La cabane à Syncop aux FrancoFolies de Montréal

Plus de 5000 personnes de toutes les origines se sont déplacés en ce soir du 4 août 2004 pour voir Syncop qui participe pour la première fois aux Francofolies de Montréal.

C’est un pas géant pour ce jeune groupe qui n’a que six années d’existence. C’est également un autre succès qui s’ajoute à celui des Francouvertes dans lequel Syncop a eu la première place. Un prix qui a permis au groupe d’enregistrer son premier album intitulé "Les gens du voyage". En parcourant leur site (www.syncop.org), on pourrait lire cette brève et concise présentation du produit : «La musique de SYNCOP suit une trajectoire identitaire. Elle puise son inspiration en Afrique du Nord et se recompose avec les tendances urbaines de la musique nord-américaine. Avec ses six titres, Sonate à flanc de dune, Pleure, Nés sous le soleil, Les gens du voyage, Faut que ça balance, La canicule, LES GENS DU VOYAGE laisse un goût sucré d'un Québec multicolore». Depuis, Syncop passe dans tous les Médias lourds. Mieux encore, il est sollicité de partout au Québec et hors Québec. Ceux et celles qui ont parié sur le Groupe et lui ont prédit des jours meilleurs ne se sont pas trompés. Syncop ira loin. Sa culture ancestrale et son ouverture sur la diversité et le monde aussi!

La flamme de Karim Benzaïd…

Il y a d’abord l’amour de la musique qui anime Karim Benzaïd, ce jeune Algérien originaire de Sétif. Il y a ensuite sa détermination à se faire une place dans le milieu artistique du Québec « Montréal est ouverte pour ceux qui saisissent le message» dira Karim dans l’une de ses chansons. Il y a enfin son professionnalisme et sa prédisposition à recruter des professionnels de tous horizons, de toutes origines pour solidifier son groupe et concrétiser son rêve. Quatre Québécois (Noémie Robidas au violon, Annick Beauvais au hautbois, Gabou Lajoie à la basse et Guillaume Landry à la batterie ), deux Marocains Hassan El Hadi au Oud ( luth) et Mohamed Raky à la percussion et deux Algériens ( Karim Benzaïd au chant et Mustapha Zellat au clavier) nous font voyager le temps d’un spectacle dans le monde multiculturel montréalais et dans les âmes de plusieurs genres musicaux qui font le cachet de la mère patrie de Karim : l’Afrique. Deux jeunes Québécoises qu’il appelle fièrement les syncopettes rajoutent également de la vie, de l’ambiance au groupe qui était exclusivement masculin pendant un certain temps. Cette rencontre de plusieurs cultures au sein de Syncop reflète la rage artistique de cette génération néo-québécoise qui n’a pas peur de dire en musique et en verbe ses origines, ses identités et son souhait de vivre ensemble dans la différence. « C’est un très beau mélange musical, dira un journaliste d’origine algérienne qui les a vu pour la première fois en spectacle». « En plus, rajoute-il, Syncop a du verbe, ses textes sont bien faits et recherchés». Bref Syncop a des messages à transmettre sur sa perception de la vie en société cosmopolite. Karim Benzaïd a accepté de répondre à nos questions.

Q1) : Karim, Syncop vient de participer à la 16ème édition des FrancoFolies de Montréal. Cet événement, comment le percevez-vous?

C'est l'un des plus grands évènements de la scène musicale au Québec, c'était pour nous un grand honneur que d'y être invité. C'est aussi une expérience particulièrement enrichissante pour nous, car d'habitude quand les gens viennent nous voir, ils savent d'avance quel genre de musique ils vont entendre, mais dans ce genre d'événement les gens sont de différentes tendances musicales et sont la pour voir d'autres artistes aussi et c'est pour nous un véritable plaisir de voir un publique en délire devant notre scène.
Ils nous font apprécier un événement comme les Francofolies à sa juste valeur.

Q2) : Y’aurait-il des rencontres et contacts intéressants avec les autres artistes qui participent aux Francofolies?

Oui avec beaucoup d’artistes, entre autre Rachid Taha que je connaissais qu’à travers les médias et que j’ai eu l’occasion de rencontrer durant ce festival.

Q3) : Sur la scène de Hydro Québec réservée au Monde multiculturel, Syncop a fait une excellente prestation. Racontez-nous vos préparatifs pour ce jour mémorable?

On a réarrangé tout notre répertoire, on a travaillé la mise en scène et surtout les erreurs à ne pas faire, cela dit c'était quand même une préparation assez agréable, je dirais même qu'on s'est beaucoup amusé.

Q4) : Le public de toutes les origines était au Rendez-vous. Il était en parfaite symbiose avec votre façon de chanter et de communiquer avec lui. Que serait votre commentaire sur ce public montréalais?

Toujours présent et toujours impeccable…ils est assez impressionnant de les voir bouger et surtout de les voir (peu importe leurs origines) répéter des paroles et des refrains en arabe algérien, ça me donne des frissons à chaque fois…c’est là la preuve d’une grande ouverture d’esprit.

Q5) : Syncop a à son actif aujourd’hui un album ‘’Les gens du Voyage’’. Parlez nous de cet album. Il traite de quoi, dans quelle circonstance vous l’aviez enregistré et qui l’a produit?

Les gens du voyage est notre première carte de visite au Québec, les textes sont majoritairement en français, mais on y trouve aussi le dialectal algérien, les rythmes du Raï, du chaabi ou du chaoui servent de toile de fond pour des textes d'actualité, le côté festif de la musique algérienne, des maximes, des flashs, des vers poétiques convergent pour former une peinture de la société actuelle.
Quant à la production de l'album proprement dite, c'est en collaborant avec l'équipe de bandeapart.fm et radio-Canada et aussi à l'aide de subvention qu'on a pu le faire… on n’a pas de producteur, ni de maison de disque pour le moment… mais bon ! On tient beaucoup aussi à notre indépendance… Il faudrait qu'on trouve un partenaire qui ne voit pas notre travail comme un produit, qui est en phase avec nous artistiquement parlant… ce n'est pas chose facile, mais ça va venir…

Q6) : Syncop a eu des prix et des prestations honorables lors de ses tournées au Québec. Qu’est-ce que le fait d’être récompensé vous ait apporté?

C’est un encouragement indéniable que de se faire dire par des experts dans le domaine que ce qu’on fait est bon…quand en plus on ressent cette appréciation de la part du public…que demander de plus…c’est la Jenna "paradis" des artistes.

Q7) : Syncop a représenté le Canada en Égypte. Comment aviez-vous été accueillis et qu’elle a été la réaction du public du Caire?

L'accueil était vraiment très chaleureux autant de la part de l'ambassade du Canada que du public égyptien, on a joué dans le même festival que Samira Saïd à l’opéra du Caire et certains journalistes Égyptiens m'ont avoué qu'ils ont préférés Syncop, dans quelques années je vais aller détrôner les chanteurs de variété dans les pays arabes et faire la promotion de la musique festive et engagée……rire….

Q8) : Syncop existe depuis 6 six ans. Racontez-nous un peu la genèse de la création de Syncop ?

En fait! c'est au contact de la vie montréalaise que Syncop est devenu ce qu'il est, j'ai pu rencontrer des virtuoses de la musique qui m'ont aidé à lancer la "philosophie Syncopale", dont Saïd Lebbah que tu m'a présenté d'ailleurs ( je me souviens) … et qui est maintenant en France, ensuite j'ai rencontré les autres musiciens sur différentes scènes et dans différents festivals, c'était vraiment un travail de longue haleine, aujourd'hui, on récolte le fruit de notre dur labeur.

Q9) : Au sein du groupe, des musiciens partent, d’autres arrivent. On y trouve des Nord-africains et des Québécois. Comment se font les rencontres entre vous et ces différents artistes qui ont intégré Syncop?

Syncop, c'est avant tout des rencontres, des rencontres entre les membres du groupe, entre leurs cultures respectives et respectueuses les unes des autres… c'est à la fois un mélange de volonté de faire quelque chose de positive de toutes nos différences et le fruit du hasard des rencontres.

Q10) : Le public a été particulièrement touché par l’apport de ces deux musiciennes québécoises qui vous accompagnent également au chant en français et en arabe algérien. Était-il facile pour elles de vous suivre dans vos folies syncopales ( jeu de mots) ?

Les syncopettes , comme on aime les appeler affectueusement, sont comme tous les membres du groupe… l'ouverture à d'autres cultures est de mise… ça n'a posé absolument aucun problème de chanter dans une langue comme dans l'autre, et ce, depuis le début… il n'y a même pas eu d'effort à faire dans ce sens… un beau jour en répétition je me suis rendu compte qu'elles chantaient avec moi même les refrains en arabe… alors on s'est dit pourquoi ne pas le faire sur scène !?

Q11) :Il y a l’après Francofolies. Pourriez vous nous en parler ? Vos projets à venir?

On travaille sur de nouvelles chansons… et on va aller là ou le vent de la musique nous sera favorable, je ne sais pas de quoi va être fait demain, mais je fonce et je vous promets que ça va balancer encore et encore… sinon pour avoir les détails de nos activités futures, j'invite tout le monde à aller voir sur notre site http://www.syncop.org/ il est mis à jour continuellement, c'est donc notre boule de cristal qui permettra aux gens de regarder notre avenir et nous aider à le construire.

Par Djamila Addar





Source: http://www.syncop.org

Les commentaires sont fermés.