La folie financière dans la téléphonie cellulaire : intensité 27(*)

Un géant, Verizon à 130 G$, un cadavre Research in Motion à 4,7 G$.

En attendant l’improbable typhon oriental, un ouragan occidental traverse actuellement les marchés financiers de New York et Londres dans le secteur de la téléphonie cellulaire et de ce qui va avec les réseaux et les brevets même s’ils ne sont pas mis au devant des manchettes.

L’opportunité d’avoir assisté à des conférences et présentations académiques touchant à la réorganisation des grandes compagnies mondiales et sur les montages et instruments financiers nous permet de penser que les gaz seront ressentis même à Alger. 

Si la cause principale de cet ouragan est l’endettement massif des plus grands opérateurs, la raison fondamentale est le développement technologique visible partiellement dans les téléphones intelligents et tablettes. Dans les endettements, il faut penser aux dispendieux brevets acquis devenus obsolètes! D’actifs intangibles sucrés, ils sont devenus des passifs toxiques.

La science fiction des marchés financiers et le cours des actions

Récemment, VERIZON, le groupe US, a mis 130 G$ (milliards de dollars US) pour le rachat des participations de Vodafone dans sa filiale Verizon Wireless. Le prix de l’action Verizon a connu une croissance régulière : de 26$ en 2008 à 46$ à octobre 2013. Pendant ce temps, un peu plus au nord, au Canada, en rappelant la déconfiture de Nortel,  Research in Motion (RIM) qui fabrique les Blackberry, un cadavre a été estimé par son actionnaire principal Fairfax Financial Holdings Limited à 4,7 G$. Un autre fonds d’investissement privé, Cerberus LP, est intéressé par son acquisition. Il a demandé une clause de confidentialité pour l’accès à ses comptes comptables indispensable pour les analyses horizontales sectorielles. L’un des diables de la finance habite dans les deux lettres LP pour Limited Partner. Si les méticuleux du Web manipulent les SSL (Secure Socket Layers) et SSH (Secure Shell), il serait utile qu’ils sachent qu’une partie des recettes de Verizon proviennent du business de ces deux protocoles qui lui appartiennent.

RIM cumule les pertes. La dernière (octobre 2013) est de 1G$ avec un licenciement de 4800 salariés et le départ de certains de ses dirigeants avec des parachutes en diamant. Actuellement, elle vend mêmes ses bâtiments.

Pour démêler cette tchektchouka, les liens donnés ci-dessus permettent de voir l’évolution du prix de l’action en bourse de ces compagnies. Dans le cas de RIM, son action est passée de 1,47$ en 1999 à 7,69$ (4 octobre 2013) après avoir connu un pic à 138, 87$ en avril 2008. Si les marchés reflètent les prix, ils ne disent absolument rien sur la valeur d’échange (cession) de ces compagnies et encore moins sur les ententes en backward et les uppercuts qu’elles s’échangent.

La justice et les procès inextricables par bataillons d’avocats interposés 

Le plus célèbre est le procès entre Samsung et Apple en Californie (USA) que risque de déplacer la Corée à l’Organe de règlements des différends de l’OMC avec l’appui de la Chine et probablement du Japon.

Dans le cas de RIM, le coup pas très médiatisé est venu d’Arabie Saoudite, Qatar, Koweit et Émirats Arabes Unies qui lui ont sonné les cloches sur le stockage sécurisés des messages dans ses serveurs au Canada parce que Wikileaks est passé par là, maintenant c’est Prism et avant c’était Echelon. Cet argument de sécurité même s’il est en apparence solide ne tient pas la route pour la simple raison que ces pays classés dans les moins avancés à très hauts revenus pétroliers ne peuvent pas s’en passer des réseaux qui continuent à être contrôlés par les collègues d’Édouard Snowden et la National Security Agency (NSA).

Au Canada, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) est devenu un ring. Dans les pauses, ce sont des appels, cassations et pressions sur le gouvernement fédéral qui s’exercent. L’enjeu n’étant pas ces cadavres mais leur raison sociale et statut juridique en or qui garantissent premièrement l’accès aux fréquences hertziennes présentées comme une menace sur une ressource rare, la même menace a été brandie avec les adresses IP sur 32 bits pour passer aux systèmes 64 bits, et deuxièmement les réputés protocoles de transmissions de messages de RIM avec des clés ECC à 283 ou 571 bits!  Avec les protocoles SSL et SSH de Verizon et les clés ECC de RIM, le lien est établi. C’est une clé pour comprendre les 4.7 G$ de RIM et les concessions que doit faire Verizon au USA sur le marché des protocoles de sécurité dans les transmissions de données.

Microsoft, ses ratages et rattrapages

La compagnie de Gates dirigée par Ballmer a raté son affaire avec sa tablette Surface. Même si elle demeure dominante avec le système d’exploitation Windows et ses gros produits de développement comme la suite Office ou Sharepoint et ses applications pour le cloud computing; le déplacement du marché vers Android, l’a poussé à acquérir le pionnier de la téléphonie mobile, le finlandais Nokia qui de connecting people est passé à connecting companies.  De plus, tous les autres produits liés aux entrepôts, banques et bases de données comme Oracle sont dans une dépendance qui rend leur sevrage de Microsoft très difficile à imaginer.  En plus, Microsoft développe une intense activité dans le marché des contenus en lorgnant vers ces start-ups qui développent des outils d’agrégation d’informations et en maintenant son emprise dans le marché du jeu et cinéma numériques.

L’enjeu mondial et les futurs réseaux quantiques

Ce bras de fer se joue sur fond d’affrontement entre l’Asie avec le coréen Samsung, le chinois Huawei pour les équipements réseaux et l’Amérique du Nord avec Google, Apple et Lucent Technologies pour la domination du marché mondial des télécoms, qui en plus de la téléphonie, intègre tous les services domestiques, géo-localisation et économie de la connaissance et à Alger, certains en parlent en disant presque n’importe quoi.

Une démonstration de réseaux quantiques de transmissions de données a été déjà faite aux USA. Au Canada, elle est sur certaines lèvres. C’est pour cette raison que ce pays connu pour être un marché prohibitif est devenu l’arène mondiale au point où les opérateurs locaux pour sauver leur peau font appel à la légitimité populaire dans des encarts publicitaires.

L’Open source et les licences : économie du savoir et enchères 

La croyance naive populaire fait penser que les systèmes en Open source et les licences sont gratuits. Il n’en est rien. Leur business en plus d’être florissant est visé par les États et certaines fondations. C’était le bon coup joué par Google en rachetant la start-up Android et qui a fait très mal à Microsoft qui garde un œil sur RIM, sa technologie éprouvée des Blackberry et ses stocks. À l’avenir les enchères sur ces licences risquent d’embraser l’économie du savoir.

Après la science fiction, revenons au terre-à-terre de ces joutes mondiales

Cette guerre des smartphones et réseaux doit bien avoir des répercussions sur les peuples, appelés marchés ou consommateurs. Elles sont mesurées par l’intensité capitalistique, ce rapport numérique  entre les capitaux financier et humain destinés aux écoles, universités et sociétés. Le jour où le rapport de force qu’il mesure de  la Chine et de l’Inde réunies battra celui des USA; ce jour là la cruche sera pleine et elle se cassera parce que 1 350 millions de chinois + 1 258 millions d’indiens seront le marché perdu pour les occidentaux. Une perte qui va faire des malheureux. Et c’est tout l’enjeu des langues en économie en général et dans les technologies informatiques en particulier. Il est plus facile de mettre en œuvre des commandes en tamazight avec une console Java pour débugger un logiciel développé à Chicoutimi-sur-Taqrarth (**) que de le faire avec l’alphabet mandarin ou cyrillique.
La centralité de la langue étant établie; il devient clair que l’anglais de Google et Microsoft font partie des commandeurs. Donc, l’un des thermomètres mondiaux de l’économie est dans le licenciement massif chez ces deux géants ! Pour être plus explicite, quand le chômage naturel aux USA gagnera le secteur des technologies de l’information parce que (1 350 millions de chinois + 1 258 millions d’indiens) multiplié par 100 $ à titre illustratif de dépenses annuelles et qui vaut 260 800 millions ou 260 800 000 000 $ US est un gâteau non partageable !

L’Afrique du Nord et l’odeur des gaz

La mauvaise odeur des gaz de cette guerre est ressentie actuellement au Maroc, petit pays, où Vivendi et d’autres opérateurs se chamaillent. Celle à destination de l’Algerie, un autre petit pays, est à travers VimpelCom qui a acquis Djezzy qui a une filiale au Canada, qui s’appelait Wind, le vent!

En mode Business as Usual, les prochaines places éligibles à connaitre un tremblement sont Frankfurt (Allemagne) ou Madrid (Espagne) avec des coups qui viendraient toujours de Londres avec Vodafone devenue subitement riche et de certains pays d’Amérique Latine l’Argentine (***) en tête, le Brésil ou le Venezuela ensuite. Le pourquoi ? Il y a une filiale à structure hyper-complexe qui répond au symbole de l’oxygène (O2) qui est la cible de tirs aux pigeons.

La prime et un cadavre à 4,7 G$

Pour la prime, un accord de libre échange entre l’Amérique du Nord et l’Europe est en voie d’être finalisé et le Royaume Uni qui ne fait pas partie de l’Union monétaire européenne veut tirer son épingle du jeu. C’est au moins pour quelques unes de ces raisons qu’un cadavre vaut 4.7 G$. 

Par compassion et n’ayant presque aucune chance dans ce jeu, les Africains doivent s’éloigner des barils et aimer la terre qui les nourrit.

A.Z.

(*) C’est le rapport entre le prix payé par Verizon pour sa filiale et l’estimé de RIM.
(**) Chicoutimi est un village de l’État du Québec, Taqrart est un village de la Haute Kabylie (Algérie).
(***) L’endettement de l’Argentine est redevenu problématique. Un bateau argentin a fait l’objet d’une saisie en Afrique et un procès inextricable l’oppose au propriétaire d’un hedge fund à New York.

PS. C’est une analyse qui date de fin 2013 non publiée par deux journaux algériens.

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