le drame de Mélouza

Date: 28-05-1957
Durant toute l’année 1957, la guerre d’Algérie s’amplifie, tant en termes qualitatifs qu’en termes quantitatifs. Outre la soldatesque de métier, les appelés du contingent sont engagés dans les batailles. Tous les moyens sont bons pour démanteler le FLN et la torture, pratiquée par les militaires sur les Algériens, commence à être dénoncée même en métropole. Sur le plan international, l’ONU demande à la France de trouver une solution « démocratique et juste », le futur président américain, alors sénateur, souhaite publiquement la même chose (2 juillet). Entre le 27 et le 29 mai, tandis qu’à Paris, le gouvernement de Guy Mollet est déposé et remplacé par le cabinet de Maurice Bourgès-Maunoury, la population civile du douar Mélouza est massacrée. Au total, on comptera 303 morts et 150 blessés - tous mutilés - sur le terrain. Qui sont les auteurs de ce drame ? Aujourd’hui encore, la polémique fait rage. D’après quelques historiens, deux bandes de fellaghas, fortes d’environ 220 hommes et commandées par le lieutenant Abdelkader Bariki, dit Sahnoun, agissant sous les directives de Mohammedi, colonel de la wilaya III, auraient encerclé le douar de Ben Ilman, mechta Kasba (Mélouza), considérée comme étant le fief du MNA ; Sahnoun aurait ordonné à ses hommes de massacrer tous les civils. Le groupe d’un nommé Chaffaï aurait eu la charge d’achever les blessés. Si ce massacre fut abondamment exploité par la propagande française, qui l’expliqua par les sentiments profrançais des habitants du village, alors qu’il s’agissait d’un conflit fratricide, le FLN ne l’a jamais démenti.