sont opérationnelles. Par manque de dialogues et concertation sur une base essentialisée de droits incluant ceux de la 4ème génération liée à la nature et biosphère, leur efficacité est réduite. Sans enseignement des droits humains et formation, leur travail demeure stérile.

Un lobbying y compris international pour la suppression de toutes les observations [6] faites par l’État algérien sur tous les instruments onusiens signés n’est pas fait. L’impunité et des procès décriés en sont le lot induit.

La mise en œuvre au niveau des villages d’observatoires des droits de l’homme et un accès desdites organisations aux structures de sécurité à rendre obligatoire par une loi est une solution pour la réduction des cas de châtiments dégradants et de la violation des droits à une défense digne et procès juste. 

Dépasser la peur liée aux chocs qui seront induits par les changements

Les Algériens sont unanimes sur l’obligation pour des changements dans le fonctionnement des institutions et la gestion du pays.  L’habitude au statu quo, l’indifférence qui est une production sociale [7], l’aléa stochastique ou probabiliste, les conflits qu’ils ont vécus les ont rendus averses aux risques.

Le challenge pour aller vers ce changement s’inspirera de celui qui a conduit à la libération armée avec une population fragile par le nombre, la pauvreté et l’analphabétisme.

Au milieu du peuple, la frange des combattants qui a survécu constate les menaces qui visent tout le pays et en particulier les régions du sud comme Ain Amenas ou Ain Salah qu’elle n’a jamais pensé qu’elles feront partie de l’étendue reconnue du pays. En se soulevant en 1954, elle était dans l’ignorance même que ces régions allaient faire partie de la terre pour laquelle elle se battait.

Dans cette crise artificielle que traverse le pays qui sera longue et dangereuse, les Algériens se demanderont s’ils peuvent recouvrer des territoires comme les suscités, désertiques et riches si des étrangers se les accaparent.

Sous les auspices d’experts bigots, d’autres peurs sont distillées par l’Exécutif actuel qui répète que les problématiques budgétaires et monétaires sont une corde au cou de l’État issues de la chute des prix du pétrole alors qu’elles sont causées par les gabegies et dilapidations passées sans ajouter que les générations actuelles ne sont pas obligées de supporter. 

En attendant celles qui seront annoncées dans le futur proche, clamer que les solutions drastiques déjà mises en œuvre répondront positivement aux attentes des populations sur le court terme est un mensonge.

Seules celles de très long terme, indépendantes des enjeux politiciens, sans cesse actualisées et qui ont la confiance du peuple pourront atténuer les dégâts et entrevoir une possibilité de développement.

Évacuer les menaces brandies par les barons industriels

Depuis la libéralisation non préparée des années 1980 et son passage à une cadence soutenue au début des années 1990, toujours sur ordre du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, grâce à des facilités de financements bancaires, des investissements et fortunes se sont constitués à un rythme rapide. De nos jours, leurs détenteurs qui ont profité d’une réglementation passoire, du non-respect de la loi, de la faiblesse de l’application des sanctions, des passe-droits, qui ont usé des mécanismes liés aux paradis fiscaux, des crédits documentaires et des taux d’intégration dans leurs productions, en exploitant la menace de tension sociale par les emplois à bas salaires qu’ils ont créés qui a fait exploser la désutilité du travail, ils (ces barons) sont devenus une menace pour la stabilité du pays. Cette menace peut être annihilée par, sous le droit du droit (deux fois le mot droit) à l’information et la responsabilité sociale et non sociétale des entreprises, l’obligation de divulgation des bilans, l’imputation des externalités négatives sur la nature qu’ils ne paient pas. En déclarant l’état de guerre imminente, ces usines et compagnies peuvent être nationalisées sans préavis et les emplois préservés.
Pour contourner toutes ces situations, la paix, le patriotisme et la sagesse sont l’esprit idoine pour éviter l’explosion et le démembrement du pays. Pour réussir cette épreuve, les Algériens corrigeront d’abord les erreurs et fautes du passé et s’interdire d’en commettre de nouvelles.

Les erreurs et fautes du passé

L’identité algérienne fait l’objet de manipulations explosives. Dans son hymne national, la patrie n’est déclamée officiellement qu’en arabe. Les Aurésiens (Chaouis de l’est), Oraniens (ouest), Mozabites (centre-sud) et Touaregs (extrême sud) sont en droit de l’entendre dans leur langue, le tamazight. Depuis bientôt trois années, elle est redevenue l’un des outils les plus manipulés particulièrement en Kabylie pour distraire l’opinion publique via les journaux et les politiciens de service pour faire passer les lois exigées par les instances internationales pour une libéralisation plus libertarienne de l’économie. Favoriser la communion entre les Algériens et cesser de produire des mouvements de sa division est une mesure pour l’apaisement.
Lancer un projet pour un hymne national bilingue [8] et imposer l’enseignement de tamazight aux étudiants des cycles supérieurs est une voie pour une concorde globale et ainsi une erreur sera corrigée. Cette dernière est née durant la guerre de libération nationale. Si pour certains, pour plus d’efficacité dans le processus de libération, l’amazighité devait être sacrifiée, pour d’autres, c’est une erreur. L’inexistence d’une unité de mesure commune pour ces deux positions rend difficile l’arbitrage de raison. Cette difficulté a une facture financière qui peut être estimée par l’absence de paix, du retard dans le développement et la naissance d’autres motifs pour d’autres crises.

L’Algérie a vécu des coups d’État. Les effets de celui de Janvier 1992 conduit par des généraux appuyés par des civils ne se sont pas encore résorbés. Il a engendré l’entrée du pays dans une nuit. Depuis au moins 2014, les conditions suffisantes pour une autre sont réunies ; si la condition nécessaire et combinée qu’est l’appui populaire et le feu vert des puissances occidentales était satisfaite, la probabilité qu’un autre aurait été déjà exécuté est élevée. Rééditer une telle faute serait suicidaire et prouverait que la sagesse, la lucidité et l’intelligence ne sont pas au rendez-vous. 

Une approche pour un processus transitoire pacifique

L’environnement politique, économique et social algérien est leucémisé. Pour en sortir, deux stratégies sont possibles : la violence et le chaos ou un processus pacifique. La première est mesurable par plusieurs variables sauf deux : le temps pour la durée et l’état final. À cause de ces deux caractéristiques, elle sera éludée ; reste le processus pacifique transitoire.

Il est en simplifié dans un format de management renouvelé sous l’hypothèse : l’État (algérien) doit rester debout quoi qu’il en coûtera.

Des structures de base que sont les communes d’Algérie, avec un par commune, 1571 délégués désignés par les populations locales composeront un congrès qui discutera des assises fondamentales concentrées afin de réduire la durée des discussions suivantes : 1) sanctuarisation et sécularisation des droits de la personne algérienne y compris par un État providence, 2) désignation d’un dirigeant honorifique de l’État avec interdiction de se présenter à toute élection présidentielle ultérieure, 3) protection des ressources naturelles algériennes, retour des monopoles naturels [9] et définition des critères d’équité intergénérationnelle, 4) prise du contrôle des réserves internationales de l’Algérie, 5) blocage de toutes les importations non nécessaires et des participations étrangères dans toutes les entreprises algériennes à un maximum de l’ordre de 20% des actions sans droit de vote et à un montant de l’ordre de 10 millions de dollars cumulés, 6) organisation d’élections législatives avec la participation pour la supervision de l’ONU et d’organisations de la société civile internationale, 7) lancement d’une assemblée constituante.

Sous le mécanisme du droit humanitaire international portant prévention des conflits [10], dans une coopération entre les forces algériennes et internationales, les frontières sud et sud-est du pays seront sécurisées. Les délais seront de l’ordre d’une année et tout le processus sera retransmis en direct et en permanence par une chaine de télévision. Il est à rappeler l’hypothèse que durant cette phase, l’Algérie se considérera en état de guerre imminente.

Pourquoi considérer l’Algérie dans un état de guerre imminente ?

Dans la situation actuelle du pays, la légitimité patriotique doit supplanter la démocratique. L’Exécutif et le peuple considéreront le pays en état de guerre imminente engendrée par le conflit entre les valeurs des monnaies et les spéculations financières des fonds vautours.

Comme argument supplémentaire pour cette considération (état de guerre imminente) ; dans le cas de notre pays, les quasi certitudes sont une crise de liquidités, qui sera suivie d’une autre de la forme d’une crise de solvabilité qui sera réglée par l’abandon de souveraineté sur les richesses naturelles et in-fine par la perte des libertés des Algériens. Avec cette hypothèse et comme durant la guerre de libération, l’Algérie, avec les quelques atouts qu’elle a pourra jouer son rôle de pivot africain dans cette nouvelle forme de guerre froide. Pour jouer pleinement ce rôle, des conditions sont nécessaires.

La première : des rédemptions individuelles et collectives

S’ils ont le sentiment patriotique, les moments troubles que traversent l’Algérie sont une occasion pour le salut et des postérités moins insultantes pour ces Algériens qui ont engagé et engagent la sécurité des Algériens et de leur territoire en faisant acte de rédemption en avouant les vérités qui panseront les plaies.

La deuxième : la restitution de biens

Que ces biens soient mobiliers, immobiliers ou monétaires et ont été accaparés par le fait de puissances, leur restitution fera souffler un vent de confiance. Ce qui précède est conditionnée par une protection proactive du pays.

Mécanismes et stratégies de protection de l’Algérie.

Si les dangers, menaces et pressions venant de l’extérieur sont considérés comme lourds, grâce à l’existence de mécanismes internationaux éprouvés, ils sont plus faciles à solutionner à la condition de formaliser avec clairvoyance les équations [11] complexes du présent et de l’avenir et produire un et un seul polynôme de dimension internationale qui fera de l’Algérie un État déclencheur et tracteur de cette nouvelle révolution.

Une telle ambition ne peut être atteinte que si les causes du chaos potentiel actuel soient calmées et les possibilités sont en les :

a.    Transformant : Les événements historiques nobles sont les premiers indiqués. Comme exemples : le détournement en 1956 de l’avion des leaders de la guerre de libération et la tragédie de Sakiet Sidi Youcef. En les transformant en fêtes de communion internationale célébrées conjointement, elles deviendront des incitatifs positifs pour une coopération gagnante.

Les menaces comme celles qui pèsent sur la sécurité des frontières algériennes et des pays de la région peuvent être internationalisées.  Des mécanismes de droit humanitaire international comme les missions de bons offices, de prévention des conflits et de stabilisation, exécutées par des forces onusiennes existent.

Des espaces internationaux de dialogues et concertations pour les organisations des sociétés civiles de tous ces pays ouverts à d’autres partenaires peuvent aussi être crées ex-nihilo.

b.    Partageant : L’Algérie et ses voisins ont les mêmes soucis de développement et partagent les critères admis comme indispensables pour des politiques d’intégration. Des initiatives utilisant les mêmes paradigmes peuvent être réfléchis. Dans cette perspective, la création d’une monnaie commune régionale et internationale non régalienne ancrée sur leurs terres et airs pour commercialiser les exportations et financer les importations est une solution. 

c.    Rejetant : Catégoriquement la presque totalité des mesures mises en œuvre ou qui le seront dans cette sémantique de l’austérité alors qu’il s’agit d’une paupérisation des Algériens.  Aussi, il est impératif pour les Algériens de dire la nécessité de surévaluer dans l’immédiat le dinar d’au moins 60%  [12] .  Certaines informations internationales ont révélé que le dinar est ancré sur le dollar (money-pegging). Si cette mesure annonce d’autres dévaluations et future convertibilité de la monnaie nationale, il n’y a plus d’hésitation à qualifier ce qui se prépare comme un assassinat de l’Algérie.

d.    Innovant : Par la création du travail en en réduisant ; et dans les villages, créer des banques de temps et des tontines financières avec des monnaies locales.

e.    Réduisant les flux nocifs et augmentant les positifs. Par flux négatifs sont sous-entendus les jeunes populations exposées au chômage en allongeant la durée de la scolarité ainsi que les sorties des capitaux. Pour les positifs, l’apport des capacités de création et de l’intelligence des expatriés algériens. 

Mise en œuvre de moyens de consolidation nationale

À cause de l’explosive pauvreté, de la favellisation des villes et des destructions sociales de tout ordre comme les divorces ou la prostitution, l’installation d’observatoires locaux de la population serait un instrument pour un management pragmatique. Grâce à des actions sociales collectives, la mise en œuvre de moyens électroniques standardisés dirigés par des groupes disciplinés et étoffés par des instruments de mesure sera d’un apport efficace pour répondre aux besoins essentiels.

Construction d’un modèle économique national

En plus de ne pas être impératif dans l’immédiat, dans un pays comme le nôtre, « lutter contre l’économie informelle » et « modèle économique national » relèvent de l’incantation sauf dans deux domaines : l’alimentation et la santé.

Il y va de l’urgence pour les Algériens de revenir vers l’économie planifiée dans la consommation des besoins alimentaires pour soutenir la production nationale. Pour mieux protéger et maitriser la croissance des populations, inclus les migrants, l’élaboration d’une carte médico-sanitaire et épidémiologique nationale détaillée relève de l’instrument existentiel. Dans ce domaine, la politique actuelle prépare des jours sombres : la santé publique doit être entourée de soins et protégée contre la destruction et ce avant que le secteur libéral (privé) ne devienne un monstre incontrôlable dans un horizon inférieur à cinq ans.

Pour un modèle économique réalisé par les détenus

Dans le passé, le Barrage vert a été l’œuvre écologique et économique clairvoyante phare. Elle a été abandonnée ; le résultat : en plus de devenir une menace environnementale et sanitaire, le désert a consommé des terres agricoles. En ce 21ème siècle, les détenus sont un une ressource humaine capable de construire le modèle économique agricole qui ébauchera la souveraineté alimentaire. Pour cela, il suffit de leur accorder des concessions dans la steppe et le désert pour la construction de villes durables à partir desquelles – ne serait-ce que - les populations carcérales seront prises en charge. Ce genre de projet est un bénéfice dans tous ses aspects : promotion de la personne, occupation des sols et mise en œuvre d’un modèle mathématique.

Conclusion

Les lecteurs algériens seraient tentés de considérer ce texte comme politique. Il n’en est en aucun cas de ce genre. C’est une contribution pour un humanisme universel et la paix dans le monde. Il est inspiré par ces mots de Hocine Ait Ahmed : « Rêves de vivre et d’aimer en offrant tout ce que je suis dans un nid silencieux, loin d’ici et d’ailleurs. » [13] 

Cherif Aissat.

L’auteur est un libéral dans son acception amazighe et musulmane, antirationaliste et antimarginaliste.

Remerciements à : El-Mahdi Acherchour pour l’immense travail d’abattage d’informations sur des livres et des sources de premier ordre. Je pense en particulier à Cornelius Castoriadis et Norbert Elias. E.-M Acherchour est un écrivain et poète algérien. Il est l’auteur de : Lui le livre, Pays d’aucun mal, Moineau et d’un recueil de poésies : Chemin des choses nocturnes.

J. Tounès. Grâce à textes, le rédacteur a abordé plus la langue que l’identité amazighe (berbère) dans ses aspects économiques avec de très modestes modèles mathématiques. Lui, l’Algérien de Kabylie, il avait fallu qu’il s’établisse au Canada, ce pays de toutes les cultures du monde, pour constater que la jarre, cet objet totémique, est universelle. Merci pour la passionnante aventure sur l’étude des impacts économiques de tamazight qu’il a vécue à l’Université de Montréal et la théorisation de l’effet Jarre [14] grâce à ton élan passionnel pour notre culture.


[1] Démographie et population selon la théorie des rendements marginaux croissants d’Ester Boserup et l’opinion de John Maynard Keynes qui soutient que la croissance démographique est bonne pour l’économie et non selon la théorie de Robert Malthus qui a prédit une catastrophe humanitaire qui résulterait entre l’augmentation des populations et la réduction des ressources naturelles ou The New Home Economics de Gary Becker. 

[2] Sous le vocable sacrifice, il peut être compris le ratio de sacrifice en usage en macro-économie qui mesure le multiplicateur du taux de chômage pour la réduction de l’inflation en fonction du nombre de périodes (gradualisme ou thérapie de choc qui est appliqué à l’Algérie). Dans ce texte, il est entendu dans son sens littéraire pour intégrer les variables non mesurables comme la peine et la répartition des effets sur les populations.  

[3] « La pauvreté parce que ce combat présente un intérêt politique bien plus que moral » et « l’indigence peut aller de pair avec une inaptitude économique mais aussi avec une certaine impuissance politique. »  Amartya, Sen dans « Identité et violence » pp 195-196.  

[4] "Pour expliquer le processus de la civilisation, il faut procéder [...] à l'examen simultané du changement des structures psychiques et des structures sociales dans leur ensemble. Il faut procéder ensuite [...] à un examen psychogénétique visant à appréhender le champ des conflits ... Il faut enfin éclairer, par une étude sociogénétique, la structure d'ensemble d'un champ social déterminé et de l'ordre historique dans le cadre duquel il se transforme." Norbert Elias. La dynamique de l'occident. Chap : esquisse d'une théorie. pp 256-257.

[5] « Une théorie sophistiquée peut bien faire le lit d’une bigoterie sans profondeur ». Amartya, Sen dans « Identité et violence » p 75.

[6] La ratification par l’Algérie des traités, protocoles et accords en rapport avec les droits humains et l’environnement sont ineffectifs à cause des observations opposées par l’État. 

[7] Aissat, Cherif. Trois pays, trois auteurs, trois livres, trois regards sur l'économie : Une première tentative de recension dans une lecture des aspects politico-économiques. http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5139187

[8] À deux reprises, une invitation a été adressée à des personnalités civiles, à des généraux, des vedettes des médias et de la chanson pour susciter une discussion en vain. La dernière est visible à : http://ksari.com/index.php/nouvelles/n-point-de-vue/3479-initiative-pour-un-hymne-national-bilingue-appel-a-un-challenge-a-un-defi

[9] En théorie, les monopoles naturels sont définis par les niveaux de couts de production et de cession et l’existence ou non de fournisseurs pouvant les fournir. Dans ce texte, ils sont dits naturels par le fait qu’ils sont des dons de Dieu. Leur gestion sera selon la théorie des communaux de Elinoor Ostrom.

[10] La mission de Lakhdar Brahimi à l’ONU sur le maintien de la paix est un cadre. Lire le Rapport du Groupe d’étude sur les opérations de paix de l’Organisation des Nations Unies. http://www.operationspaix.net/DATA/DOCUMENT/1450~v~Rapport_Brahimi__Etude_densemble_de_toute_la_question_des_operations_de_maintien_de_la_paix_sous_tous_leurs_aspects_.pdf

[11] Le mot équation a été inspiré par son utilisation par Hocine Ait Ahmed dans une interview.

[12] L’auteur a exprimé à plusieurs reprises son opposition à la dévaluation du dinar. Il a proposé une monnaie ancrée sur l’air et la terre. Cherif, Aissat. Supplique pour une nouvelle monnaie nationale.  http://lequotidienalgerie.org/2015/01/06/supplique-pour-une-nouvelle-monnaie-nationale/

[13] Garcon, José. Aït-Ahmed, « Un long rêve de liberté et de démocratie n’est plus. » http://www.liberation.fr/planete/2015/12/29/ait-ahmed-un-long-reve-de-liberte-et-de-democratie-n-est-plus_1423428. Journal Libération du 29/12/2015.

[14] Cherif Aissat. - Regard sur l'Algérie. Effet Jarre et Trappe de liquidité. Partie 4.


Observation: L’effet Jarre et sa théorisation. Dans la vidéo incluse dans ce texte, les lecteurs trouveront une application pratique. Il est expliqué dans cette série d’articles publiés antérieurement et accessibles via les liens suivants. .

Effet Jarre en chroniques. Le principe psychologique
http://ksari.com/index.php/nouvelles/n-point-de-vue/3451-effet-jarre-en-chroniques-le-principe-psychologique

Effet Jarre en chroniques. Les principes mathématique et économique
http://ksari.com/index.php/nouvelles/n-point-de-vue/3222-effet-jarre-en-chroniques-les-principes-mathematique-et-economique

Effet Jarre en chroniques. Le principe idéologique
http://ksari.com/index.php/nouvelles/n-point-de-vue/3454-effet-jarre-en-chroniques-le-principe-ideologique




 

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