Seghira Bouhaddi, la voix d’or d’une Kabylo-Québecoise

La grande révélation de «Nuits d’Afrique» cette année n’est autre que Seghira Bouhaddi. Avec une voix superbe et une aisance sur scène digne des grandes stars, Seghira a conquis les cœurs des spectateurs, venus en masse encourager le groupe « Anzar » auprès duquel elle évolue.

Plus d’un a eu la chaire de poule en écoutant la jeune star interpréter Acewwiq de Slimane Azem « Algérie mon beau pays » avec une voix d’une rare beauté. Quelques nostalgiques n’ont pu retenir leurs larmes.

En effet, Seghira avec sa voix mélodieuse et envoûtante a réussi à nous transporter en plein cœur de la Kabylie. Nous avons pu oublier durant un laps de temps que nous étions à Montréal.

Bravo Seghira et Bravo au Groupe ANZAR.


INTERVIEW DE SEGHIRA BOUHADDI

T.O : Bonjour Seghira et Bienvenue.

Seghira : Azul merra fellawen

T.O : Vous avez été pour toute notre communauté, la grande révélation de ce Festival « Nuits d’Afrique », comment êtes-vous venue à la chanson ?

Seghira : J’ai commencé à chanter en chorale au sein de « Tafsut », j’ai participé avec ce groupe à plusieurs manifestations culturelles, telle que « Vues d’Afrique », etc.… Par la suite avec la naissance du groupe « Anzar », j’ai eu l’occasion de me découvrir en chantant en solo, ce qui a plu à beaucoup de gens de notre communauté. C’est ce qui m’a encouragé à continuer.

T.O : Vous évoluez actuellement auprès du groupe Anzar, que nous saluons au passage, pensez-vous continuer avec eux ou avez-vous d’autres projets, exemple chanter seule ?

Seghira : Dans l’immédiat, je ne pense pas entreprendre une carrière en solo, mais je continuerai à chanter pour la promotion et la sauvegarde de ma culture, toujours auprès du groupe « Anzar »

T.O : Vous avez une voix qui nous fait rappeler une grande star Kabyle : « NOUARA ». Êtes-vous heureuse de ressembler à cette grande Dame ?

Seghira : Bien sûr, je suis même honorée lorsque les gens me disent que ma voix ressemble à celle de Nouara, grande artiste que j’admire beaucoup

T.O : Le groupe Anzar a honoré la Kabylie lors du Festival « Nuits d’Afrique ». En tant que membre de ce groupe, comment avez-vous pris cela ?

Seghira : Le groupe Anzar a travaillé dur pendant deux ans, les résultats sont plus que satisfaisants vu les critiques récoltées lors de nos différentes prestations. Je suis fière de faire partie de cette formation.

Actuellement, nous préparons un album qui j’espère plaira beaucoup à nos fans.. J’ai été très heureuse de voir que notre communauté était nombreuse à venir nous encourager. Cela m’a fait chaud au cœur.

T.O : Pensez-vous perséverer dans la chanson et en devenir une grande artiste ?

Seghira :Pour l’instant, je me concentre surtout sur mes études. Pour la chanson, je laisse venir les choses.

T.O : Que pensez-vous de la chanson Kabyle, a t-elle évolué ou a t-elle régressé ces dernières années ?

Seghira : Il y a certains artistes qui ont apporté énormément à la chanson kabyle, tels que Idir, Takfarinas, Matoub, etc. ). Par contre, je suis vraiment déçue par certains qui aiment la facilité, je pense surtout à ceux qui ne font que des reprises.

Il faut tout de même avouer que nos artistes ont beaucoup de mérite vu les circonstances difficiles dans lesquelles ils évoluent que ce soit du point de vue politique, économique et sociale.

T.O : Vous vous occupez aussi d’un groupe de danses « Azetta - Au fil des rythmes berberes » qui a représenté la Kabylie à divers spectacles québécois, comment arrivez-vous à gérer votre temps en votre qualité d’étudiante ?

Seghira : En ce qui concerne « Azetta », nous faisons les répétitions 1 fois par semaine (Samedi). Je donne aussi des cours de danse berbère chaque Mardi de 20 h à 21h30 au Centre Afrique en Mouvement. Pour mes études, je suis mon horaire régulier au CEGEP.

T.O : Ces dernières années, on a vu naître à Montréal plusieurs groupes et formations culturelles, comment voyez-vous cela ?

Seghira : Je vois cela comme une richesse qui vient renforcer notre culture. Tous ces groupes travaillent fort et font de leur mieux pour représenter honorablement notre patrimoine berbère.

T.O :Vous chantez actuellement en Kabyle. Pour intéresser le public québécois, pensez-vous chanter un jour en français ?

Seghira : Pourquoi pas ? on ne sait jamais ce que le destin nous réserve.

T.O : Vous avez quitté la Kabylie à l’âge de 9 ans, avez-vous gardé quelques souvenirs ? Vous manque t-elle ?

Seghira : J’ai gardé plusieurs souvenirs, surtout l’image de mes grands-parents, de ma famille, de mon village, des paysages et ça me manque énormément.

T.O : Aimerez-vous un jour donner un spectacle à Bgayet ou à Tizi ?

Seghira : C’est vraiment un grand honneur pour moi que de chanter aux miens.

T.O : Seghira, votre mot de la fin ?

Seghira : Je remercie d’abord mon père et ma mère qui m’ont fait aimer ma culture. J’aimerai remercier aussi toutes les personnes qui ont cru et qui continuent à croire en notre travail. Grâce à elles, plusieurs portes ne cessent de s’ouvrir. Mes remerciements aussi à Kabyle.com et à tous ses rédacteurs pour leurs efforts afin de faire avancer notre culture.

T.O : Tanemirt a Seghira.

Texte et Interview réalisés par T. Ould-Hamouda.

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