Droit de réponse: Les élucubrations fallacieuses d’Abdelghani Dades

N’étant pas habitué à écrire des mises au point, j’avoue que j’ai un sentiment de gêne à l’idée de répondre aux calomnies odieuses proférées par M. Abdelghani Dades dans un texte ô combien éloquent publié sous le titre l’«Affaire Arezki Sadat ».

Ce texte (à vrai dire, je ne sais comment l’appeler…) a vu le jour dans les colonnes du journal « Atlas.Mtl » (numéro 93, page 9) que dirige son auteur. Toutefois, le peu de respect de la déontologie et des lecteurs affiché par M. Dades m’a poussé à réagir aux mensonges et aux manipulations véhiculés par ce pathétique pamphlet. En outre, je ne peux m’empêcher de me questionner sur la justesse des mots choisis par son auteur qui, apparemment, est plus intéressé par la création de toutes pièces d’une affaire, alors qu’il ne s’agit que d’une question de droits d’auteur, donc ce qu’il y a de plus légitime. Ai-je vraiment mérité cette soudaine notoriété? Pourquoi M. Abdelghani Dades a décidé de jeter l’opprobre sur mon humble personne?

Voici les faits. Le 20 octobre, j’ai publié sur le site www.ksari.com un article fruit de plusieurs mois d’observations du milieu du télémarketing à Montréal et les nombreux Maghrébins y oeuvrant. Le sujet a mûri dans ma tête. J’ai surtout était intrigué de voir que personne ne s’est penché sur un monde côté cuisine, dont le mode de fonctionnement est révoltant. Je loue à l’occasion la perspicacité du correspondant du quotidien El Watan Samir Ben Djafar qui, dans un texte paru le 16 février 2008, a évoqué cet aspect sans pour autant s’attarder sur les circonstances dans lesquelles travaillent les nouveaux (et parfois les anciens) arrivants. J’ai jugé que cela incombe aux médias communautaires d’ici.

Mon enquête m’a donc amené à contacter téléphoniquement des gens qui ont quitté le Québec après un passage par Montréal. J’ai également rencontré d’autres personnes qui ont eu par le passé une expérience d’interviewer. Une fois les entretiens prêts, je me suis chargé de la partie rédactionnelle de A à Z. À ma surprise, une semaine plus tard, le bimensuel Atlas.Mtl (numéro 92, page 6) a décidé de publier mon texte intégralement sans prendre la peine de m’informer au préalable, allant jusqu’à changer le titre pour opter pour des mots qui sont en contradiction avec mon intention originale. De même, ils n’ont pas jugé bon de se poser la question : est-ce que j’étais en négociation avec un autre journal pour lui proposer mon article? Ils devraient savoir q’un journaliste indépendant a toute la latitude en cette matière…

Une seule décision s’imposait : contacter la direction d’Atlas.Mtl qui n’a pas jugé bon de demander mon accord pour la publication d’un texte auquel j’ai consacré plusieurs jours de recherche et de rédaction. En effet, le texte paru sur www.ksari.com sous le titre « Les Maghrébins ont la côte dans le monde des sondages » n’est nullement un billet qu’on rédige en une vingtaine de minutes assis devant la télé. Même un journaliste en herbes pourrait aisément le remarquer.

Durant ma courte conversation téléphonique avec M. Rachid Najahi, le directeur du journal en question, je l’ai informé, qu’en tant que comptable de formation, il devrait savoir que son journal doit s’acquitter d’une rémunération inhérente aux droits d’auteur. Devant ses tergiversations, je l’ai également informé des conséquences qui pourraient en découler en cas de non-respect d’un droit que chacun connaît : tout travail mérite récompense, autrement dit tout travail doit être rémunéré. J’assimile le piratage à une « méthode de bandits », y compris dans le milieu des médias, ce que j’ai déjà souligné par le passé. J’ai donc exigé de l’autre partie une somme symbolique, tout en lui précisant qu’elle sera d’ores et déjà destinée à une cause caritative.

Par respect à une profession que j’ai choisie, le jour où je me suis inscrit à l’Université de Varsovie (Pologne) et à l’École Supérieure de Journalisme de Lille (France), j’estime que tout journaliste doit être rémunéré pour ses écrits, surtout quand il n’est pas informé de la publication de son article. Le piratage est un délit lorsqu’il s’agit de sanctionner un jeune qui utilise des productions piratées du net. Les médias, donc Atlas.Mtl, devrait encourir les mêmes conséquences. Je ne peux m’empêcher de réprouver l’omerta qui entoure l’exploitation de jeunes auteurs par certains médias communautaires. Rares sont ceux qui ont daigné mettre la main à la poche pour payer pour des efforts consentis par des journalistes doués et dynamiques et dont leur seul tort est d’être rejetés par le champ médiatique conventionnel au Québec. On a tout écrit sur la discrimination et la convergence dans les médias…

Personnellement, j’encourage le bénévolat quand c’est du volontariat, quand on n’est pas mis devant l’obligation de s’investir dans une activité non lucrative. Je fais régulièrement du bénévolat dans le milieu sportif ou en aidant de jeunes collégiens issus de l’immigration à faire leur cours. C’est un choix personnel. Et j’en tire une grande satisfaction.

Dans ses élucubrations, M. Abdelghani Dades, l’auteur du texte paru dans Atlas.Mtl, estime que je l’ai insulté, ce qui est pur mensonge. Comment puis-je le faire alors que je ne lui ai jamais parlé, lui qui évoque un déni d’amitié  (sic!)? J’ai eu deux courtes conversations téléphoniques (et non pas des dizaines M. Dades!) avec son chef, M. Rachid Najahi, qui me confessa qu’il n’était pas au courant de la reproduction de mon texte, alors qu’il l’avait lu dans les colonnes de son journal. Il m’informa aussi que le rédacteur en chef, donc M. Dades, était en voyage et dès son retour, le lendemain, mes demandes allaient être inclues dans l’ordre du jour de la réunion programmée ce jour-là. Ce dernier, devait aussi prendre contact avec moi pour régler à l’amiable l’affaire qu’il a lui-même créée. Néanmoins, les promesses de M. Najahi laissèrent place à un silence douteux. Je compris que lui et son collaborateur avaient décidé de faire fi de tout bon sens. Ils ont jugé que la déontologie est uniquement bonne pour les autres. Visiblement, éthique ne rime pas avec activité journalistique…

Contrairement aux dires de M. Dades, il n’existe aucune entente de copyright entre www.ksari.com et le titre Atlas.Mtl, ce qui a été mentionné par le fondateur du site communautaire maghrébin, M. Abdelkader Kechad, dans un courriel adressé à M Najahi et dont je garde une copie. Nul n’est habilité à parler en mon nom, pas même un scribe en mal de reconnaissance auquel je conseillerais de s’atteler à ne pas faire subir des tortures quasi-quotidiennes à la langue de Voltaire...De ce fait, la reproduction « unilatérale » de mon article enquête est un délit au regard de la loi. J’avais décidé de ne pas contacter le site www.ksari.com, préférant me consacrer à mes obligations professionnelles. Jusqu’à la parution des mensonges de M. Dades.

Je tiens à préciser que durant mon parcours professionnel, je n’ai jamais vécu une telle situation. Mes articles ont été reproduits par divers titres en Europe et, à chaque fois, j’ai été rémunéré pour mon travail. De même, en tant que chef du service international d’un quotidien européen, j’ai toujours fait le suivi pour que nos collaborateurs et autres francs-tireurs ou stringers soient rémunérés pour leur travail. Aucun étudiant, parmi tous ceux qui ont eu des stages au sein de notre rédaction, n’a travaillé gratuitement. C’est une règle que ne semblent pas connaître MM. Dades et Najahi.

Étant donné le silence de ces deux personnes, j’ai été obligé de solliciter la voie de la justice. Je ne suis nullement intéressé par les connexions, les backgrounds empreints de scandales ou les démêlés avec la justice. Mon seul souci est d’arriver à une solution aux problèmes que vivent de nombreux auteurs maghrébins. Je pars du principe qu’il faut en finir avec l’exploitation dont ils sont victimes. Rares sont les titres communautaires qui paient pour des articles dont ne peuvent se passer nos médias, à l’instar du journal Maghreb-Machrek qui a toujours rémunéré ses collaborateurs. Cette situation décourage tout auteur débutant une carrière dans les médias. Il faut en finir avec le bénévolat forcé que vante M. Dades dans son brûlot calomnieux! L’ « affaire Arezki Sadat » n’existe que dans sa tête!

Je veux, par le biais de cette présente mise au point, réitérer ma volonté de régler à l’amiable le différend que j’ai décrit et épargner à la communauté une épreuve des plus salissantes. Je remercie les nombreux représentants de la communauté marocaine qui m’ont assuré de leur soutien. J’ai passé l’essentiel de ma vie en Europe et j’ai toujours côtoyé des Maghrébins de toute origine. J’aurais entrepris les mêmes mesures s’il s’agissait d’un média ciblant une autre communauté. Tout simplement, les journaux communautaires, comme le font du reste les autres, doivent avoir plus de gratitude à l’égard de leurs collaborateurs. Loi du marché diriez-vous?

En espérant que les jeunes auteurs maghrébins ne subissent plus de préjudice ou de diktat, j’ai décidé de mettre fin à l’omerta qui entoure le milieu des médias communautaires. La voie légale est l’ultime alternative que me laisse la direction du journal Atlas.Mtl. Il y a quelques jours, M. Najahi a reçu une mise en demeure. Passé un délai de 10 jours, une rencontre en cour est prévue. 

Arezki Sadat,
Le 11 novembre 2008

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