Mohamed Benkreira : Passion handball

Durant toute la vie, on mobilise nos forces et énergies pour la concrétisation d’un rêve qui ne nous abandonnera jamais, et dont la plupart d’entre nous ont peu de chance d’atteindre. Heureusement, d'autres le réalisent, l’incarnent et nous le livre sous formes d’exploits et d’événements magiques.

Zineddine Zidane et les deux coupes du monde de football, 1998 en France et de 2006 en Allemagne, les cinq victoires de l’espagnol, Miguel Indurain au tour de France, les dix ans de règne de Pete Sampras, l’Américain est titulaire du record des victoires dans les tournois du Grand Chelem avec 14 titres ou encore les performances du marocain, Hichem El Guerrouj dans l’athlétisme pour ne citer que ces champions.

C’est la réussite totale d'une personne prodigieuse qui dans un domaine ou dans un autre réalise des choses hors du commun, surpasse ses adversaires et va au bout de ses forces et limites pour réaliser un exploit qui dépasse les frontières de son pays. Une légende se forme autour de lui et nourrit l’espoir de plusieurs générations.

Le rêve de ……
Le rêve de Mohamed Benkreira est de consacrer sa vie à son sport favori, le handball, qu’il pratique depuis 1976. En vingt ans de carrière, il a participé à trente deux (32) tournois et championnats de hauts niveaux dont une coupe du monde en Tunisie avec l’équipe nationale du Canada. En Algérie, avant d’émigrer en Europe, il a remporté en 1988 à l’époque où il entraînait le club Nadit senior d’Alger, les championnats d’Afrique avec l’équipe nationale junior Algérienne. Il a entraîné durant l’année 1995-1996, l’équipe professionnelle de Villeneuve-d’ascq en France et a partir de 1997, il a été nommé à la direction des équipes nationales du Qatar, juniors et seniors garçons et en même temps entraîneur d’Al-SAAd club.

Son engagement dans le sport va au delà de la pratique et des compétitions. A l’université du Québec à Montréal (UQAM), où il a obtenu une deuxième maîtrise en éducation physique (la 1ere en Algérie), il a mis en place une nouvelle conception de jeux défensive 3 ; 1 ; 2, dont la thèse a été publiée dans deux revues Européennes ; (Handball Training) Allemagne et (Approche de handball nº45 de juin 1998) france.

Drame inattendu
D’un continent à un autre, la carrière de Mohamed Benkreira s’est enrichie d'événements sportifs repartis sur plusieurs années. Des succès, des échecs et des situations tragiques auxquelles l’algérien a surmonté difficilement, d’abord en Turquie puis en Algérie ou en 1990 il a assisté à l’enterrement de quatre membres de l’équipe nationale algérienne espoir qu’il dirigeait a l’époque. Les joueurs sont morts lors du tragique naufrage de leur bateau dans le canal du Bosphore en Turquie. L’équipe Algérienne était invitée au tournoi d’Istanbul ou figurait quatre nations : la Russie, l’Algérie, l’Iraq et la Turquie, pays organisateur.

Parmi les soixante dix athlètes et membres des délégations, dix personnes ont perdu la vie. L’accident s’est produit le 19 mai 1990, la veille du départ des équipes vers leur pays d’origine. Du bateau, tout le monde admirait la mosquée bleue d’Istanbul lorsque le drame est survenu. Mohamed Benkreira s’est retrouvé dans l’eau, la nuit, sans gilet de sauvetage ni secours, il a livré une lutte acharnée contre la mort ou a force des bras il a atteint la côte épuisé et sans force. Chahlef Nassreddine de Annaba est mort sur le coup, plutard il apprendra le décès de deux autres joueurs, dont le gardien de but de la DNC d’Alger et du chef de la délégation Algérienne, M. Bourahla, un homme marié et père de trois enfants, originaire de Blida. Bouzerar Farouk, entraîneur à l’époque de l’équipe nationale de handball faisait partie de la délégation sportive.

Cet événement a laissé des traces et des souvenirs douloureux dans la vie de Mohamed Benkreira qui garde en mémoire la solitude de la famille Hadji à Tlemcen lors de l’enterrement de leur fils. A l’exception de Aziz Derouaz, l’entraîneur du MCA à l’époque, personne n’a assisté aux funérailles de Hadji Kamel Eddine 19 ans et professionnel en Espagne. La veille de l’enterrement Mr Benkreira s’est retrouvé seul avec le père du défunt et le lendemain la famille était seule pour inhumer leur fils. La profonde émotion est source de réflexion, et c’est comme ça que dans la tête durant le trajet ou on accompagne la dépouille mortelle a sa dernière demeure la mémoire nous livre de ses archives ce qui apaise notre chagrin. Sur le coup toutes nos pensées vont au défunt et à sa famille…mais avec du recul, on est submergé par toutes sortes de pensées, de questions et d’images révoltantes.

A Tlemcen, Mohamed Benkreira a senti la solitude du mort devant son destin, évoquée par Jacques Brel dans la chanson qu’il a dédié a son ami Fernand, « Je t’inventerai une famille – Juste pour ton enterrement, (…) Je sais on fait ce qu’on peut – Mais il y a la manière, (…) ». Kamel Eddine était entouré de sa famille, de ses proches et amis durant les funérailles mais manquait sa famille sportive.

Depuis se souvenir douloureux, Mohamed Benkreira a quitté l’Algérie juste avant que la situation se dégrade et le pays s’enfonce dans une longue guerre civile ou l’insécurité régnait partout a un point tel que le destin avait perdu le contrôle et le pouvoir sur les vies, et était réduit à chercher ses repères dans les événements tragiques, et compter ses morts dans les cimetières de l’actualité.

De l’Algérie au Canada, en passant par la France et les pays du Golf, Mohamed Benkreira, l’actuel entraîneur de l'équipe canadienne senior masculine de handball a su par les résultats et son expérience acquise a travers le Monde gagner la confiance des joueurs et de ses supérieurs. C’est sous sa direction que le Canada s’est qualifiée pour la première fois de son histoire aux Championnats du monde de handball, qui se sont déroulé du 24 janvier au 6 février 2005 en Tunisie. C’est un exploit formidable malgré la performance de l’équipe canadienne qui s’est classée vingt troisièmes sur les 24 pays participants. Conclusion de l’entraîneur, publié dans le site de l’association canadienne des entraîneurs «J'ai été honnête avec eux et je leur ai dit que la première participation à des championnats mondiaux est une expérience très difficile lorsque l'on sait que son équipe n'est pas très forte. Nous nous sommes fixé des buts pour chaque partie et nous avons atteint mon objectif global, celui de revenir au Canada avec plus d'expérience et avec l'attitude et la motivation nécessaires pour se rendre aux championnats mondiaux en 2007.» C’est le fruit du travail bien accompli depuis quatre ans selon le témoignage du capitaine de l’équipe seniors de Handball, Sébastien Feef qui a déclaré le 14 juin 2004 au journal Multisports, «Depuis que notre entraîneur (…) s’est joint a nous en 2001, notre programme d’entraînement est sérieux, (…).» Pour les responsables, « L’événement est placé au rang des exploits remarquables que seule une vue d’ensemble sur les sports collectifs au pays permet d’apprécier, » affirme, Jacques Goulet, directeur des opérations de la Fédération canadienne de handball olympique.

Depuis qu’il a pris les règnes de cette équipe, le Canada s’est illustré dans plusieurs tournois et son niveau de jeu a évolué rapidement. En 2004, avant de qualifier le canada a sa première coupe du monde de handball, l’Algérien a reçu la Médaille d’or décernée par l’Institut national de formation des entraîneurs et le Club de la Médaille d’Or pour sa contribution au développement des équipes canadiennes de handball depuis près de cinq années.
«Nous avons prouvé, affirme l’Algérien. que sans argent, il est quand même possible de réussir de grandes choses à condition de croire en notre force et en ce que nous pouvons accomplir.»

Mohamed Benkreira est né à Brest, en France, mais il a grandi en Algérie ou il a obtenu un diplôme en éducation physique. C’est la ou il a rencontré sa femme, Hamdi El-Batoul qui est également détentrice du même diplôme. Le couple s’est formé pendant qu’ils fréquentaient l’institut de sport. «Lorsque mon épouse et moi avons parlé de nous marier, je lui ai dit que je deviendrais son mari à condition qu'elle accepte de passer en deuxième. Elle m'a demandé si j'étais déjà marié, ce à quoi j'ai répondu : Oui, au handball. Vous comprenez maintenant l'importance du handball dans ma vie.»

Commentaires

0 #1 RAMAHEFARIVELO 08-08-2011 10:07
Bonjour,
Président de la Fédération Malgache de Handball actuellement, je suis très impressionné par votre histoire. Nous somme à la recherche d'un entraîneur national de handball qui pourrait nous aider pour le développement de notre si cher discipline. les techniciens nous manquent cruellement, entraîneurs et arbitres. Depuis mon élection en 2010, nous somme en phase de reforme et réorganisation pour une meilleure amélioration. des entraîneurs ou formateurs bénévoles nous seraient indispensable car les moyens nous manquent aussi. si vous pourriez nous aider un peu dans ce sens, nous vous serions très reconnaissants.
en attente de vous lire, j'espère avoir des nouvelles de votre part très prochainement.
Sportivement votre.
Fafah ISRAEL

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