Le cancer est le pire tueur au Canada

MONTRÉAL - Le cancer est désormais la première cause de mortalité au Canada et la maladie continue de progresser partout au pays.

 

Les données statistiques annuelle de la Société canadienne du cancer, publiées mercredi, démontrent qu'en 2005, parmi 230 132 personnes qui sont mortes, 29 pour cent des décès étaient imputables au cancer contre 28 pour cent à des maladies de l'appareil circulatoire. En raison du vieillissement et de l'augmentation de la population, la Société estime que le nombre de décès dus au cancer va croître dans les prochaines années.

Les chiffres ajoutent qu'en 2010, au Québec, il y aura 45 200 nouveaux cas de cancer parmi les 173 800 au Canada et que 20 300 décès québécois seront attribuables à cette maladie.

Les données comportent malgré tout des éléments positifs: ainsi, les taux d'incidence et de mortalité du cancer, lorsqu'on fait abstraction de l'âge, sont généralement stables ou en baisse à quelques exceptions près. L'exception la plus notable à ce chapitre est le cancer du poumon chez les femmes qui continue de faire des ravages, les hommes ayant été plus nombreux au cours des dernières années à cesser de fumer.

Les augmentations du nombre absolu de cas et de décès sont en fait principalement attribuables au vieillissement et à l'augmentation de la population.

En général, les taux d'incidence et de mortalité sont plus élevés au Québec et dans les provinces de l'Atlantique; c'est en Colombie-Britannique qu'ils sont les plus bas.

Le cancer du poumon, le cancer du côlon et du rectum, le cancer de la prostate et le cancer du sein représenteront plus de la moitié des nouveaux cas diagnostiqués au pays.

Au Québec, près du tiers des décès par cancer sont imputables uniquement au cancer du poumon. C'est d'ailleurs au Québec que l'on va enregistrer le taux de mortalité au pays le plus élevé chez les femmes en lien avec le cancer du poumon.

La Société canadienne du cancer signale qu'on diagnostique davantage de cancers chez les hommes que chez les femmes mais ajoute que l'écart entre les deux sexes s'est rétréci ces dernières années; 51,7 pour cent des cas surviennent chez les hommes, contre 48,3 pour cent chez les femmes.

Comme à tous les ans, la Société a choisi de cibler une problématique dans son intervention, en l'occurrence les soins de fin de vie. L'organisme déplore notamment le manque criant de ressources pour les patients qui en sont à leurs derniers jours, une lacune dont l'ampleur est variable selon les régions du pays.

Au Québec, par exemple, des sondages démontrent que 80 pour cent des patients atteints de cancer souhaiteraient pouvoir mourir chez eux mais que seulement 10 pour cent peuvent le faire en raison du manque de services en soins palliatifs à domicile.

Outre une importante bonification des soins de fin de vie, la Société revient à la charge dans ses demandes en ce qui a trait à la lutte au tabagisme et particulièrement à la contrebande de tabac, qui facilite l'accessibilité au tabac illégal à bas prix.

La Société réclame également que le programme de dépistage du cancer colorectal auprès des 50 à 74 ans, promis depuis longtemps par Québec mais jamais institué, soit mis en place rapidement.

L'organisme souhaite aussi que les salons de bronzage soient interdits aux moins de 18 ans de même que la publicité en faisant la promotion.