Élections municipales 2009 : L’exemple vient de la banlieue

Ah que j’envie les habitants de Longueuil! Ils ont finalement le changement qu’ils ont tant souhaité à la mairie locale. Le vieux Jacques Goyette, qui a été vice-président dans l’administration du maire sortant Claude Gladu, a dû reconnaître la victoire de la pétulante Caroline Saint-Hilaire, une transfuge du Bloc Québécois.

Ainsi, après 27 longues années de règne sans partage, environ quatre mille voix de différence et surtout des allégations de conflit d’intérêt à l’intention de M. Goyette, un notaire possédant des relations solides avec des entrepreneurs actifs dans la ville, ont fait la différence. Suffisant pour chasser le Parti municipal des commandes de la principale agglomération de la Rive-Sud.

Reconnaissez qu’il y a de quoi avoir un complexe à côté de nos concitoyens longueuillois. Toutes les sombres affaires et autres scandales, qui ont été, ces derniers temps, déballés sur la place publique, n’ont pas eu raison de notre vieux maire, Gérald Tremblay. Le statu quo a été préservé. Du moins à la tête de l’administration. Et des récentes déclarations du chef d’Union Montréal il ressort que celui-ci n’a nullement l’intention ni même l’envie de coopérer avec l’opposition municipale, malgré les 60% de voix qui sont allées à ses rivaux.

Si le changement escompté n’a pas eu lieu, la faute incombe, avant tout, à ces derniers. À un moment crucial de l’histoire d’une ville déjà baptisée la « Palerme de l’Amérique du Nord », le duo Louise Harel-Richard Bergeron aurait dû mettre de côté tous les sujets qui fâchent ainsi que l’ambition personnelle. À présent, il nous reste à patienter et à observer scrupuleusement les premières décisions du maire Tremblay, sachant que la majorité des votants lui a préféré un(e) autre candidat(e). En plus des dizaines de milliers de personnes qui, dimanche passé, ont boudé les bureaux de vote. 

    
J’admets que les craintes d’une grande partie des Montréalais sont fondées. Tout d’abord, la crainte de voir l’exode des habitants de Montréal, par exemple vers la Rive-Sud s’accentuer. Qui n’a pas des amis qui ont récemment quitté notre ville vers la banlieue, l’Ontario ou l’Ouest canadien? Combien de jeunes sont partis ou ont l’intention de le faire incessamment? Ne vous étonnez pas si, demain, on ne parlera plus d’hémorragie, mais de mort clinique…d’une ville qui peine à retenir ses habitants les plus volontaristes.

Vaille que vaille, le départ forcé de l’administration Tremblay de quelques poids lourds d’Union Montréal est également une source d’inquiétude, car aussi bien dans le cas du maire sortant de l’arrondissement de Rosemont-La-Petite-Patrie André Lavallée ou de
Michel Labrecque, l’actuel président du conseil d’administration de la Société de transport de Montréal, battu sur le Plateau par Luc Fernandez de Projet Montréal, il s’agit de personnes parmi les plus compétentes à Union Montréal. Les deux « sacrifiés » ont, par le passé, montré leurs aptitudes et leur disponibilité à servir les Montréalais. Quand on sait que la compétence n’est pas forcément une vertu au sein de la formation du maire, il y a lieu d’avoir quelques appréhensions quant à l’avenir de la métropole. 

L’autre inquiétude n’est pas des moindres, puisque les nombreuses affaires de corruption qui ont émaillé la vie municipale risquent de se reproduire plus tôt que nous le pensons. C’est l’impression que j’ai en voyant comment l’idée de la mise sur pied d’une commission d’enquête d’envergure est en passe d’être remise aux calendes grecques.
Il y a vraiment matière à regret. À Boisbriand, sur la Couronne Nord, les électeurs ont eu la sagesse de sanctionner les dérapages de la mairesse locale, en lui montrant la porte. La majorité des Montréalais a également tiré des leçons des derniers scandales, mais faute d’union au sein de l’opposition, les choses ont pris une autre tournure. Mais c’est, tout de même, plus de la moitié de la population qui exige une commission d’enquête.    

Las but not least, les minorités visibles continueront certainement de briller par leur absence dans l’administration de la Ville. Une situation qui frise le surréalisme. Le départ à la retraite politique de Marcel Tremblay n’est pas censé apporter une quelconque altération de ce semblant d’équilibre des forces, même si le frère du maire évoque sans retenue des acquis en matière d’intégration des communautés culturelles. Même au lendemain de sa défaite. Comme si les immigrants ne vivent que de festivals!

Problème : mis à part le moins connu des Tremblay, personne ne voit d’amélioration. La population de Villeray-Saint-Michel-Parc Extension le lui a fait savoir. Avec ou sans le loquace Marcel, nous continuerons de broyer silencieusement notre pain noir. Jusqu’à l’automne 2013.

 

 

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