Un souk, un Maghreb et un authentique.

Je commencerai par l’authentique.  J’étais dans la joie festive.  J’étais entre mes chers(es), mes proches et entre celles et ceux que j’adore.  Soudainement, une triste nouvelle est tombée comme une bombe.  Je ne l’attendais pas.  Ahmed B, fouillait dans son plus profond pour trouver un qualificatif à ce grand homme qui vient de s’éteindre.  Avec brio, Ahmed M, sort l’appositif de l’authenticité.  Tout le monde s’est mis en accord, même le sage homme à barbe blanche.  Ce dernier a entériné le mot, et il est même allé à ajouter que l’homme était absolument un franc vrai pas un hypocrite.

Moi, je n’étais pas là. J’ai hoché ma tête en signe d’approbation seulement par respect au groupe et aussi pour ne pas être pointé du doigt.  Je suis allé me promener à travers le Québec profond.  Je me promenais sur Papineau, l’avenue et le pont.  De Lorimier pour un petit clin d’œil au chevalier, François-Marie-Thomas et j’avais en plus, une envie de me rendre à Dollard-des-Ormeaux.  Mais comme le peuple habitant n’est pas à l’image du patriote, je me suis contenté de sa statue au parc Lafontaine.

Par magie, et Fouad  n’y est pour rien, je me suis transporté à Saint Boniface au Manitoba afin d’annoncer la triste nouvelle à Louis Riel.  Je l’ai trouvé content.  Heureux que sa famille de patriotes, allait enfin, autour de lui, se compléter et profiter enfin de ce havre de paix qu’est la mort, pour enfin se reposer!

À mon retour, Bob Graton était en pleurs.  Ce gros cave, de la trilogie amusante, était habillé en blanc à la Elvis.  Sur le dos de son veston, arborait une grande feuille d’érable rouge, dans son intérieur, la photo de Pierre et sa cigarette. La postérité ne conservera que cette fameuse accolade avec son ami Pierre immortalisée par les caméras assassines les montrant tous deux portant les couleurs du Hizbollah lors  de l’immense marche organisée en soutient aux palestiniens de Gaza écrasés par les bombes de la soldatesque sioniste.

En dessous de cette feuille, qu’adorait Pierre, on pouvait lire : R.I.P 15 février 1839 - 25 septembre 2006.

Je me suis souvenu, je me souviens et je me souviendrai de l’homme, de son séjour en Algérie, de son passage à Tizi-Ouzou, du FLN, du FLQ et entre le Q et le N, peut se produire l’inconnu, me disait, mon ami Robert. Pierre, le fort en gueule, avait même tourné son film ‘’ à force de courage ’’ en Algérie et cela en 1977!

Après cette courte absence, je suis revenu au souk.  À vrai dire, c’était un SOG (lire SAUG) au vrai sens du terme.  Cela ne pouvait en être autrement, N’est ce pas? Il y avait de la très bonne et authentique odeur de la vraie grillade des SOG (relire SAUG).  La brochette de foie, les merguez et même la sardine étaient au rendez-vous.  J’avais la foi d’u  réel SOG (.) s’il ne manquait pas les raconteurs d’histoires (Goualas), les amuseurs publics et les charlatans guérisseurs et leurs recettes et médicaments miraculeux.

Dans le souk, il n’y avait que de la demande.  L’offre était plutôt rare et on ne la voyait même pas.  Par contre, il y avait de l’accolade, de l’embrassade et de la retrouvaille.  J’ai même aperçu nos chers acteurs; oui. Ceux la même  qui se sont par magie (Fouad, en serait il le maitre d’œuvre?) et avec lesquels j’ai échangé : il y avait le parrain/mafioso Marlon Brando.  Le comédien/chanteur Frank Sinatra trop éloigné de moi pour lui demander un autographe.  Le comble de tout cela, c’est l’accolade et la bise que j’ai donné à l’apprenti-magicien/acteur Harry Potter.

Il n’y avait pas que ce beau monde.  Mon humble député, était la également. Splendidement, somptueusement et superbement là.  Beau comme un cœur. Beau comme un poème aurait Brel. Néanmoins, le président de l’occasion, plutôt de l’événement, lui a volé la vedette.  Il était bronzé et costumé.  Sa magnifique queue de cheval le distinguait.  Le vice président ne savait pas où donner la tête.  Tout le monde l’appelait, l’interpelait et le sollicitait.  Bientôt et pas pour longtemps, il sera le président.

Parallèlement à cette frénésie de rencontre, le petit Maghreb, dans sa joie, apparaissait grand.  Ce petit Maghreb avait tous ses membres présents.  Du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest.  L’homme à mille chapeaux était aussi présent.  Dans son habit de CJNT, lui aussi, était aussi beau comme un cœur. Il manquait par contre, sur le chandail, l’emblème de la Caravane du Maghreb. Il se peut qu’il soit dilué avec les secousses en arrivant au souk en prenant un Taxi Maghreb.

Il y avait de la place pour tout le monde.  Même pour ceux et celles détestant le coucher de soleil (maghreb), l’Ouest, le Raï et les Arabes.  Ils étaient là avec les tracts jaune-canari afin de mettre du piquant et créer de la sympathique zizanie.

Sentant la fatigue, la tristesse et l’ennui, je commençais à lancer des tatas à droite et à gauche.  J’ai ramassé mon sac de 10 livres de pommes, fraichement cueillies par Myriam, Arezki et Kader.  Mon ami Robert, quant à lui, il n’a pas pensé à moi mais pour se débarrasser de son sentiment de culpabilité, il m’a invité, dimanche, à prendre un café et une ride sur sa flambeuse neuve Volvo S60 au lieu de gouter du cidre et de la compote de pomme.

PS.:/ Mohamed, je te paierai un café espresso, un thé ou un chocolat chaud et je t’expliquerai en détail le contexte de l’histoire de Causapscal.


Houari Weldmaraval
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