Qalb el-Louz, Chamia, la Harissa: Les identités meurtrières d’Amine Maalouf

Les Boufarikois peuvent se Peter les bretelles en signe de fierté pour les agrumes comme l’orange que ce soit la Clémentine ou la Tompson.  Il ne faut pas oublier bien sur, la fabuleuse fringale ramadanesque, la Zlabiya.  Au Québec, le pays de la poutine est nulle autre que Drummondville.

L’authentique Qalb el-Louz ou cœur d’amande est un autre délice de la panoplie de régales à sucrer le bec au cours des nuits du Ramadan.  Mais c’est dans l’oranais qu’on procure le vrai nom de ce fameux dessert à saveur d’amende et d’eau fleurdelisée. 

Il tire son nom de la Syrie antique.  À Wahran comme dans la majorité des villes du grand bled oranais, on l’appelle la Chamia.  Ce nom veut dire tout simplement Bilad el-Cham.  Étymologiquement, le terme signifie « terre de la main gauche », en référence au fait que pour quelqu'un situé dans le Hijaz et faisant face à l'est (l'ancienne « orientation » des cartes)(*). 

L’origine de ce gâteau à base de semoule est la BasboussaSayid Darwich, dans une de ces chansons, compare la douceur de la femme syrienne au goût sucré de la Basboussa.  Les belabasiens (Sidi Bel-Abbes), l’appellent Harissa.  C’est complètement faux, paradoxalement contradictoire et diamétralement fou.  Un nom piquant à un produit sucré.  C’est ce qu’on appelle, avoir l’esprit dur et le cœur tendre.

Qui a la main magique de confectionner la bonne recette ?  Où demeure-t-il le secret ?  Est-ce les gens de l’est, de l’ouest ou les gens de notre grande capitale, Alger la blanche ?  Ici à Montréal, mon ami Toufik M, l’affiche fièrement dans ses publicités, l’approbation de l’authentique Qalb el-Louz, c’est chez lui que ça se trouve.  Il se peut qu’il ait obtenu le secret de la vraie recette lors de son long séjour dans la bahia Oran ?

Pour ma part, c’est à Oran que j’ai apprécié la succulente Chamia. Mais attendez, ne vous précipitez pas à sortir vos chars d’assauts.  J’ai apprécié l’authentique Qalb el-Louz à Oran fait par des mains kabylo-oranaises.  À Oran, c’est chose courante, que les hammams, les pâtisseries et les ateliers de couture sont l’exclusivité des Kbayels.

Bon vous êtes réconfortés ?

Toutefois, au nom du bon grand Dieu.  Pourquoi sa vente à Montréal, n’est pas à la pesée ?  À Oran, elle se procure par kilo, Rtal (un demi-kilo) noss rtal (250 gr), etc.  C’est très écologique à la pesée et très éconobénéfique pour le vendeur.  Je m’explique ; mettre des morceaux de 1.50$, nécessite des caissettes.  En plus, la chamia est souvent cuite dans des plateaux circulaires.  Avouez-le !  On fini toujours par perdre les contours (Hachia).  Alors, à la pesée, pas besoin de caissette et encore plus, on est gagnant par la récupération de toutes les chutes.

Nous sommes à notre vingt et unième journée de jeûne et par le fait même à mon vingt et un essai de toutes les chamia des commerçants de ma communauté.  Je m’ennuis de ma chamia de la rue de la Bastille.

En attendant ce jour, je vais changer le cap vers la Zlabya de Boufarik.

Bon Ramadan, Saha ftourkoum et Aïd Moubarak

Houari weldmaraval

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