Initiative pour un hymne national bilingue. Appel à un challenge, à un défi.

Le 12 avril 2014, une lettre, signée Mohand Cherif AISSAT, portant sur la nécessité de doter l’Algérie d’un hymne national a été envoyée à la présidence de la République.

Conscient que notre pays est dans le cyclone d’une soumission conduite par des cannibales économiques et conscient, aussi, qu’il est fragilisé par sa mise dans une situation de crise qui fera subir aux populations un double choc fait d’inflation et détérioration du niveau de vie ; convaincu que la dotation de notre pays d’un hymne national bilingue est l’un des moyens de lui préparer un avenir apaisé et qui amortira un tant soit peu cette crise qui débouchera inévitablement sur une crise qui se manifestera par une violence sociale et populaire qui risquera d’accélérer le naufrage de toute la patrie, tous mes compatriotes et en particulier ceux cités dans ce texte et dans la lettre originale, dans le respect de la vie privée et de la dignité humaine de tout un chacun, sont invités humblement au challenge, au défi de réagir à l’argumentaire développé dans ladite lettre.

Une dynamique régionale sur l’amazighité est visible. L’auteur de ce texte est certain qu’un débat par, plus, la démonstration, l’argument que l’affirmation participera à garantir la paix dans notre pays et à en faire de lui une locomotive pour des initiatives à même de le sauver de la catastrophe et à reprendre les rênes de son destin.

Invités au challenge :

Lounis    Ait Menguellet    Chanteur
Omar    Aktouf    Professeur
Chawki    Amari    Journaliste
Zineb    Azouz    Universitaire
Ali     Belhadj    Homme politique
Abdelatif    Benachenou    Professeur
Mohamed    Benchicou    Journaliste
Ali     Benflis    Homme politique
Saad     Bouakba    Journaliste
Mustapha     Bouchachi    Avocat
Abdelmalek    Bouchafa    Homme politique
Abed    Charef    Journaliste
    Cheb Khaled    Chanteur
Hamid    Cheriet - Idir -    Chanteur
Kamel    Daoud    Journaliste-écrivain
Salima     Ghezali    Journaliste
Abderrahmane    Hadj Nacer    Économiste
Tayeb     Hafsi    Professeur
Dihya    Louiz    Ecrivain
M. Lakhdar    Maougal    Ecrivain
Abderrahmane    Mebtoul    Professeur
Mohamed    Mediene    Militaire
Ferhat     Mhenni    Président GPK
Khaled    Nezzar    Militaire
Issad    Rebrab    Industriel
Abdou    Semmar    Journaliste
Rachid    Tlemcani    Professeur
Baha    Tliba    Député
Karim     Younes    Ancien président APN
Amine    Zaoui    Ecrivain

Lettre originale

                    Montréal, le 12 avril 2014

Mohand Chérif AISSAT

Objet : Officialisation de tamazight

Madame la Présidente ou Monsieur le Président,

À la rédaction de cette lettre, une candidate et des candidats se sont engagés pour l’élection à la plus haute charge de l’État. Par l’incertitude sur le choix qui sera fait par les électeurs, la formule : « Madame la Présidente ou Monsieur le Président » devient impérative.

Après une période électorale et préélectorale animée, le 18 avril 2014, les Algériens vous auront élue ou élu. Sera exécuté le protocole de l’officialisation de votre succès en vous confiant la gestion des affaires de notre pays incarné par l’État que vous représenterez désormais. Que la paix et la sagesse soient les facteurs qui guideront les actions de ceux qui ont les droits, le bien-être et la prospérité des Algériens comme objectifs.

Passé les délais indispensables pour votre prise de fonction, serait probablement passée aussi la commémoration de l’un des événements les plus marquants de l’Algérie indépendante, le Printemps berbère ou Événements d’Avril 80, une période d’éveil, une période de douleurs aussi.

Madame la Présidente ou Monsieur le Président,

L’Algérie est ma patrie. Si elle est vivante, elle l’est par la grâce d’une âme que j’aime. À celle-ci, il manque un attribut existentiel : une identité pleine et entière. Afin de mettre un terme à ce déni, je vous prie humblement et solennellement d’user, dans des délais relevant de ce qui est appelé les « Cent premiers jours », de vos attributions constitutionnelles en :

•    Décrétant par ordonnance présidentielle l’officialisation de la langue tamazight ;
•    Initiant un processus de reconnaissance par l’État national des préjudices causés à tous les Algériennes et Algériens ayant sacrifié leur vie, leur famille pour notre identité ; 
•    Lançant un chantier national pour la généralisation et le développement de l’enseignement et diffusion de tamazight ;
•    Ordonnant une autorisation de programme ad hoc pluriannuelle pour les financements nécessaires. Son contrôle par l’Assemblée et des comités citoyens et populaires sera un instrument garant de son effectivité ;
•    Imposant une initiative à doter la République algérienne d’un hymne national bilingue exécuté en tamazight et arabe.

Madame la Présidente ou Monsieur le Président,

Les cinq actions énumérées ci-dessus décrivent un ensemble intégré qui éloignera l’État des processus parcellaires que les joutes politiciennes ne feront qu’exploiter pour exacerber des tensions. Il participe à la transformation du déni de notre identité en un processus positif pour les peuples que cette terre et région ont portés. Il ne s’agit point d’une revendication, car une telle approche serait une agression supplémentaire à une anthropologie, à une ethnologie que même huit mille ans n’ont pas réussi à dissoudre. Ceci vaut pour l’éthique de la conviction, laquelle est renforcée par la certitude qu’un bon nombre de nos compatriotes la partage et pour preuve l’ensemble des actions initiées, des écrits produits et des déclarations tant politiques que citoyennes allant dans le sens de l’officialisation de tamazight.

Quant à la faisabilité de ces actions, leur ordre dénote la modération.  Si des exemples doivent être donnés, ils ne seront qu’africains : l’Afrique du Sud, ses langues officielles et son hymne national en cinq langues officielles est parfait. 
La reconnaissance constitutionnelle du caractère national de tamazight en 2003 est une preuve suffisante pour affirmer que l’État a commis des injustices en torturant et condamnant à différentes peines certains de nos compatriotes qui ont proclamé que leurs identité et langue sont amazighes.

La généralisation de la langue amazighe est débattue davantage pour ses bilans négatifs que positifs. Un processus managérial conforme aux standards et exigences du 21e siècle avec reddition publique de compte est indispensable.
Un mode de financement exceptionnel est souhaitable, car il s’agit d’une action fondatrice d’un nouvel État qui ne peut se réaliser au moyen d’un instrument ordinaire : une Loi des finances annuelle. Les exigences de transparence et de participation du Peuple en sont une raison supplémentaire.

Une initiative pour un hymne national salvateur relève du courage patriotique d’abord, politique ensuite et ce sera l’action qui remettra l’Algérie dans la liste des pays qui osent. Je conviens avec vous que c’est un défi pour trouver l’unanimité nécessaire. Une liberté d’expression pour des débats publics ou une coercition référendaire sur tous les Algériens seraient des voies à emprunter.

Madame la Présidente ou Monsieur le Président,

Modestement et succinctement suit une énumération des effets et conséquences des actions proposées pour l’Algérie du futur. Ils sont un condensé d’un très et très modeste travail sur les impacts économiques de l’officialisation de tamazight en Algérie fait par l’auteur de cette présente.

Dans les aspects nationaux

1.    Populaire et social : le peuple Algérien et l’Algérie auront un ciment additionnel, une nouvelle vie avec une identité et langue qui contribueront à faire reculer le racisme, détruire le mur linguistique entre les futures générations d’hommes et de femmes de toutes les régions de notre patrie. Le mariage ou une union d’amour ne buteront plus sur l’obstacle de langues non partagées. La reconstruction des liens entre les enfants, les grands-parents et arrières grands-parents rompus pour cause de tamazight et d’arabe sera plus aisée à réaliser ;

2.    Juridique et judiciaire : tamazight sera un moyen supplémentaire pour produire des lois et législations conformes à notre anthropologie et histoire, de rendre la justice plus équitable et redonner une respectabilité aux enceintes et espaces qui lui sont dédiés ;

3.    Essor humain : l’identité amazighe sera un socle pour un développement qualitatif de la ressource humaine nationale. Elle dotera tous les Algériens là où ils vivent d’une capacité augmentée ;

4.    Développement durable : en officialisant tamazight, notre pays, l’État algérien intégrera une dimension prônée dans des études et protocoles, promue par des institutions tant intergouvernementales que non gouvernementales internationales. Tamazight est et sera un facteur prépondérant dans le futur enjeu mondial que sont les stocks de biens publics naturels et environnementaux. Ces stocks sont appelés à être comptabilisés dans une nouvelle unité qui inclura le rapport des Algériens à la nature. Pour preuve, dans les énergies fossiles, c’est le cout de reproduction et non de production qui est devenu l’enjeu central ;

5.    Économique : en plus de la production stricto sensu, une identité pleine entière acceptera aisément l’apprentissage d’une nouvelle langue internationale qu’elle devienne nationale et officielle ou non.

Dans le domaine des Relations internationales

Lors du dernier Examen périodique universel de l’Algérie au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, notre pays a été formellement sanctionné sur instigation de pays considérés comme amis dans les cérémonies officielles ou rencontres internationales. En reconnaissant tamazight, identité et langue, notre patrie ne subira plus ces humiliations et ne sera plus sous l’emprise du chantage aux droits humains, à la coopération ou à l’économique.

Aussi en mettant un terme à ce déni, notre pays, sera un exemple pour les autres où tamazight pourrait redevenir officiel.  Des pays dits du Sahel ou de l’Afrique de l’Ouest comme le Niger et le Burkina Faso ont déjà lancé des programmes d’action pour intégrer les dialectes amazighs comme le tamachaght dans leurs cycles d’éducation nationaux. 

Dans le domaine de la Coopération internationale

En nous répétant, les conjonctures internationales sont troubles. Notre pays a, par le passé, intégré et agit dans des espaces et forums internationaux. En officialisant tamazight dans sa double dimension identité et langue, l’Algérie se dotera d’un instrument moralement noble, politiquement utile dans son action en coopération internationale avec d’abord les pays voisins et les autres ensuite.
Des théories et études montrent que l’identité, les langues et les cultures sont devenues des facteurs de paix, de développement, de promotion des échanges et d’équilibre dans les jeux et enjeux de puissance.

Pour la paix sur notre terre d’Algérie

D’autres théories visant à partitionner des pays sur des bases ethniques, linguistiques et religieuses sont opérationnelles. Leurs promoteurs les exécutent pour s’assurer des positions hégémoniques et des gains économiques. Pour cette fin, ils les fragmentent et comme exemples : le Soudan et le Soudan du Sud, la Libye est candidate, l’Algérie n’est pas épargnée.

Madame la Présidente ou Monsieur le Président,

Les conjonctures nationale, régionale et internationale avec ces guerres pour l’accaparement des ressources naturelles et des terres rares en particulier, les guerres entre les monnaies, les conflits liés à l’eau et au maintien des dépendances alimentaires risquent d’être une calamité. L’Algérie, notre patrie, est dans ces tourbillons et dans une position très vulnérable. Telles sont les conjonctures dans lesquelles vous exercerez vos fonctions. La cessation de cette négation sera un catalyseur interne qui vous permettra d’y opérer avec plus de sérénité, de confiance car derrière vous il y aura, tout simplement, un peuple heureux et un foyer qui pansera ses lacérations.

Aussi, avons-nous jugé de le dire, de l’écrire : vos conseillers, le(s) gouvernement(s) qui exécuteront vos instructions et directives, les experts nationaux et étrangers que vous solliciterez, les institutions internationales vous assailliront avec les chiffres mesurant les performances de notre pays. Trivialement formulé : ces chiffres ne sont ni justes, ni erronés ; ni vrais, ni faux.

En abordant la façade numérique de notre pays, c’est notre lucidité sur la complexité de la situation nationale que les partisans de la croissance à n’importe quel prix et les malthusiens de l’énergie, sans honte, vous décriront avec des chiffres sans une once de crédit.

Mettre un terme à un déni identitaire et linguistique leur sera une excellente réponse, en partie. La fin de ce déni, en plus de participer à assoir la paix et éloigner quelques hyènes, pas toutes, de notre terre, est aussi l’action la moins onéreuse, la plus rapide et la plus simple à mettre en œuvre, économiquement la plus rentable que vous pourrez conduire.

Madame la Présidente ou Monsieur le Président,

Des Algériens sages, des Algériens amoureux de la patrie et à très haut niveau de compétences vivent dans une multitude de contrées de cette planète. Pour diverses raisons, certains ne seront pas disposés à agir. D’autres le feront. La clairvoyance de l’État serait de reconnaitre la faiblesse de notre développement et de la dire aux Algériens. L’État algérien serait aussi clairvoyant en faisant appel aux compétences algériennes et étrangères agissant dans les espaces anglo-saxons réputés pour leur pragmatisme, dans la définition des bonnes actions à entreprendre et à mesurer leur efficience.

Organiser des événements, regroupements et séminaires productifs dans les espaces géographiques nationaux ignorés par le passé comme le Sud, l’Est serait une disposition sage qui grandirait la démarche et réduirait les volumes des fanfaronnades et dépenses somptuaires publiques. Fusionner le peuple algérien avec les intervenants dans cette Révolution identitaire, linguistique et culturelle nationale serait un enthousiaste cadre de travail et de progression.
Madame la Présidente ou Monsieur le Président,

Je vous prie de croire en mes salutations patriotiques.

Mohand Cherif AISSAT

Par voie électronique, une copie de cette lettre sera envoyée à des journaux algériens le 15 avril 2014.

Avant cette date, seront destinataires par les moyens idoines des Algériens que nous respectons, des Algériens que nous aimons, des institutions et qui sont:

•    Hocine Ait Ahmed, révolutionnaire (*) ;
•    Souheil Mehri (*) ;
•    Fondation Matoub Lounès ;
•    Fondation Mohammed Arkoun ;
•    Mouloud Hamrouche, homme politique (*) ;
•    Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme ;
•    Abdelhak Mellah, magistrat ;
•    K. Selim, éditorialiste ;
•    Omar Benderra, économiste et financier ;
•    Noureddine Ahmine, avocat ;
•    Hocine Zahouane, avocat (*) ;
•    Nacereddine Lezzar, avocat (*) ;
•    Mme Veuve Boudoukha Ali Bey ;
•    Ihsane El Kadi, journaliste ;
•    Famille de Mustapha Bacha (*) ;
•    Famille de Madjid (Kamel) Amzal (*) ;
•    Famille de Salah Boukrif (*) ;
•    El-Mahdi Acherchour, écrivain ;
•    Nordine Azzouz, journaliste ;
•    Yassine Temlali, journaliste ;
•    Mahmoud Rechidi, homme politique (*) ;
•    Abdelatif Bounab, homme de culture ;
•    Brahim Hadj Slimane, journaliste, homme de culture (*) ;
•    Daho Djerbal, historien ;
•    Smail Goumeziane, professeur d’université (*).
(*) Pour cause d’indisponibilité d’adresses de contact, les destinataires indiqués par l’étoile seront informés par les amis de l’auteur de cette lettre.


{fcomments}

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir