Krim Belkacem

Date: 18-10-1970
C’est sous le slogan «l’Homme peut oublier l’histoire, l’histoire n’oublie jamais l’Homme» que l’association culturelle Tarwa N’Krim Belkacem d’At Yahia Moussa célèbre le 41e anniversaire de la journée nationale de la victoire marquant la fin de la guerre de libération nationale suite à la signature des accords d’Evian par une délégation du FLN historique dirigée par Krim Belkacem et les autorités coloniales. Cette commémoration qui a lieu pendant deux jours, hier et aujourd’hui, à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou et au musée Krim Belkacem sis au village Iâllalen dans la commune d’At Yahia Moussa, est ponctuée par l’organisation de deux conférences sur le lion des djebels par Ali Zammoum, Mohamed Talah et Arezki Krim, d’une part, et Maître Hocine Zehouane, d’autre part. Hormis une exposition permanente sur la vie et le combat du martyr, et des prises de parole des animateurs de l’association, les organisateurs ont programmé pour cette commémoration un recueillement au musée Krim Belkacem inauguré il y a quelques années dans sa région natale, At Yahia Moussa. Selon les initiateurs de cette manifestation, celui qui a rejoint le maquis contre l’occupant français sept années avant le déclenchement de la révolution, mérite un hommage digne de son parcours de révolutionnaire. Né le 14 décembre 1922 au village Tizra Aïssa, à At Yahia Moussa, Krim Belkacem prit conscience de l’humiliation du peuple algérien dès l’année 1943 quand il était sous les «drapeaux». C’est en 1946 qu’il adhéra au Parti du peuple algérien (PPA) et fut nommé responsable de la région de Kabylie où il prit les armes contre le colonialisme une année plus tard, en 1947.Figurant parmi les neuf historiques qui ont déclenché la guerre de libération, le lion des djebels fera partie du Comité de coordination et d’exécution (CCE) dès août 1954. Il occupera ensuite plusieurs postes de responsabilité au cours de la révolution comme chef du département de la guerre, ministre des Forces armées au sein du GPRA, ministre des Affaires étrangères, ministre de l’Intérieur et ce, avant qu’il ne conduise la délégation du FLN à Evian pour signer les accords ayant conduit à l’indépendance du pays. Les fossoyeurs de l’histoire de l’Algérie qui ont pris le pouvoir par la force à l’indépendance ont tout fait pour effacer le nom de Krim Belkacem dans «leur» écriture de l’histoire. Mais en vain, puisqu’il est resté en travers de leur gorge jusqu’à ce qu’ils se décident à l’étranger un certain 18 octobre 1970 dans la ville allemande de Francfort. Cela après que la cour «révolutionnaire» d’Oran l’eut condamné à mort par contumace, en 1969, pour ses activités politiques au sein du MDRA, un parti d’opposition qu’il a créé avec des camarades en 1967.

Par Malik Boumati (La Tribune)
http://www.latribune-online.com/1903/d01.htm