Montpellier : La curieuse caution du consul pour le locataire

La garantie du représentant de l'État algérien avait facilité l'obtention d'un logement. Mais les choses ont dérapé.

Se prévaloir de la caution d'un diplomate, quand on est étudiant étranger à la recherche d'un logement, voilà qui peut ouvrir les portes. Lors de la rentrée 2013, cette garantie très officielle facilite ainsi l'installation, dans un studio d'Antigone, d'un jeune ressortissant algérien. Avec le bail, l'intéressé produit une attestation de prise en charge ainsi que la caution du consul d'Algérie à Montpellier, rien moins. "Je confirme avoir une parfaite connaissance de l'étendue de mon engagement", est-il notamment indiqué, par écrit, sur le document signé par Khaled Mouaki Benani.

Mais ce qui aurait pu n'être qu'une simple formalité va progressivement se transformer en casse-tête. Les propriétaires du studio sont confrontés aux loyers impayés à partir d'avril 2014... Et l'étudiant fait alors part de son intention de quitter le logement. "J'ai essayé d'appeler le consul, j'ai laissé des messages mais il ne m'a jamais rappelé", lâche cet ingénieur, persuadé d'être victime d'une "arnaque volontaire" entre locataire indélicat et garant intouchable en raison de sa fonction.

En juillet dernier, il adresse une "3em et dernière relance avant mise en demeure" pour tenter de récupérer 5 mois d'impayés, soit 2.750€. Les clés lui sont restituées mais le bailleur retrouve son studio "saccagé" dans un état "de saleté repoussante". Alors qu'il s'apprête à lancer une procédure, ce n'est pas le consul mais le père de l'étudiant qui se manifeste à la fin août. Ce haut fonctionnaire, porte-parole dans un ministère de la République algérienne, "est venu spécialement pour régler le problème", affirme le propriétaire toujours habité par un sentiment de colère face "à ce mécanisme bien réglé", un garant qui ne s'est plus manifesté. "Il y avait un engagement, il avait donné sa parole. Dans ces cas-là, on fait front". Sollicité à plusieurs reprises, le consul d'Algérie n'a pas souhaité réagir à cet embarrassant épisode. "C'est une caution morale qu'il avait donnée. Ensuite, tout est rentré dans l'ordre", explique toutefois son entourage, rejetant toute idée d'une pratique préparée.

Source: Midi Libre - 13 octobre 2014