Mustapha Mehedi: L’homme qui a grandi dans l’ombre

 Moudjahed, père de 4 enfants, Mustapha Mehedi est né le 10-04-1943 à Ouled Mimoun Wilaya de Tlemcen. Il regagna l’ALN à la suite de la grève des étudiants en 1960.

Blessé aux frontières ouest au cours d’un entraînement militaire dans le corps des transmissions au MALG, il fut évacué en URSS pour des soins et profita de son séjour pour y faire de brillantes études à l’Université d’État de Kiev en Ukraine en obtenant avec succès un master of law degree et un Ph.D en droit international avec mention très honorable, ainsi qu’un master en traduction et interprétariat des langues russe, française, arabe ; Ce qui lui a permis d’occuper le poste de secrétaire au cabinet du ministre des affaires étrangères Mr. Abdelaziz Bouteflika .

Il quitta le ministère pour aller préparer et soutenir une deuxième thèse d’État à l’Institut International des droits de l’homme à Strasbourg en France sur le thème : «le droit à la protection juridique internationale des réfugiés arabes et personnes déplacées, dans les pays arabes, avec un regard spécial sur les réfugiés palestiniens et sahraouis». La mention très honorable lui fut décernée en raison de la proposition d’un projet de convention arabe ci-jointe en annexe de sa recherche, qui fut adopté 6 mois après, par le conseil des ministres des affaires étrangères de la Ligue des États Arabes pour venir à bout au problème complexe et controversé du « retour librement consenti des réfugies palestiniens », dont le statut juridique (la protection) relevait exclusivement des pays hôtes : le Liban, la Syrie et la Jordanie, et non de la communauté internationale représentée par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, selon le protocole de Casablanca.

Particulièrement sensible à la situation des réfugiés pour l’avoir vécu lui même dans un pays arabe, durant la guerre de libération, cette convention constitue sans conteste un document référentiel et le résultat d’une contribution scientifique originale pour la reconnaissance du droit à la protection juridique internationale de tous les réfugies vivant dans les pays arabes sans discrimination aucune. Cette problématique figure jusqu’à nos jours, parmi les points cardinaux des ordres du jour qui se sont succédés, durant tout le processus des négociations entre palestiniens et israéliens d’une part, et palestiniens et pays arabes d’autres part. Ce qui lui a valu son élection comme expert indépendant avec une majorité confortable à la commission de droit international de la Ligue des États Arabes par le conseil des ministres des affaires étrangères de la même organisation internationale régionale basée au Caire .

Poursuivant sa carrière universitaire ( maître de conférences) à l’Institut de droit et des Sciences Administratives de l’Université d’Oran Es- Sénia , il enseigna le droit international publique contemporain en graduation, post-graduation et au programme du Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat (CAPA ). Encadrant stages, projets de recherche, mémoires et thèses des finissants, il continue, à ce jour, à présider des jurys de mémoires de magister et thèses de doctorat en Algérie et à l’étranger, jusqu’à l’obtention de la haute distinction académique : Lauréat du 1 ier prix du concours sur titre et travaux pour la promotion au grade de professeur agrégé de l’enseignement supérieur du Ministère de la recherche scientifique décernée par le chef du gouvernement.

Grâce à sa longue et riche expérience de doyen de la faculté de droit et des sciences administratives de l’université d’Oran, il contribua à la réalisation de la réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ainsi qu’à l’arabisation des disciplines juridiques enseignées jusqu’ alors en français .

Lorsque les réformes politiques en Algérie eurent lieu pour transformer une démocratie dirigée en une démocratie libérale, ce baroudeur intellectuel ressenti très vite le besoin d’introduire l’alphabétisation des droits de l’homme, de la démocratie et de la paix dans le cursus de tous les paliers de l’éducation pour en faire une véritable culture des droits humains en dépit du paroxysme de la barbarie qui sévissait en Algérie.
Il mena, alors, une bataille sans relâche, tant au niveau de son ministère de tutelle qu’auprès des autres institutions pour se heurter à de graves difficultés.

Connus du mouvement international pour les droits de l’homme et du monde académique y afférant, il fonda la première chaire de l’UNESCO en Algérie et en Afrique pour l’enseignement, la recherche et l’éducation aux droits de l’homme, à la démocratie et à la paix, dont il est le coordonnateur des réseaux des chaires de l’UNESCO pour l’Afrique et le Moyen Orient. Depuis, ses services sont fréquemment requis par l’ONU et les ONG.

Ce nouveau défit lui a permis d’approfondir les concepts et instruments déterminants les enjeux contemporains, dans le contexte de l’évolution rapide et complexe des relations internationales.
Il a d’ailleurs publié sur ces thèmes une quarantaine de travaux scientifiques en français, russe et arabe, dans des revues scientifiques internationales et nationales, dont la plupart avec comité de lecture, qui ont eu un grand succès auprès des lecteurs.

Au titre d’expert indépendant élu membre de la sous-commission des Nations Unies pour la protection et la promotion des droits de l’homme à Genève, il fut invité à dispenser le cours en maîtrise de droit international à l’École de droit et des sciences politiques de l’Université du Québec à Montréal l’UQÀM et à Mac Gill sur le thème : «l’actualité de droit international». Ces conférences traitaient du « Rôle des Nations Unies dans la protection et la promotion des droits de l’homme » .

La plupart des États du monde ont fait de la protection internationale des droits de la personne un de leurs objectifs et que l’intervention de l’ONU, de plus en plus fréquente semble gagner en efficacité. Il s’agissait donc d’une expérience unique en termes de connaissances approfondies qui cadre avec les objectifs de la maîtrise en droit international.

Nommé rapporteur spécial sur : «Le droit à l’éducation et l’éducation aux droits de la personne», il a été chargé en vertu de la Résolution E3CN.4/Sub.2/ 1998/10 de la même sous-commission, de rédiger un document de travail et d’organiser, sous les auspices de l’ONU, un colloque sur « l’éducation multiculturelle et interculturelle ». Celui-ci a eu lieu au Centre des études internationales et de la mondialisation de l’Université du Québec à Montréal, l’UQÀM et à l’université de Paris V.

Fondateur et promoteur de diverses organisations/ associations nationales et internationales académiques, et socio-culturelles ayant obtenu le statut consultatif de l’ONU, l’UNESCO et LEA. Ainsi, Il contribua activement à la rédaction des statuts et la mise en place du directoire de l’Association Algérienne des Universitaires et des Professionnels CAUPA pour se retirer quelques mois après, pour des raisons personnelles.

Très impliqué dans les structures parentales liées aux différents établissements scolaires fréquentés par ses enfants, il présida le comité consultatif des relations interculturelles, ainsi que différents conseils d’établissements ; conseiller du Mouvement pour une École Moderne et Ouverte MÉMO et candidat à la Commission scolaire de montréal.
À cet effet, un certificat d’appréciation civique a été décerné dans le cadre de l’année internationale des bénévoles par Mad. Élenie Bokoupanos, Députée et Vice-Présidente de la chambre des communes du parlement canadien.

Tout récemment, Il a été choisi par le gouvernement du Canada pour faire partie de la Mission Internationale d’Évaluation des Élections en Haiti MIEEH en tant qu’observateur indépendant et impartial au 2 ième tour des élections des députés et sénateurs, le 21 avril 2006.

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